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CETA . Les maires montent au front

Après ONG et Députés, les édiles municipales ont appelé hier Emmanuel Macron à suspendre l’application provisoire du traité.

Un « collectif de Maires » socialistes, écologistes et communiste demande dans une tribune publiée hier sur le site de Libération que le gouvernement refuse l’application provisoire du traité de libre-échange UE-Canada, et rouvre les négociations sur le texte.

« Après le feu vert donné par le Conseil et le Parlement européens, le Ceta doit faire l’objet dès ce jeudi d’une application ‘provisoire’ en attendant les ratifications nationales. Il y a donc urgence pour exiger la réouverture des négociations sur le texte », écrivent les édiles. « Emmanuel Macron s’y était engagé pendant la campagne en fonction des conclusions de la commission d’évaluation. Le gouvernement prétend aujourd’hui qu’il ne peut plus rien faire : nous l’exhortons à respecter cette promesse en refusant l’application provisoire du Ceta, au nom notamment du res- pect de l’accord de Paris sur le climat », poursuivent-ils. La tribune est signée notamment par le Maire de Grenoble, Éric Piolle (EELV), le Maire de Bourg-en-Bresse et trésorier du PS, Jean-François Debat, le Maire PS d’Issoudun (Indre) et Vice-Président de l’association des Maires de France, André Laignel, le Maire PCF de Stains (Seine-Saint- Denis), Azzédine Taïbi.

Les signataires rappellent que « rien qu’en France, plus de 800 collectivités locales ont (...) adopté des délibérations pour exprimer leurs inquiétudes » face aux accords Tafta et Ceta. Le Président de la République avait en effet annoncé le 1er mai, entre les deux tours de la présidentielle, son souhait d’installer « une commission de scientifiques » pour évaluer les conséquences environnementales et en matière de santé de l’accord et « faire modifier le texte » si besoin. Or ces experts indépendants ont regretté dans leurs conclusions un « manque d’ambition » du traité sur le plan environnemental, soulignant même que le climat était « le grand absent » du Ceta. Ils ont en outre noté que le principe de précaution était tout simplement absent du texte, laissant planer une « incertitude » sur une possible contestation par le Canada.

98% des produits échangés

Concrètement, le CETA supprime dès hier les droits de douanes sur 98% des produits échangés entre les deux zones et élargit cer- tains services, comme les transports et les télécoms, à la concurrence. Il permet aussi la reconnaissance de 143 produits d’origine géographique protégée (AOP) au Canada, dont l’agriculture gagne à l’inverse un accès accru au marché européen, bravant les normes environnementales, sociales et sanitaires. Pour quel gain ? Selon une étude d’impact de la Commission européenne, le PIB européen ne progressera que de 2 milliards d’euros par an avec le Ceta. Une brou- tille si on le compare aux 14.600 milliards d’euros réalisés par l’UE en 2015.

La Marseillaise, le 23 septembre 2017

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