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Catalogne. Puigdemont propose le dialogue Madrid répond par la répression.

Le Président de la Generalitat de Catalunya a fait un nouveau pas, a ouvert une nouvelle porte en direction de Madrid. A l’ultimatum de Rajoy, Puigdemont a répondu par courrier ce lundi 16 octobre avant 10h et on peut craindre que ce soit pour la dernière fois, sa réponse débute par « Apprécié Président Rajoy et se termine par cordialement ».

Dans ce courrier, sur lequel je reviendrai, Puigdemont fait un pas de plus vers le dialogue, au risque de se couper de ses soutiens les plus indépendantistes. La réponse du gouvernement de Madrid est une terrible fin de non recevoir et une décision de justice folle, irresponsable, qui met le feu au poudre et précipite la catalogne vers une déclaration unilatérale d’Indépendance.

En effet, le parquet espagnol a demandé l’emprisonnement de Josep Lluis Trapero, major des Mossos d’Esquadra (police catalane) et des présidents très pacifiques et non-violents d’Omnium Cultural et Assemblea Nacional Catalana (ANC), deux associations culturelles et citoyennes très impliquées dans le processus qui a conduit au référendum du 1-O.

Jordi Cuixart et Jordi Sanchez ont été emprisonnés, sans possibilité de caution, mardi 17 octobre à 0h30 du matin. Josep Lluis Trapero, un des policiers les plus reconnu d’Europe, a quant lui évité de justesse les geôles madrilènes. La juge a confisqué son passeport et a décidé la mise en liberté sous contrôle judiciaire.

Dans sa lettre à Rajoy, le Président de la Generalitat précise : « la suspension de la déclaration d’indépendance et la volonté de dialoguer, n’était pas un acte de faiblesse mais une proposition honnête, à la demande de nombreuses personnalités et institutions internationales, espagnoles, catalanes, pour déboucher sur une solution aux relations entre Etat Espagnol et Catalunya bloquées depuis de nombreuses années. »

Sans renoncer au « mandat démocratique de déclaration d’indépendance donné au parlement catalan par plus de 2 millions de catalanes et catalanes qui ont voté le 1er octobre malgré la violence… » , Carles Puigdemont continue de réclamer le dialogue, offre deux mois pour y arriver et réclame des réunions à Rajoy. Il exige aussi l’arrêt des poursuites, violences et répressions contre les citoyens, les fonctionnaires, les dirigeants souverainistes pourtant non violent et les institutions catalans. En premier lieu la relaxe pour les trois personnes citées à comparaitre, lundi 16 octobre : Jordi Cuixart, Jordi Sanchez et Josep Lluis Trapero (la suite vous la connaissez).

Rajoy, le PP, Ciutadans, socialistes espagnols et la justice ibère sont finalement parvenus à ce que l’Espagne de 2017 emprisonne à nouveau des militants catalanistes pour leurs opinions politiques. Les États et forces progressistes européennes, en premier lieu les communistes, les vrais progressistes, doivent protester, condamner les emprisonnements, les poursuites, les menaces et exiger le dialogue ainsi que l’arrêt immédiat et sans conditions de ces sanctions et de cette attitude du gouvernement espagnol. Il doivent imposer une vraie médiation extérieure et un dialogue car il est de plus en plus évident qu’il est impossible entre parties concernées.

En revanche, aucune discussion, aucun dialogue… ne sera désormais possible sans la levée immédiate des sanctions, pressions, blocage des institutions catalanes, privations de libertés ; si aucune option n’est préalablement écartée y compris celle de l’indépendance ; si les violences commises le jour du référendum par la Guardia Civil ou la policia espagnoles ne sont pas reconnues et condamnés.

Personne ne doit exclure non plus la possibilité pour les catalanes et les catalans de revoter pour décider de leur avenir, même si cela constitue une remise en cause du référendum du 1-O et que ceux qui l’ont organisé ne l’accepteront pas facilement à juste titre.

La proposition de la Generalitat est responsable, intelligente et non jusque-boutiste, celle de Rajoy et des procureurs espagnols désignés par le pouvoir, est d’une rare bestialité et montre bien que la droite conservatrice espagnole n’a qu’une envie : faire plier le peuple catalan.

Nicolas Garcia

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