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Premier coup d’œil sur la situation après le premier tour de la législative dans les Pyrénées-Orientales

En premier lieu, il faut remercier les 7.669 électrices et électeurs soit 4,62% qui, dans un contexte difficile pour le PCF et la gauche toute entière, se sont portés sur Françoise Fiter et Claude Cid, Pascal Egido et Nadine Pons, Léa Tytéca et Pierre Serra, Nicolas Garcia et Sophie Ménahem. Remercier aussi les centaines de militantes et militants, encartés ou pas qui ont mené campagne sans s’économiser, ils ont littéralement porté nos candidates et candidats, leur ont donné la force de dépasser la fatigue accumulée durant les presque six mois de cette longue séquence électorale débutée par la campagne pour Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle.

Ce second tour est catastrophique la bande à Macron risque de remporter les 4 circonscriptions et nous ne pouvons rien faire pour l’en empêcher, car les seuls qui restent en face sont des candidats du FN dont aucun progressiste ne peut souhaiter l’élection fusse pour faire battre un candidat de Macron. Voilà à quoi conduit la désespérance sociale dans tout le pays ! Les renoncements de François Hollande, Manuel Valls, leur gouvernement et leur majorité notamment celui promis de s’en prendre à la finance ont transformé le PS et une bonne partie de la gauche en un champ de ruine.

Comme ailleurs, dans les Pyrénées-Orientales, le PS s’effondre avec 13.804 voix soit 8,3%. La Secrétaire d’État, Ségolène Neuville elle-même, est emportée par la vague Macron, représentée dans sa circonscription par on ne sait même pas qui. Les candidats de la France Insoumise recueillent 19196 voix soit 11,57%. Cela laisse mesurer le potentiel qui a été perdu en n’aboutissant pas aux candidatures communes dans notre département, pour lesquelles les communistes ont œuvré sans relâche depuis mi-janvier, une époque où les sondages créditaient Jean-Luc Mélenchon de 11%. Où en serions nous aujourd’hui si France Insoumise avait ne serait-ce qu’écouté la proposition de 212 candidatures communes aux forces qui soutenaient Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle ? Nous aurions en France entre 50 et 60 candidats en passe d’être élus au second tour et dans les Pyrénées-Orientales, Philippe Assens (LFI) dans la 3ème circonscription et Nicolas Garcia dans la 4ème se retrouveraient face à des candidats « macronistes » dimanche prochain(*). En effet, l’addition dans ces deux circonscriptions des résultats de nos candidats respectifs, démontre qu’ils pouvaient se « qualifier » pour le second tour. Il ne fait aucun doute que la dynamique créée dans l’électorat qui s’était porté sur Jean-Luc Mélenchon le 23 avril, aurait bonifié de quelques points la simple addition de résultats. En réalité nous n’avions pour gagner pas d’autre choix que de nous unir, et quels que soient les résultats à postériori, la proposition du PCF 66 était la plus juste et la plus cohérente, sauf à vouloir faire disparaitre le PCF et n’avoir que des candidats de LFI.

Pour le PCF 66 les résultats dans le département ne sont pas satisfaisants. Ils ne sont pas à la hauteur de l’implication sur le terrain de ses militantes et militants, de ses élus, de ses candidates et candidats, dans cette campagne électorale mais aussi depuis des années aux côtés des populations qui souffrent, des salariés qui luttent… Pas à la hauteur non plus de la pugnacité avec laquelle ils défendent les dossiers dépendants de leurs responsabilités d’élus.

Si notre gauche de transformation sociale et de la transition énergétique paie très cher les divisions en son sein, elle est aussi écrasée par le poids du présidentialisme; l’inversion du calendrier électoral voulu par Jospin qui ramène les législatives à un scrutin de confirmation de la Présidentielle ; par le manque total de proportionnelle...

