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L’édito du TC par Nicole Gaspon. L’information à la peine

En cette période de commémoration des attentats de janvier 2014, nous pensons fortement aux victimes de Charlie Hebdo, de l’Hyper Casher, à la jeune policière de Montrouge.

Loin de nous l’idée d’établir une hiérarchie entre les victimes, mais la période, l’anniversaire de l’assassinat de dix membres de la rédaction d’un journal, et la situation du dit journal aujourd’hui, posent des questions cruciales sur la presse et l’information dans notre pays. Entre temps, l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron suscite de nouvelles inquiétudes.

A Charlie Hebdo les menaces de mort sont toujours là, les survivants travaillent dans des conditions épouvantables. Riss les décrivait dans un entretien à L’Humanité, surveillance policière constante, siège du journal transformé en forteresse… Peut-on, ainsi, faire vraiment son travail de journaliste ? Satirique ou non ? Voici qu’en France, au XXIe siècle, la sécurité des journalistes est en péril, on peut se faire assassiner pour une critique de la religion ! Voilà, poussée au paroxysme, la difficulté de la presse d’opinion. S’interrogeant sur l’avenir de son hebdomadaire, Riss évoquait le problème de la liberté de la presse, se demandant si, à la longue, ne subsisteraient pas que les journaux détenus par les grands groupes.

Sujet qui, au Travailleur Catalan, nous parle.

Dans une tonalité nettement moins grave, mais préoccupante, sont arrivés les propos de Macron lors de ses vœux à la presse. Le président part en guerre contre les « fake news », fausses nouvelles, rumeurs, annonçant une loi pour « renforcer le contrôle sur Internet en période électorale ». De quoi émouvoir plusieurs responsables politiques et chercheurs. Ainsi Pascal Froissart, enseignant-chercheur en communication, qui, interrogé par Le Monde, déclarait : « donner la responsabilité à l’État ou à l’institution judiciaire de dire le vrai du faux, voilà le grand danger de la chose. » Pour lui, donner davantage de moyens à la cybersurveillance serait préférable et nécessaire. Pour d’autres, c’est d’un service public d’Internet dont nous avons besoin.

Ce ne semble pas être la voie suivie par l’exécutif (voir aussi le dénigrement par Macron de l’audiovisuel public) dont on peut craindre la volonté de renforcer le pouvoir de l’État sur l’information.

Il est des vérités intangibles, la presse ne doit être sous la coupe ni des religieux, quels qu’ils soient, ni des puissances d’argent, ni du pouvoir politique.

Encore un combat à mener en 2018.

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