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Catalogne. Proclamation d’indépendance et mise sous tutelle

Le parlement catalan a déclaré l’indépendance, le sénat a voté l’article 155. Les hourras des Catalans rassemblés à Barcelone n’ont pas masqué la peur des uns quant à l’avenir, la crainte des autres sur des violences.

Il est à peine plus de 15 heures quand, vendredi, plusieurs dizaines de milliers de manifestants indépendantistes massés à l’extérieur du parc abritant le parlement catalan à Barcelone, poussent des hourras, clament « indépendance » en catalan puis entonnent avec ferveur l’hymne de la Catalogne, la plupart le poing levé. Mêlant des indépendantistes de l’extrême gauche au centre-droit, ce rassemblement a été appelé par les grandes associations indépendantistes ANC et Omnium Cultural, dont les dirigeants avaient été placés en détention pour « sédition » à la mi-octobre.

A l’intérieur, le parlement de Catalogne vient d’adopter une résolution déclarant que la région devient un « État indépendant prenant la forme d’une République ». Alors qu’une majorité de Députés d’opposition avait quitté l’hémicycle en signe d’opposition, la résolution a été votée à bulletins secrets avec 70 « oui », 10 « non » et deux abstentions.

Dans les minutes qui suivent, le chef du gouvernement Mariano Rajoy tweete « L’État de droit restaurera la légalité en Catalogne », appelant les Espagnols à « garder leur calme » tandis que le Sénat débattait de la mise sous tutelle de la Catalogne.

Une heure plus tard, le Sénat espagnol a approuvé par 214 voix pour, 47 contre et une abstention la proposition du gouvernement basée sur l’article 155 de la Constitution, autorisant ainsi les mesures de mise sous tutelle de la Catalogne, la destitution de l’exécutif régional et le contrôle de la police. Des mesures validées en soirée par un Conseil des Ministres convoqués par Rajoy, deux dispositions controversées, la mise sous tutelle du parlement catalan et des médias publics, ayant finalement été écartés.

Dans ses attendus la résolution catalane demande à l’exécutif de négocier sa reconnaissance à l’étranger, alors qu’aucun État n’a manifesté son soutien aux indépendantistes. L’Union européenne a même très rapidement réagi via un tweet de Donald Tusk, Président du Conseil de l’UE qui représente les 28 états membres, pour affirmer que « rien ne change. L’Espagne reste notre seule interlocutrice ». Ce sont ensuite les États-Unis, le Royaume Uni, la France, l’Allemagne… qui ont dit ne pas reconnaître la Catalogne. D’emblée, Donald Tusk a appelé le gouvernement espagnol à choisir « la force de l’argument plutôt que l’argument de la force ».

Outre l’usage disproportionné de la force durant le référendum interdit, les Espagnols ont en mémoire les affrontements ayant suivi la déclaration d’indépendance de la Catalogne en 1934 qui avaient fait entre 46 et 80 morts, selon les historiens. Mais le gouvernement central affirme qu’il veut uniquement faire usage de l’article 155 pour « restaurer l’ordre constitutionnel » et promet d’organiser des élections au plus vite, dans un délai de six mois maximum.

La Marseillaise, le 27 octobre 2017

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