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Quel avenir pour le Train jaune ?

La ligne centenaire du Train jaune à nouveau menacée suite à une réorganisation.

« La direction de la SNCF veut la mort du Train jaune ». Dans le communiqué de presse du syndicat CGT des cheminots de Villefranche Vernet-les-Bains, les mots sont forts et la cause l’est tout autant pour ce petit train du patrimoine catalan qui relie Villefranche Vernet-les-Bains à Latour-de-Carol toute l’année. Julien Berthelemy, Secrétaire syndical et conducteur du Train jaune, ne compte pas laisser faire la SNCF qui annonce 128 trains supprimés en 3 mois, depuis le 1er avril.

« Catastrophique »

« C’est catastrophique. La SNCF réorganise sa production ferroviaire pour ouvrir l’entreprise publique à la concurrence et à la privatisation. Et depuis le 1er avril, dans les P.-O., un établissement dédié à la ligne Cerdagne a été créé. De ce fait il y a un désengagement total au niveau national, tout doit passer entre les mains des régions. Avec l’établissement créé, leur but est de faire du Train jaune un outil seulement touristique mais il ne faut pas oublier que derrière tout cela, les salariés et les usagers sont les premiers touchés », explique Julien Berthelemy.

Suppression de postes

Une problématique soulevée le 29 juin dernier lors d’une réunion avec la région mais qui s’est soldée par des négociations « remises à plus tard ». À la suite de quoi, les agents de circulation de Villefranche ont décidé de faire grève tous les lundis et jeudis depuis le 1er juillet. « La suppression des postes ne peut être mise de côté. La SNCF prévoit 4 emplois en moins à Villefranche. Et les conséquences sont sans appel. C’est directement la sécurité des usagers qui est visée : moins d’humains égalent à plus d’insécurité sur les lignes. La sécurité a un coût, que la SNCF ne semble pas vouloir assumer », ajoute le Secrétaire syndical.

Emplois menacés, sous-effectif, l’avenir du Train jaune est directement menacé bien qu’il soit censé se situer au même niveau que les TER. Une facette qui semble échapper à la SNCF qui fait désormais des lignes régionales et du Train jaune deux choses distinctes en délaissant la ligne conflentoise sur le bas-côté des rails. « En hiver, ce sont 6 trains par jour et en été, 10, du 1er juillet à fin septembre. En plus des suppressions de trains et de ce problème de gestion que la SNCF se doit de résoudre, la question des tarifs est aussi sur le devant du tableau. Quand on a un bus à 1 euro qui assure la même ligne et que la SNCF ne s’aligne pas avec ces prix alors qu’il y a déjà le train à 1 euro, ce n’est pas normal. Concernant le côté technique, des investissements ont été faits sur les voies mais il y a un manque à faire. Tout comme la problématique du matériel qui est indispensable. Il faut remplacer le vieux par le neuf. Et si on ne règle pas ce problème, là oui, ce sera clairement la mort du Train jaune », conclue Julien Berthelemy.

Cette différence de gestion révolte le syndicat CGT des cheminots de Villefranche qui soutient l’action menée par la région contre la direction de la SNCF pour la rénovation du Train jaune, dans les ateliers de Béziers et Villefranche, et pour la mise en œuvre d’un projet territoire qui répondrait aux besoins des habitants des Pyrénées-Catalanes.

L’Indépendant, le 14 juillet 2017

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