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Macron au Congrès des Maires. « Je n’ai pas vocation à vous satisfaire ou à vous contenter »

Si ce n’est sur la question du logement social, Emmanuel Macron n’a rien lâché durant son discours aux élus locaux pourtant très inquiets de ses réformes.

Président de l’Association des Maires de France, François Baroin (LR) a tapé fort dans son introduction au discours d’Emmanuel Macron hier en clôture du 100e congrès des Maires de France. Mixant la déférence due à un Président de la République, lui promettant d’être à ses côtés pour « réformer le pays » mais à la condition qu’il entende les inquiétudes des Maires. En priorité leur demande de moins d’efforts financiers; du temps pour la réforme de la taxe d’habitation et des textes spécifiques pour les finances locales.

François Baroin s’est permis des saillies presque irrévérencieuses. Il ose ainsi accuser Emmanuel Macron d’alimenter « le populisme » quand il dit qu’il y a trop d’élus ou qu’ils dépensent trop alors même qu’il est censé « les protéger ». Et de se voir largement applaudi. Cependant, il n’obtiendra rien ou presque d’un Emmanuel Macron qui a d’emblée dit, et conclut qu’il n’avait « pas vocation à vous satisfaire ou à vous contenter mais à appliquer les engagements pris durant la campagne ». Et de se faire alors également applaudir et à plusieurs reprises malgré l’affirmation que rien ne sera remis en cause sur les efforts financiers demandés.

Ainsi quand il dit que la réforme de la taxe d’habitation sera appliquée car « ceux là même qui la défendent aujourd’hui sont les mêmes qui hier la critiquait car injuste mais n’ont jamais osé s’y atteler ». Et d’annoncer que « ce n’est qu’un début » et qu’il veut une profonde réforme de la fiscalité locale pour « avoir des impôts en cohérence avec vos missions » et pour « préserver vos moyens financiers ». Cette autonomie financière est un des « trois combats » qu’il propose aux Maires. La seconde est une plus grande autonomie administrative où ? s’il n’y aura pas de nouveau big bang de la carte administrative ? autorisera des modifications ou rapprochements au cas par cas et, surtout, reviendra sur l’égalité territoriale ; « L’égalité n’est pas l’uniformité » plaide-t-il pour justifier le changement constitutionnel qu’il prévoit et notamment l’article 72 qui oblige à généraliser les expérimentations réussies. Son discours parsemé de « laissons les Maires innover » ou de promotion de « l’envie de faire » est là encore largement applaudi. Son « 3e combat » sera celui d’un « État là pour vous accompagner dans les grands changements ». Et d’annoncer un État désormais « facilitateur » où les Préfets ne seront plus chargés d’une application à la lettre des lois mais de l’esprit des lois avec création d’une nouvelle agence pour devenir un guichet unique pour donner aux territoires les compétences nécessaires. Là encore, applaudissement.

S’il dit entendre les inquiétudes concernant les compétences de l’eau et de l’assainissement, Emmanuel Macron ne répondra cependant pas à la demande explicite de François Baroin de laisser les choses en l’état, en l’occurrence à la compétence municipale. Et de renvoyer à la proposition déjà faite par Edouard Philippe devant ce même auditoire : du cas par cas en fonction des demandes.

Le seul sujet sur lequel le Président accepte finalement de négocier, est celui du logement social. Non pour revenir sur son analyse -« 40 milliards pour 4,5 millions de mal logés, cette politique ne fonctionne pas »- mais pour reconnaître que la proposition du gouvernement n’est pas concluante.

Et de faire sienne la proposition du Président du Sénat Gérard Larcher pour sortir par le haut en organisant une « conférence de consensus sur le logement ».

Angélique Schaller (La Marseillaise, le 24 novembre 2017)

Le bâton sans la carotte

Emmanuel Macron aime les tribunes et devant les élus locaux du 100e Congrès des Maires de France, et ce malgré quelques lazzis et sifflets à l’entame de son discours, le Chef de l’État a déroulé ses réformes, les justifiant au nom de la rigueur budgétaire. Sans bouger d’un pouce, comme son Premier Ministre venu
en éclaireur mardi devant des maires inquiets et remontés.

