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L’Europe des gauches trouve son unité à Marseille

Le premier Forum européen des forces progressistes s’est achevé samedi à Marseille. Il s’est fixé le pari de travailler à l’élargissement de convergences politiques, utiles aux peuples d’Europe. Syriza, Die Linke, PCF, Progressive Caucus, Bloco, Labour, Verdi trade union, EE-LV… La gauche plurielle désormais prête à relever ses nombreux défis.

Comment faire face au volet social de Gothenburg, modifier les traités européens, changer certaines directives de libre circulation, résister à la montée de toutes les formes d’extrémisme, garantir la paix… Les 400 participants originaires de 30 pays qui participaient vendredi et samedi au Dock des Suds à Marseille, au premier Forum européen des forces progressistes, savent que la tâche est immense et le moment historique.

Le forum de Marseille est le premier événement fondateur, au-delà du Parti de la gauche européenne (PGE) qui en est l’initiateur, d’un acte politique nouveau, « destiné à lancer un signal historique à toutes les forces alternatives, bien au-delà des partis affiliés au parti de la gauche européenne », affirme Anne Sabourin, représentante du PCF au PGE. Ce défi, que se sont fixés les mouvements progressistes a atteint comme premier objectif, celui d’ouvrir le débat dans le respect de la diversité de chacun sur des thèmes majeurs comme : travail et droits sociaux, développement soutenable et alternative au libre-échange. Le forum de Marseille a permis à ses participants de « trouver une base de plateforme commune », affirme Yiannis Bounous (Syriza, Grèce). Les points de convergence permettront d’adopter un texte final, pour un deuxième Forum européen, dont le pays d’accueil n’est pas encore connu. L’idée étant « de développer un espace de débat, la coopération et la coordination parmi les diverses forces qui croient en un besoin urgent de travailler des objectifs communs et de conduire des campagnes publiques sur des problématiques clefs pour les Européennes », a conclu la déclaration finale.

L’appel d’Aléxis Tsipras

Une démarche saluée depuis Athènes par le Premier Ministre grec, Aléxis Tsipras. « Ce premier forum est une initiative importante, parce qu’il est mis en place par les peuples d’Europe victimes de la crise sociale et économique ». Et c’est à l’union de toutes ces forces que le Premier Ministre a appelé, pour changer l’Europe.

« Un changement possible à condition de reconnecter l’Europe à ses valeurs. Le moment est venu de nous rencontrer et de converger pour élargir une force importante en Europe. On ne peut pas changer l’Europe sans alliance, sans espoir de quelque chose de commun. Le cœur de la gauche européenne bat à Marseille », lance Aléxis Tsipras.

Pour José-Luis Centella Secrétaire général du Parti communiste espagnol, il s’agit « d’un message d’espoir ». L’idée d’inscrire le forum de Marseille dans la durée marque la volonté des forces progressistes rouges-vertes, mais aussi des syndicats et associations présents vendredi et samedi de parvenir, malgré leurs points de désaccord, à « approfondir le travail réalisé cette année et atteindre une participation plus large ». L’occasion pour Camille Lainé du Mouvement des jeunes communistes, « de mener des luttes concrètes notamment contre le code du travail et la sélection à l’université ».

Grégor Gysi, Président du PGE, dont le parti avait lancé, à son congrès de Berlin fin 2016, l’idée du forum a affirmé que « cette alliance élargie doit permettre de construire une nouvelle Europe. » Une Europe qui ne doit pas être un projet élitiste, à un moment où la solidarité n’a jamais été aussi nécessaire pour répondre aux nombreux défis de ce siècle. « Les États ont des actions limitées, comment dans cette Europe imposer de nouvelles règles, obtenir des garanties, sans que la concurrence capitaliste se fasse sur le dos des plus pauvres », insiste Grégor Gysi.

Les forces progressistes d’Europe représentent la troisième force politique sur le vieux continent. Leur unité pourrait constituer une faille sérieuse aux politiques néo-libérales.

Inspiré du forum de Sao-Paulo, il s’agit pour les forces engagées dans ce forum de gagner en convergence pour relever des défis politiques d’un genre nouveau. « Ce qui s’est passé à Marseille est d’une très grande importance », assure Pierre Laurent. « Nous sommes en train d’installer durablement cette démarche de convergence. Cette décision pourrait marquer le point de départ d’une nouvelle étape de développement des forces progressistes de gauche », affirme t-il.

Et c’est à Marseille, ville char- gée de symboles qu’a été donné le point de départ de cette démarche nouvelle, destinée à imposer un autre agenda que l’agenda néo-libéral. « Le deuxième forum sera une étape encore plus forte et spectaculaire de notre travail de convergence en Europe », a promis le communiste espagnol José-Luis Centella.

Catherine Walgenwitz (La Marseillaise, le 13 novembre 2017)

Le cas portugais, un exemple de résistance aux politiques de la Troïka

Le Bloco de Esquerda (gauche radicale), troisième force politique au Portugal, était représenté au forum de Marseille par Luis Fazenda. En Europe le cas Portugais a fait apparaître de nouvelles logiques politiques, avec l’arrivée de la gauche au pouvoir en 2015.

C’est un PS mis en minorité qui détient pourtant les rênes du gouvernement et est appuyé au parlement par le Bloco et le Parti communiste. « C’est un gouvernement qui est basé sur des accords de reposition des salaires, des pensions de retraite, des droits sociaux et refuse les privatisations. C’est un accord de réversion de toute la politique de la Troïka », explique Luis Fazenda.

Au Portugal, le PS, qui est un parti de centre social-libéral n’avait pas d’autre alternative que celle de faire alliance avec les partis de la gauche radicale. « C’est une question purement arithmétique du pouvoir. Un accord conjoncturel, qui fonctionne pour le moment, parce que le peuple a gagné en amélioration des conditions de vie. Nous sommes maintenant en train d’effacer historiquement le rôle de la Troïka au Portugal », développe Luis Fazenda. Les désaccords sont cependant profonds avec le PS sur l’Europe, l’Otan, l’économie, la propriété publique. Pour le Bloco, le parti au gouvernement ne sera jamais un allié dans la perspective des prochaines élections (régionales, européennes) de 2019. « Nous n’avons pas une coalition et nous n’aurons pas de coalition. Chacun partira de son côté aux prochaines élections », affirme-t-il.

Depuis l’arrivée de la gauche aupouvoir,lePortugalestmoins soumis que d’autres pays aux règles d’austérité et il n’est plus question, contrairement à la France, de toucher au code du travail, même si le gouvernement socialiste refuse de renoncer à certains de ses compromis avec le patronat. « Le PS résiste, au motif qu’il existe un salaire minimum et des droits sociaux », assure Luis Fazenda. Les Portugais semblent pour le moment séduits par ce système qui trouvera à un certain moment ses limites. Le Bloco attend patiemment son heure et se dit en position de gouverner. « Si nous avons obtenu des acquis sociaux, c’est grâce au Bloco et aux communistes. On peut aller plus loin et avoir un réel gouvernement de gauche au Portugal », insiste Luis Fazenda.

Catherine Walgenwitz (La Marseillaise, le 13 novembre 2017)

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