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La commune, dernier rempart !

La fin de l’année approche et les budgets des collectivités territoriales ne sont pas à la fête.

Le gouvernement l’a bien senti et malgré la grogne des Maires, poursuit sa politique du pire. Les communes s’apprêtent à de nouvelles coupes budgétaires et les effets de ciseaux ne sont pas qu’une métaphore, quand on n’a plus de quoi joindre les deux bouts.  La politique fiscale annoncée par le Président de la République va à l’encontre des intérêts des Français…

En aggravant considérablement la situation financière des collectivités territoriales, Emmanuel Macron a entamé sa croisade contre ce qui reste de nos solidarités. Promesse de campagne, la suppression de la taxe d'habitation débutera par une première baisse de 30% en 2018 puis de 65% en 2019 et 100% en 2020. Cela représentera un coût de 3 milliards d'euros l'an prochain, puis 6,6 milliards d'euros, et 10,1 milliards en 2020. Un gouffre pour les budgets des communes, des conseils régionaux et départementaux ! Une tragédie pour les territoires en souffrance. Mais qui pour faire le lien entre besoins et financement ? Qui pour dénoncer le glissement antidémocratique qui s’opère dans cette assèchement des finances publiques.

Pour le Maire communiste de Montreuil et Président de l’ANECR Patrice Bessac, cette politique va plonger les collectivités dans une situation financière critique et seront dans l’incapacité de répondre aux besoins des populations. Quels financements pour combler le manque de logement sociaux ? Quelles politiques de la ville pour répondre aux inégalités croissantes ? « Nous disons aux maires qu’il faut se solidariser pour refuser les baisses des dotations…».  Mais est-ce suffisant ?

Sous le prétexte du pouvoir d’achat, ce gouvernement nous sert un cadeau empoisonné, mais  une recette qui fonctionne et qui oppose l’individu au collectif, pouvoir d’achat contre dépenses publiques. Une vieille recette que Sarkozy avait fait sienne lors de la réduction du nombre de profs dans nos écoles « moins nombreux, mieux payés »… On observe maintenant les dégâts.

La liquidation de la taxe d’habitation  va produire l’effet contraire de celui annoncé et que l’on connait en particulier sur les plus modestes, dans l’augmentation de la CSG pour compenser les manques de la politique fiscale de ce gouvernement. Dans l’impossibilité aux communes de répondre aux attentes des plus vulnérables, sur les questions du logement, des transports, de la proximité et l’accès aux services publics.

La cure d’austérité qui s’est enclenchée depuis plusieurs décennies n’a produit qu’appauvrissement des territoires et cela contrairement aux annonces des gouvernements successifs qui ont appliqué à la lettre les recommandations de Bruxelles sur l’endettement public et les critères dit de « stabilité ».

Ce que nous oublions bien souvent, c’est que ce sont les gouvernements et les Ministres en question qui s’accordent sur ces politiques, et couramment sans consultation nationale. Il est donc illusoire de penser que ceux qui sont au pouvoir actuellement aient la moindre volonté de changer quoi que ce soit dans les politiques ultralibérales qui sont conduites à Bruxelles !

Pour Marie-George Buffet la taxe d’habitation n’est pas la panacée certes, mais elle existe et il faut l’améliorer plutôt que de la supprimer : « il faut revenir sur la baisse des dotations, en engageant la révision des valeurs locatives, en intégrant des critères sociaux et environnementaux à la contribution économique territoriale (CET) et en consolidant la péréquation pour l’égalité des territoires ». Des propositions qui tranchent avec la politique du Président Macron et son toilettage fait de veilles recettes ultralibérales.

Philippe Galano

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