Même danse du ventre qui consiste à caresser dans le sens du poil sur l’air de « j’ai besoin de vous », tout en faisant la leçon, comme si les collectivités -qui assurent pourtant l’essentiel de l’investissement public du pays- étaient de mauvais élèves, immatures et gaspilleuses. Les annonces sont clairement faites pour calmer la fronde qui monte dans les villes et les campagnes. Le logement social ? Le Chef de l’État se range à la proposition du Président du Sénat et promet une conférence. Cela ne mange pas de pain mais ne règle en rien l’avenir des offices HLM pris à la gorge par la baisse des aides au logement qu’ils devront compenser. Or sans moyens pour réhabiliter ou construire, comment répondre à la crise du logement ? Emmanuel Macron ne répond pas. Ou plutôt balaie la question en affirmant que ce qui est fait ne marche pas.

Une mise sous tutelle des collectivités

Clou de son propos : une grande réforme de la fiscalité locale. Que l’on s’y prépare : la suppression de la taxe d’habitation n’est qu’un amuse-bouche. Mais rien de concret dans ce discours si ce n’est, une fois de plus, une injonction à tenir les budgets. Les mauvais élèves -encore !- seront punis. C’est une mise sous tutelle des collectivités qui ne dit pas son nom puisque le président de la République ira jusqu’à oser plaider pour une autonomie renforcée alors que la réforme brutale de la taxe d’habitation renforce l’assujettissement aux dotations de l’État. Quid de l’égalité entre les territoires ? Le terme ne plaît pas à l’hôte de l’Elysée. Pas plus que celui de citoyen, singulièrement absent de ce congrès d’édiles et d’un discours attendu et sans surprise où le maître mot est austérité.

Françoise Verna (La Marseillaise, le 24 novembre 2017)

Un congrès pour essayer de se faire entendre

« Cette fois, pas de réduction brutale des baisses de dotations mais un tour de bonneteau qui fait reposer la promesse du maintien des dotations de l’État sur la capacité de nos collectivités à réduire elles-mêmes leurs dépenses de fonctionnement » : le contenu d’un appel aux Maires de France à « ne pas accepter la mise sous tutelle de nos communes » diffusé durant le Congrès par l’association des élus communistes.

La formule du Premier Ministre -« pas une baisse mais une limitation de la hausse »- pour expliquer les 13 milliards de moins réclamés aux collectivités durant le quinquennat n’a pas convaincu. « Moins de dépenses de fonctionnement, c’est inévitablement moins de services publics pour nos populations » commentent les communistes.

Ce ne sont pas les seuls à être remontés et le Président était attendu de pied ferme (lire ci-dessus). Malgré la cohorte de Ministres -Intérieur, Éducation, Santé,  Environnement…- envoyés en amont pour déminer le terrain, jurant qu’ils respectent la fonction locale, ne sont pas préoccupés par les seules métropoles, n’ont pas l’intention de revenir sur la décentralisation…

En jeu : la participation à la conférence des territoire

Si le Président de l’AMF -François Baroin renouvelé à son poste durant le Congrès- appelle Emmanuel Macron à « corriger le tir », le numéro 2, le socialiste André Laignel, va jusqu’à poser ce qui ressemble à un ultimatum : « S’il n’y a pas de mouvement significatif, je ne vois pas comment l’AMP pourrait participer à la prochaine conférence nationale des territoires » annoncée le 14 décembre prochain à Charleville-Mézières, « notre souhait est d’y être, de négocier, encore faut-il qu’il y ait quelque chose à négocier. Si on nous dit 13 milliards, circulez y’a rien à voir, où est la négociation ? Si on nous dit la réforme fiscale c’est, peut-être pour dans trois ans, où est la négociation ? »

Angélique Schaller (La Marseillaise, le 24 novembre 2017)

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