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Alors que l’État espagnol utilise des méthodes fascistes, la Diada est un succès pour le droit à décider !

Le 11 septembre (11-S) 17h14, au moins un million de catalans célébraient dans les rues de Barcelone leur « Diada » (fête nationale catalane qui commémore la chute de Barcelone face aux Bourbons en 1714), plus du double en comptant les milliers de gens sur leurs balcons dans le périmètre concerné ou ceux rassemblés dans l’ensemble des communes du Principat ! Catalanes et catalans ont célébré une Diada particulière marquée par un appel au civisme le jour du référendum du 1-O (1er octobre) « votarem ! » ou « Si cal vota i Si cal vota Si » (oui faut voter et oui faut voter oui) pouvait-on entendre aux côtés de bons mots comme « Mariano sé fuerte, marxem ! » « Mariano (Rajoy) soit courageux, nous partons ! ». Voilà pour la Diada 2017 !

La question désormais pour l’État Espagnol est d’empêcher le processus indépendantiste, probablement irréversible et accéléré dans la dernière période. En 2010 quand le Tribunal Constitutionnel Espagnol annulait le nouvel « estatut » (statut de la Catalogne) adopté par le parlement catalan, les indépendantistes « pesaient » 15%. De même si les indépendantistes n’ont pratiquement commis aucune erreur, les gouvernements successifs espagnols (socialistes et de droite) les ont toutes commises. Ces derniers jours encore la Guardia Civil (gendarmerie espagnole) investissait les locaux d’une imprimerie et d’un petit journal hebdomadaire provincial, arrêtant son directeur et fouillant locaux et personnels pendant près de 7 heures. Je n’ose imaginer ce qu’aurait les confrères espagnols, français et du monde entier si cela s’était passé au Venezuela ou à Cuba. Là rien pas de protestation, pas de solidarité! Mesurons la dérive fasciste qui se produit aujourd’hui de l’autre côté des Pyrénées(*), avec un silence étourdissant de tous les grands démocrates donneurs de leçons.

Côté catalaniste on invoque la démocratie, le choix de chacun à dire s’il veut ou non une république catalane indépendante, et on s’épanche « nous respecterons ce qui sortira des urnes, mais nous nous devions d’être institutionnellement prêt si le oui l’emporte ! ». Intelligemment il est même publiquement envisagé d’avoir « un pays indépendant avec une lange minoritaire ». D’ailleurs dans la loi transitoire, l’Espagnol, le Catalan et l’occitan aranais ont été choisis comme langues officielles.

Et les communistes là dedans ?

Noyés dans un mouvement appelé désormais « els comus » (les Communs), à l’image d’Ada Colau (Maire de Barcelone) ils donnent le sentiment de se chercher et s’apprêtent à appeler au vote au nom du droit à l’autodétermination, c’est déjà ça. Pour autant aucune consigne de vote ne devrait être donnée. Les Députés issus de leur coalition électorale avec Podem se sont abstenus, « une manière de ne pas exploser » explique en off une parlementaire. Pourtant durant la Diada, les jeunes « révolutionnaires » arborant estalades sang et or (celles qui se réclament du socialisme), faucilles et marteaux, slogans anti-capitalistes et indépendantistes étaient largement présents. Mieux que leurs ainés, qui risquent de payer chers leurs hésitations, ces jeunes l’ont compris : en devenant une république indépendante, la catalogne devra décider de son projet de société (libéralisme, code du travail, austérité, pacifisme, service public…) et elle pourra enfin tourner définitivement la page du Franquisme, de la monarchie installée par le Caudillo, du compromis de 1978 devenu honteux. N’est-ce pas au fond ce à quoi aspiraient tous les progressistes espagnols.

Nicolas Garcia

(*) Doublement des effectifs de la Guardia Civil; flicage et mise sur écoute systématiques des Maires, Présidents d’associations, Députés, Ministres… pour trouver, confisquer et détruire les urnes et les bulletins de vote ; injonction de ralliement à la Guardia Civil faite par le procureur général espagnol aux "Mosos d'Esquadra", police catalane, payée, recrutée et aux ordres du gouvernement de la Generalitat; menace d'arrestation et de condamnation pour le directeur de (TV3) la télévision nationale catalane si celle-ci continue à diffuser les clips appelant au civisme pour le référendum ; réquisition des Mosos d'Esquadra et de toutes les polices locales (comble de la provocation) pour convoquer et le cas échéant d'arrêter tous les Maires, Députés, membres du gouvernement, hauts fonctionnaires qui se prêteraient à l'organisation du référendum, pour rechercher et saisir tout site, toute réunion, tout tract faisant référence au réferendum ; menaces de poursuites aux citoyens tirés au sort (c'est la loi en Espagne et en Catalogne) pour tenir les tables (les mesas) électorales ; saisie des urnes et donc empêchement du vote le jour même du référendum ; fouille et perquisition des locaux et du personnel dans des imprimeries et des journaux ; interdiction de réunions y compris à Madrid pour les personnes qui souhaitent promouvoir le référendum, alors qu'un rassemblement de la Phalange (parti fasciste franquiste) qui doit avoir lieu le même jour dans la capitale espagnole est autorisé (sanction prononcée par un juge qui avait fait valider le drapeau espagnol franquiste)…

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