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Conseil régional. Le FN dévoile son vrai visage sur l’égalité

Des élus d’extrême droite ont dérapé vendredi lors de l’adoption du rapport sur l’égalité hommes femmes présenté par la majorité de gauche de Carole Delga. Les mesures mises en place pour lutter contre les inégalités ont été raillées avec violence, tout comme l’écriture inclusive, otage de l’idéologie nauséabonde du FN.

« Vous allez bientôt nous organiser un festival de la Burqa ou de l’excision à Martres-Tolosane(*) (…) Et vos élus hommes mettront du rouge à lèvres ». A l’image du Maire FN de Beaucaire, Julien Sanchez, qui n’a visiblement pas retenu la leçon de sa condamnation pour incitation à la haine ou à la violence, des élus d’extrême droite ont une nouvelle fois dérapé lors de la séance publique du Conseil régional d’Occitanie, hier à Montpellier.

Cible minutieusement choisie dans une actualité infecte de harcèlement sexuel : le rapport annuel sur l’égalité hommes femmes et le « donner acte » des mesures mises en place par la majorité de gauche de Carole Delga (PS) pour « passer d’une égalité de papier à une égalité de faits ». Une idée tout simplement « utopique » selon une élue FN qui préfère fustiger « l’échec total » de la politique régionale en s’appuyant sur un simple rapport de l’Insee selon lequel les inégalités augmentent en Occitanie.

« Propos sexistes et ignobles »

Un peu plus tôt, Gilles Ardinat avait allumé la première mèche en demandant à la majorité de rayer de ses documents administratifs l’écriture inclusive (qui consiste à ajouter des ‘e’ entrecoupés de ‘.’ pour signifier le féminin des mots). « C’est une escroquerie politique condamnée par l’Académie française ». Et l’élu FN héraultais, prenant pour référence la Manif pour tous, d’être à son tour saisi de bouffées réactionnaires. « Les femmes sont menacées par l’islamisme, l’ultra-libéralisme et les dérives sur les mères porteuses ». La Présidente de Région qui avait déjà été qualifiée de « dictateur en jupons » par l’extrême droite dénoncera des « propos sexistes et ignobles ». Quant à l’écriture inclusive, Nelly Frontanau (Groupe Socialiste, Républicain et Citoyen : SRC), l’assume. « Elle permet de lutter contre les stéréotypes de genre et contre les inégalités ».

Avant même que Julien Sanchez ne demande un référendum « pour voir si les habitants veulent la mixité et la promotion des cultures étrangères », Dominique Salomon (PRG) regrettait que « les stéréotypes de genre ont la vie dure ».

A l’image des attaques contre l’IVG, de la proposition d’instaurer un salaire pour mères au foyer ou des « insupportables » inégalités salariales qui font que les femmes sont en moyenne payées 25% de moins que les hommes à compétences égales, la 13ème Vice-Présidente rappelle que le chemin vers l’égalité sera long. « Il suffira d’une crise économique, politique ou religieuse pour remettre en cause les droits des femmes ».

A l’instar de la commission à l’égalité hommes/femmes qu’elle préside, Nadia Bakiri (SRC) estime que la Région est « en avance ». « On n’a pas attendu que la loi nous y oblige pour agir ». Parmi les mesures instaurées on peut citer le dispositif Génération égalité lancé en 2017 dans les lycées généraux, professionnels et agricoles, les CFA et Écoles régionales de la 2e chance, afin de sensibiliser les jeunes des classes de seconde. Dès 2015-2016, 40.000 jeunes peu qualifiés âgés de 15 à 25 ans avaient bénéficié du dispositif de promotion de la santé pour « une éducation égalitaire à la vie affective et sexuelle ». Côté économique, des objectifs de mixité ont été fixés dans les dispositifs régionaux d’aide à la création d’activités et d’entreprises… N’en déplaise au FN, un plan d’actions (2017-2021) sera voté à la prochaine assemblée.

Rémy Cougnenc (La Marseillaise, le 4 novembre 2017)

(*) Commune de Haute-Garonne où la présidente de Région Carole Delga fut Maire.

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