Fédération des Pyrénées-Orientales

Fédération des Pyrénées-Orientales
Accueil
 
 
 
 

L’édito du TC par Nicole Gaspon. La République à bout de souffle

Il semble bien que le premier tour des élections législatives soit le point culminant d’un processus de décomposition avancée des institutions de la Ve République, ainsi qu’un marasme démocratique sans précédent. Le niveau historique de l’abstention en est l’illustration, 51,29% nationalement, 50,88 dans les Pyrénées-Orientales, du jamais vu depuis l’instauration du suffrage universel en 1848. Des chiffres qui deviennent vertigineux dans certains quartiers populaires, ainsi 65% au Haut-Vernet à Perpignan, jusqu’à 80% dans un bureau d’une cité HLM ! Les raisons en sont multiples et il conviendra d’en faire une analyse circonstanciée, mais dès aujourd’hui on peut s’accorder pour cibler l’inversion du calendrier électoral comme cause fondamentale de la désertion des urnes. Des législatives situées un mois à peine après une présidentielle présentée en continu comme l’alpha et l’oméga de la vie politique du pays. D’où ce présidentialisme qui écrase tout et fait émerger un homme providentiel dont tout va dépendre, qui institue une véritable monarchie présidentielle. Dans ce contexte l’élection des députés, -les représentants du peuple- est vidée de sa substance, n’apparaissant que comme l’appendice de la présidentielle, ne visant qu’à conforter le président élu. Une perversion institutionnelle renforcée par le système médiatique. Depuis le 7 mai un seul refrain repris à l’infini : le raz de marée macroniste et l’abstention record, tout pour que les électeurs jugent que c’était plié et donc inutile de se déplacer. Quand on fait ainsi l’élection sans les électeurs et qu’un seul homme peut se trouver investi de tous les pouvoirs on n’est plus dans un régime démocratique. D’autant qu’en l’occurrence, ce président n’a rassemblé au premier tour de la présidentielle que 23% des suffrages. Par le système électoral son mouvement est susceptible d’obtenir 70% des sièges. Une situation qui n’inquiète pas que les communistes, sa remise en cause monte de plus en plus dans le pays, assortie de l’exigence de la proportionnelle seul mode de scrutin à même de refléter la réalité des rapports de forces.

Si la proportionnelle avait cours, les habitants de notre département ne seraient pas condamnés au choix qui leur reste le dimanche 18 juin : l’ultra libéralisme ou l’extrême droite.

Il y a actuellement 0 réactions

Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires.

 
44 Avenue de Prades 66000 Perpignan Tél: 04.68.35.63.64