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Construire le parti communiste du 21e siècle

Une feuille de route pour faire le bilan des années écoulées et construire l’avenir : le résultat d’une assemblée nationale réunissant 900 animateurs locaux. L’objectif : un Congrès extraordinaire en novembre 2018.

C’est un événement certain qui s’est déroulé à la Cité des sciences et de l’industrie à Paris samedi dernier. Quelque 900 animateurs des sections locales du PCF sont venus de toute la France pour construire, ensemble, l’avenir du Parti communiste. Cette construction s’appuie sur les 14.000 questionnaires auxquels les militants ont répondu intégralement, faisant remonter ce qu’ils considèrent comme des priorités. La lutte contre le coût du capital et les inégalités, la révolution du travail et l’écologie sont les sujets arrivés largement en tête, irriguant l’intégralité du processus mis en place.

La journée de samedi a permis de choisir la date d’un congrès extraordinaire mais aussi les modalités précises de sa préparation. En le fixant au 24, 25 et 26 novembre 2018 (614 voix favorables), le choix a été de se donner le temps de la préparation, la proposition de l’organiser en juin n’en ayant recueilli que 230, 60 personnes s’étant abstenues.

Ce temps va être tout d’abord utilisé pour réaliser un bilan. Ce congrès extraordinaire, « nous voulons le faire à partir du bilan lucide de notre action de ces dernières années et d’une analyse en profondeur des enjeux de la nouvelle période politique ouverte en 2017 » stipule ainsi la résolution finale adoptée à 72,8% des voix. « L’analyse sera faite, le bilan sera débattu, les leçons tirées sans concessions, sans faux-fuyant, qu’il concerne notre responsabilité collective comme nos responsabilités individuelles en commençant par celle du secrétaire national » a d’ailleurs indiqué le Secrétaire national Pierre Laurent dans son allocution qui a également précisé qu’il sera « toujours là » à l’issue de ce congrès extraordinaire sans pour autant mentionner à quel titre.

Ce temps va être ensuite mis au service de la construction d’un « projet communiste du 21 siècle » de décembre 2017 à mai 2018, autour de quatre thèmes : « les luttes et le combat communiste », « notre démarche de transformation et de rassemblement », « les transformations de notre parti » et « les élections européennes ». La résolution finale précise que « les bases d’une politique alternative » doit se « construire dans les luttes ». Et d’appeler en premier lieu « l’ensemble des communistes à intensifier la contestation de la politique du pouvoir Macron ».

Après le terrain, la réflexion. Tout un travail doit se construire lors d’états généraux du progrès social (avec une première étape le 3 février à Paris), d’assises communistes pour l’écologie (en mai), d’états généraux du numérique (3e édition les 9 et 10 mars), d’une convention pour l’art, la culture et l’éducation populaire (les 29 et 30 septembre) mais aussi lors de campagnes déjà en cours (pour les communes et l’égalité des territoires, pour les droits des femmes et contre les violences…). A noter que des outils numériques seront mis à disposition en plus des canaux habituels, type les « cahiers du progrès social ».

Le compte-rendu détaillé des interventions réalisé par l’Humanité montre également de nombreuses interrogations sur le décalage entre la réalité de l’engagement militant et du travail parlementaire et l’écho que cela trouve dans la société. Et d’affirmer vouloir réaliser le travail nécessaire pour devenir « plus audibles ».

Ce qui passera par une « amélioration de la communication via les réseaux sociaux et les nouvelles technologies » mais aussi par la nécessité de « renouer avec la base » pour reprendre la formule d’un Marseillais, Mohamed Itrisso.

Angélique Schaller (La Marseillaise, le 21 novembre 2017)

L’Europe, un chantier « prioritaire »

C’est auréolée du succès du premier forum européen des forces progressistes organisé par le PCF a à Marseille début novembre -rassemblant une centaine d’organisations venues de 30 pays- que la question de l’Europe a été posée durant cette assemblée des animateurs.

Si ce sujet fait indéniablement parti de la feuille de route que se donnent les militants pour construire le communisme du 21e siècle, il a un calendrier particulier qui lui donne une place un peu « prioritaire » pour reprendre la formule d’Anne Sabourin, responsable du secteur Europe au Conseil national du PCF. Les prochaines élections européennes auront en effet lieu vers fin mai 2019.

« Je suis d’accord, nous ne sommes pas un parti comme les autres et les élections ne peuvent pas être notre seul centre d’intérêt. Mais un parti politique se présente aux élections ! Et la campagne des Européennes a commencé » a plaidé la jeune femme. Si elle estime que « les voies du rassemblement à gauche sont loin d’être dégagées en France » elle ajoute d’emblée : « gardons cependant en tête que cela peut évoluer et ne fermons pas la porte au rassemblement a priori ». Mais sa conviction est que « notre parti doit œuvrer à la prise de conscience de l’intérêt commun des travailleurs européens à prendre le contrôle de la coopération européenne, l’en libérer des griffes du capital pour la mettre au service du développement humain » et que « le PCF doit construire sa propre offre politique » pour ces élections : « il faudra marquer les esprits par notre originalité ». La résolution adoptée ce samedi a acté le principe d’un « Conseil national élargi » sur ce sujet les 24 et 25 mars prochain, « prenant de premières décisions d’orientations et faisant des propositions ».

La Marseillaise, le 21 novembre 2017

Pour une révolution d'aujourd'hui

Ce week-end, les militants communistes ont montré leur volonté de continuer à apporter leur pierre à l’édifice de l’alternative politique. L’un des enjeux de ce parti bientôt centenaire sera de mettre en mouvement ses concepts historiques originels avec sa perception actuelle du monde, afin d’émettre des pistes pour un monde nouveau et internationaliste. Vaste mission en cette année de centenaire de la Révolution d’octobre 1917. Mais en existe- t-il d’autres ?

Objectif : changer le monde

La vocation d’un parti qui se veut révolutionnaire n’est- elle pas fondamentalement de mettre le changement de société -selon une orientation de progrès humain- en tête de ses priorités ? Et que ce dessein l’anime ? Indéniablement. Reste à faire partager cette aspiration dans les consciences. Pour qu’elle devienne enfin majoritaire. Les résultats électoraux du printemps dernier, notamment lors des législatives, ne sont pas à la hauteur de ce qu’on pourrait attendre d’un parti de transformation sociale en ces temps de déferlante libérale. Dans le même temps, vouloir régler le problème en rayant d’un trait de plume une histoire, un patrimoine et une visée politique n’aurait aucun effet probant. Qui y gagnerait au final ? Certainement pas les travailleurs de ce pays.

Dans les mois à venir, le PCF -ses militants, ses cadres et ses élus- auront des débats internes à mener sur leur fonctionnement, leur pratique, leur vision du rassemblement avec d’autres forces de gauche. Le ton donné ce weekend laisse la place au travail sur soi, voire aux remises en question, dans un but constructif. L’avenir dira si le congrès programmé fin 2018 jettera les bases d’une « Révolution » du 21e siècle. Fondée sur une histoire et tournée vers l’avenir. Qui doit rester la priorité. Car, comme écrivait Aragon : « L’avenir à chaque instant presse le présent d’être un souvenir ».

Sébastien Madau (La Marseillaise, le 21 novembre 2017)

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