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Paul Boccara. L’infatigable penseur de l’alternative au capital

L’économiste communiste Paul Boccara, décédé à l’âge de 85 ans, a marqué de son empreinte la pensée anticapitaliste. Y compris après la chute du Mur.

C’est, certes, à l’étendue d’une œuvre sur la longueur qu’on juge l’action politique (ou autre) d’une personnalité. Mais c’est également au moment de l’Histoire durant lequel ces travaux et études ont été menés qu’on mesure la faculté d’abnégation. Nul doute que Paul Boccara fera partie de ces économistes n’ayant jamais baissé pavillon sur leur idéal de transformation sociale. Ni perdu la soif de construire les mécanismes de l’alternative au capitalisme.

Après la chute du Mur de Berlin puis l’auto-désintégration de l’Union soviétique, il était de bon ton de jeter le bébé avec l’eau du bain. De jeter Marx et sa pensée aux oubliettes de la pensée économique. Ils ont été nombreux les « pro » d’avant à se transformer en « anti » d’après. Assurément, Paul Boccara, économiste communiste de renom, ne faisait pas partie de ceux-là.

Evidemment, la crise (et la fin) du socialisme « réel » en Europe de l’est a ébranlé plus d’une certitude. La facilité aurait été de courber l’échine, de se laisser endormir par le discours sur « la fin des idéologies ». Ou chercher à rebondir. Ce fut le choix de Paul Boccara, entouré d’une série de chercheurs et passionnés au sein de la commission économique du Parti communiste français (PCF) dont les travaux étaient régulièrement publiés dans « Eco-po », comme on appelle chez les communistes la revue du PCF « Economie et politique » dont il a longtemps été un animateur.

Alors oui, parfois, certaines idées développées par sa commission ont pu interpeller, interroger. Elles ont parfois même été snobées. Et ce alors que le PCF lançait sous la direction de Robert Hue le chantier de « la Mutation ».

Pour une pensée communiste dans un monde globalisé

Sans relâche, Paul Boccara aura tenter de construire et solidifier une pensée économique communiste de fin du XXe et du XXIe siècles en vue de dépasser le capitalisme en ces temps de révolution informationnelle. Car si le capitalisme ne semblait jamais avoir été aussi fort et libre de se développer, les signes de contestation n’avaient peut-être été jamais aussi nombreux.

Ses travaux ont été vastes. Certains vulgarisés pour mieux être diffusés parmi les militants politiques de gauche et syndicalistes en proie aux ravages du libéralisme. Si aujourd’hui, le concept est repris par beaucoup, c’est de lui que provient le projet de sécurité d’emploi et de formation pour les salariés.

« Paul avait le sens de l’Histoire » a indiqué Pierre Laurent, le Secrétaire national du PCF dans un message d’hommage. « Il a fait œuvre de novation, il cherchait à ouvrir vers le XXIe siècle à "monter sur les épaules de Marx" pour pousser plus loin la dynamique contradictoire du capitalisme et de ses crises au XXIe siècle ».

Et de saluer celui qui « a toujours cherché à articuler les enjeux de transformation radicale de la sphère économique à ceux de la sphère "anthroponomique" (…) jetant ainsi des bases pour une convergence possible de toutes les luttes (féminisme et de genre, écologique, immigration, paix, ...) avec les luttes sociales ».

Sébastien Madau smadau@lamarseillaise.fr (La Marseillaise, le 28 novembre 2017)

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