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En Catalogne bras de fer pour un fauteuil

Le parti de Carles Puigdemont veut le faire réélire à la tête du gouvernement régional sans qu’il revienne de son exil belge.

Les deux principales forces indépendantistes, Ensemble pour la Catalogne (JxCat) dirigée par Carles Puigdemont, et la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), tentent de le faire réélire chef de l’exécutif par le nouveau parlement issu des élections régionales du 21 décembre et dominé par les séparatistes. JxCat envisage qu’il soit investi par vidéoconférence, ou en faisant lire son discours de candidature par un suppléant, une option contestée par de nombreux juristes, les partis anti-indépendantistes et le gouvernement à Madrid. « Nous étudions tous les instruments permis par le règlement du parlement de Catalogne », a déclaré vendredi à Bruxelles la directrice de campagne de M. Puigdemont, Elsa Artadi, interrogée sur la possibilité d’une investiture du dirigeant sans sa présence dans l’hémicycle, après une réunion de l’ex-Président avec une vingtaine d’élus de sa liste.

Quoiqu’il arrive, Carles Puigdemont ne rentrera pas en Espagne « pour aller en prison ». L’ex-Président, destitué par Madrid, est poursuivi pour rébellion et sédition et risque d’être arrêté s’il rentre en Espagne.

Madrid a prévenu qu’il saisirait la Cour constitutionnelle si M. Puigdemont tentait de se faire élire à distance. Prétendre se faire investir à distance est « irréalisable, cela va à l’encontre les textes juridiques mais surtout du sens commun », a déclaré vendredi le porte-parole du gouvernement Inigo Mendez de Vigo, soulignant que l’investiture supposait la présence « réelle » du candidat. « Le gouvernement déposerait immédiatement un recours contre quelque tromperie que ce soit dans ce domaine, sans aucune hésitation ». « Nous n’allons pas per- mettre que le règlement du Parlement soit piétiné pour une investiture par Skype d’un fugitif », a déclaré Albert Rivera, président de Ciudadanos, première force d’opposition aux indépendantistes.

Le parlement régional doit tenir sa séance inaugurale le 17 janvier et le premier débat d’investiture devra avoir lieu le 31 au plus tard. Il n’est toujours pas certain que tous les Députés pourront voter, certains se trouvant à Bruxelles et d’autres en prison. Vendredi, un juge de la Cour suprême a refusé aux trois députés élus actuellement en détention provisoire le droit de participer à la session inaugurale du 17 janvier. Ils pourront néanmoins déléguer leur vote à d’autres élus, selon la décision du juge. La clé du problème réside dans l’interprétation du règlement du Parlement. Le parti socialiste catalan, anti-indépendance, a demandé aux juristes de la chambre régionale de se prononcer. Selon le journal La Vanguardia, ces juristes sont unanimes à « soutenir que l’investiture du Président de la Generalitat (Exécutif catalan) doit se faire en sa présence ».

La Marseillaise, le 13 janvier 2018

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