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L’édito du TC par Nicolas Garcia. La brute et le sourd !

Le gouvernement français n’a pas dit un mot sur les manquements à la plus élémentaire des démocraties qui se déroulent actuellement en Espagne. Au contraire il s’est même plié aux exigences de l’ambassadeur espagnol à Paris. Ce dernier a obtenu qu’une conférence donnée dans une université parisienne par Raül Romeva, Conseller (Ministre) des Affaires extérieures de la Generalitat de Catalunya, ne puisse être filmée et enregistrée.

C’est à se demander si entre les deux chefs d’État ne s’est pas établie la solidarité de ceux qui gouvernent en bafouant la démocratie. Rajoy emploie les moyens les plus brutaux pour nier au peuple catalan le droit à l’autodétermination, alors que son opposant catalan, le Président de la Generalitat de Catalunya, Carles Puigdemont, déclare qu’il préfère « être vaincu dans la paix que gagnant dans la violence » et que notre regrettée Muriel Casals-Couturier appelait le processus en cours en Catalogne « la révolution des sourires ». Décidément l’Espagne n’est visiblement pas guérie de son passé franquiste.

Macron s’assoit lui aussi sur la démocratie grâce aux ordonnances permises par un système présidentialiste parmi les plus antidémocratiques d’Europe. Lequel lui permet de faire fi des contestations dans la rue, des enquêtes d’opinion négatives, du très mauvais résultat aux élections sénatoriales de dimanche dernier. Par ailleurs il envoie la troupe pour « mater » les routiers en lutte contre ses ordonnances. En définitive le premier est une « brute épaisse » qui s’en prend, entre autres, au droit d’expression et le second est sourd aux inquiétudes et à la souffrance de son peuple.

La citoyenneté catalane résistera et se battra contre l’intransigeance du Président espagnol, les Français quant à eux ont commencé à s’exprimer massivement dans la rue le 12 septembre contre les politiques Macron/Philippe et ont remis ça le 21. Le 28 ce sont les retraités qui défileront pour protester contre la CSG et tout le reste. Enfin le 10 octobre les fonctionnaires feront entendre leur colère par rapport au gel de leurs salaires, aux politiques d’austérité, à la suppression des contrats aidés... Si Macron croit se débarrasser du mouvement social et populaire en restant sourd, il se trompe et oublie que seul un électeur sur six a voté pour lui au premier tour de la présidentielle. Au reste, il a du mal à cacher que la rue l’agace. Il est de ceux qui disent qu’en France ce n’est pas elle qui doit commander et qu’il a été élu pour « réformer », alors il réforme.

Dans le fond la démarche est la même : soit empêcher, soit mépriser, soit traiter les gens qui manifestent, de séditieux, de tumultueux, de fainéants réfractaires aux changements. Dans les deux cas, il ne faut pas laisser faire et comme le disait Gérard Pisarello, Premier Adjoint « Podem » d’Ada Colau à Barcelone : « Ne laissons pas dévaloriser ou interdire les manifestations dans la rue au risque de ne pas pouvoir un jour revendiquer pour nos droits sociaux, syndicaux ou politiques. »

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