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L’édito du TC par Roger Hillel. La force du « Commun »

Les guérilleros des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) en décidant de se délester de leurs armes se sont constitués en parti politique, preuve que des combattants aguerris n’ont pas cru que la forme parti était devenue ringarde. Ce qui est encore plus intéressant, c’est le nom qu’ils lui ont donné : Force alternative révolutionnaire du commun, conservant ainsi leur acronyme initial.

Comment des militants, tout juste sortis de la clandestinité après plusieurs années de lutte armée, ont pu adopter ce terme de « commun » ? En choisissant ce terme, c’est un message fort qu’ils ont voulu envoyer. L’idée du « commun » ou des « communs » a émergé sous son acception moderne aux début des années 90.

Elle a d’abord fait référence aux biens communs que sont les ressources naturelles, notamment l’air et l’eau, qui doivent être également partagés, sauvegardés et protégés. Cette idée s’est ensuite étendue à tous les secteurs répondant aux besoins humains fondamentaux : l’habitat, l’alimentation, la santé… Plus récemment, l’explosion du numérique à l’échelle mondiale a ouvert des perspectives multiples au développement des communs de la connaissance.

Le « commun » pose en des termes nouveaux toutes les questions relevant de la transformation sociale et écologique: appropriation collective, modes de production, de consommation et de gestion démocratique. Selon le penseur altermondialiste Pierre Aguiton : « Les biens communs deviennent aujourd’hui une alternative tant au capitalisme qu’à l’étatisme. » (La Gauche du XXIe siècle, 2017, éditions la Découverte). Effectivement, le « commun » est en quelque sorte l’étymologie du communisme, mais débarrassé du poids des expériences répressives et bureaucratiques qui se sont réclamées de lui. Ce n’est pas par hasard si en 2016 pour son 37e congrès le PCF intitule le document soumis à la discussion « le temps du commun ». Il s’en explique : « Au-delà, l’idée que notre monde est commun à chacune et chacun fait son chemin. Des solidarités nouvelles remettent en cause les rapports de domination et les logiques mercantiles. Un monde de mise en commun des besoins, des biens et des usages frappe à la porte. »

Plus récemment Pierre Laurent interviewé dans le premier numéro de Cause commune, la nouvelle revue du PCF, déclare que pour lui « le parti des communs est une force qui serait identifiée pour favoriser l’intervention démocratique pour la protection des biens communs de l’humanité ».

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