Par ailleurs, les grandes fautes de n’avoir pas voulu de candidatures communes dans les 4 circonscriptions des Pyrénées-Orientales, comme dans toute la France, celle d’avoir manifestement « zappé » les législatives pour jouer « le coup d’après » et la recomposition de toute la gauche autour de soi, se paient cash. En effet tout juste la moitié des 7,5 millions d’électrices et d’électeurs qui s’étaient portés sur Jean-Luc Mélenchon au premier tour de la présidentielle, a voté dimanche dernier au premier tour des législatives pour les candidates et candidats présentés ou soutenus par FI, ou par le PCF/FDG. Pour comprendre ce qui s’est passé et éviter que cela ne recommence, il faut sortir de l’entre soi. Cette question devra donc être fatalement évoquer dans le débat que la gauche de la transformation sociale et de la transition énergétique ne pourra pas ne pas avoir devant les citoyennes et citoyens, qui lui ont fait confiance le 23 avril dernier ou qui pourraient lui faire confiance à l’avenir. La gauche française, et sûrement européenne, est à reconstruire pour proposer une alternative vraiment de gauche au libéralisme qui est antagonique au progrès social, humain et environnemental ; un projet de nouvelle république institutionnel, démocratique et citoyen, où le présidentialisme soit ramené à la dimension représentative, où la proportionnelle intégrale et la participation citoyenne soient les deux piliers d’un fonctionnement démocratique. Pour y parvenir, quelles que soient les évolutions dans le rapport de force en son sein, elle ne peut être tentée par l’hégémonisme, à la manière de ces peuples qui arrivent à se libérer d’un joug et qui reproduisent le joug contre lequel ils ont lutté. Une stratégie de ralliement autour d’une seule force qui s’autoproclamerait la plus révolutionnaire, la plus juste, la meilleure … ne peut fonctionner longtemps. Si l’on veut reconstruire une gauche non libérale, sociale, écologiste, marxiste, autour d’un objectif commun, il faudrait plutôt aller vers un rassemblement, respectueux du pluralisme, des différences, des individus, des partis, des syndicats, des associations, des mouvements progressistes, du débat démocratique. Certes en inventant une manière efficace et juste d’aborder les moments électoraux, mais aussi, surtout et avant tout en favorisant et soutenant un mouvement social et populaire basé tant sur la résistance que sur la proposition et la conquête sociale. Concernant le PCF, cela a déjà été avancé par son secrétaire national, rapidement viendra le temps des réflexions, analyses, débats, avec les adhérentes et adhérents et aussi une prise en compte de regards et analyses extérieurs. Ce moment pourra aller jusqu’à la transformation du PCF lui-même. Par ailleurs sans être notre affaire directe même si cela nous intéresse au plus haut point, tous les autres partis (PS, LFI, EELV, LO, NPA…) ont ce travail à faire, s’ils veulent contribuer à la reconstruction d’une alternative politique et non à une simple alternance électorale. Cela a trop souvent été le cas depuis 1981, conduisant à la situation ubuesque de ces dernières semaines à savoir un homme élu président de la République avec seulement 18% des inscrits au 1er tour (24% des exprimés), s’appuyant sur une très large et confortable majorité parlementaire composée de députés élus en n’ayant réuni qu’un électeur sur sept au premier tour des législatives. On le voit bien dimanche 11 juin, la vraie, la seule vague, le seul tsunami, est celui de l’abstention. Cette situation touche tout le monde, en effet dans les PO par exemple, La France Insoumise et le PCF/Front de Gauche recueillent tout juste 50% des voix qui s’étaient portées sur Jean Luc Mélenchon leur candidat commun à la présidentielle.

Dès à présent, nous devons continuer à nous battre pour le transport public ferroviaire (voyageurs et marchandises), pour les services publics, pour l’eau publique, pour les retraites dignes à une âge où les salariés puissent en profiter un peu (60 ans), pour le pouvoir d’achat et le partage du travail (32 heures hebdo) sans perte de salaire contre l’augmentation de 1,7% de CSG et la casse du code travail. Nous serons là présents pour constituer un rassemblement (et non un ralliement) de toutes celles et ceux vraiment de gauche qui luttent ou qui subissent et qui veulent changer les choses en profondeur… Un rassemblement qui respecte au sein de notre gauche radicale le pluralisme des idées et la diversité des approches militantes.

Dimanche 18 juin, au deuxième tour de la législative, tout en ayant à l’esprit de combattre immédiatement avec la dernière énergie ce que Macron veut mettre en œuvre et qui sera terrible pour notre peuple, le PCF ne peut faire autrement que d’appeler à battre le Front National dans tous le département.

Nicolas Garcia

(*) Exemple 3ème circo :
P. Assens + L. Tytéca = 6.859 voix. 17,5% - FN s’est qualifié sans atteindre 12,5% des inscrits grâce à sa  seconde position : 7.612 voix. 19,35
Exemple 4ème circo :
D. Guérin + N. Garcia 8.757 voix. 18,36% - FN s’est qualifié sans atteindre 12,5% des inscrits grâce à sa  seconde position: 9.546 voix. 20,00%.

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