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Espagne. La matraque pour empêcher les Catalans de s’exprimer

La police espagnole a fait usage de la force hier pour empêcher le vote sur l’indépendance de la Catalogne, faisant plus de 90 blessés. Des bribes de résultats partiels donneraient le « Oui » vainqueur.

Des milliers de Catalans s’étaient massés dès l’aube pour faire barrage et protéger pacifiquement les installations de ce scrutin.

Rapidement les policiers anti-émeutes ont forcé plusieurs bureaux de vote pour saisir bulletins et urnes. A Barcelone, selon des témoins, ils ont tiré des balles en caoutchouc puis chargé à coups de matraques contre des milliers de personnes qui étaient descendues dans la rue pour voter.

« Ils ont emporté 6 ou 7 urnes. Ils sont entrés en défonçant la porte. Nous étions à l’intérieur en chantant l’hymne catalan et nous entendions des coups très violents sur la porte », a raconté Marc Carrasco, chargé d’un bureau de vote à Barcelone.

De son côté, le ministère de l’Intérieur a annoncé que onze membres des forces de l’ordre avaient été blessés, certains ayant été visés par des jets de pierres.

Selon les services de santé régionaux, au total en Catalogne, 92 personnes ont été blessées, dont deux gravement dans des heurts entre la police et des partisans du référendum.

Des milliers de citoyens ont quand même réussi à voter, selon les images des télévisions. Les électeurs devaient répondre par « oui » ou par « non » à la question : « voulez-vous que la Catalogne soit un État indépendant sous forme de République ? »

Quelque 2.300 bureaux avaient été mis en place par l’exécutif régional pour permettre aux 5,3 millions de Catalans de voter mais le gouvernement espagnol avait annoncé la veille avoir mis sous scellés 1.300 bureaux. En fin de matinée, le gouvernement catalan assurait que 73% des bureaux restaient ouverts. « Personne ne peut me voler mon vote et la satisfaction d’avoir voté, quoi qu’il arrive. J’ai même pleuré parce que cela fait des années que nous nous battons pour cela, et j’ai vu devant moi une femme de 90 ans qui votait en siège roulant », a raconté à Pilar Lopez, 54 ans.

Dans le quartier barcelonais de Nou Barris, Enrique Calvo, n’a pas voté parce qu’il ne voulait pas donner de « légitimité » au scrutin. « C’est mal géré, tant par le gouvernement catalan que par le gouvernement central de Madrid ».

Le Président indépendantiste de l’exécutif catalan Carles Puigdemont a dénoncé la « violence injustifiée » dont a fait usage la police nationale.

Carles Puigdemont lui-même n’a pas pu voter dans sa ville de Gérone car des policiers sont entrés de force pour saisir le matériel électoral. Il est finalement allé dans un autre bureau proche de Gérone.

La numéro deux du gouvernement espagnol Soraya Saenz de Santamaria et le Préfet de Catalogne Enric Millo l’ont pressé de mettre fin à la « farce » du référendum, le rendant responsable des éventuelles violences qui en découleraient.

Une sécession de la Catalogne, pesant 19% du PIB du pays, serait au saut dans l’inconnu, comparable à celui du Brexit déclenché par un référendum en juin 2016.

Les habitants de la région, où l’indépendantisme gagne du terrain depuis le début des années 2010, sont divisés presque à parts égales sur l’indépendance. Mais les Catalans souhaitent majoritairement, à plus de 80%, un référendum d’autodétermination légal, selon les derniers sondages.

Ni les poursuites judiciaires ni les arrestations ou perquisitions n’ont dissuadé les indépendantistes de cette région où vivent 16% des habitants du pays d’organiser le scrutin. Samedi Carles Puigdemont avait déclaré qu’en cas de victoire du oui il y aurait des « décisions politiques » qui pourraient déboucher sur une déclaration d’indépendance.

Daniel Bosque et Anna Cuenca (La Marseillaise, le 2 octobre 2017)

« Mariano Rajoy a dépassé toutes les bornes. C’est un lâche et il n’est pas à la hauteur de sa responsabilité d’homme d’État. Par conséquent, Mariano Rajoy doit démissionner ». Ada Colau, Maire de Barcelone.

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