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Vœux des communistes des Pyrénées-Orientales. Allocution de Nicolas Garcia

Mesdames et Messieurs, Chers amis, Chers camarades,

Je veux d’abord présenter à chacune et chacun d’entre vous mes meilleurs vœux de bonheur, de réussite et d’épanouissement personnel pour vous, pour vos proches, et bien sur vœux de santé pour réaliser vos projets, vos luttes… Nous sommes de ceux qui prônons et militons en faveur du bonheur pour tous, alors vous comprendrez que j’ai aujourd’hui :

Une pensée pour nos camarades et êtres chers empêchés malades ou disparus en 2017.

Une pensée pour tous les prisonniers politiques : les palestiniens Marwan Bargouti et Salah Hamouri mais aussi plus près de nous les 4 catalans injustement emprisonnés.

Enfin une grosse pensée pour les enfants blessés ou morts dans l’accident entre un bus de transport scolaire avec un train de voyageurs qui a eu lieu à Millas.

Un récent rapport sur les inégalités mondiales, publié en décembre, confirme que 1% de la population mondiale possède autant que les 99% autres, ce chiffre nous ramène au livre 99% écrit par notre secrétaire national, Pierre Laurent, en 2017.

Nous n'acceptons pas ce monde !!!

Notre combat, est celui du droit au progrès pour chaque être humain, le droit de vivre dignement en choisissant sa vie, le droit au progrès social, écologique, féministe pour toutes et tous, dans notre pays, la France, comme sur toute la planète, le droit pour chacun d’avancer dans la solidarité.

Et même si les temps politiques n’y sont pas propices, l’époque, elle, nous y appelle. Les communistes ne veulent pas renoncer à leur utopie, à leur rêve, à la force de la raison de Marx, qui reviendront rapidement, comme me le disais un manifestant hier place de catalogne. Comme lui, j’ai la conviction que nos rêves et nos utopies formeront un jour, qui, malgré les apparences n’est peut être pas si loin, le grand projet commun du droit au progrès pour chaque être humain.

Nous vivons l'époque où les révolutions techniques, scientifiques, démographiques, numériques offrent des possibilités inégalées d'épanouissement de toutes les capacités humaines : vivre dignement de son travail, se loger décemment, aspirer à une bonne santé, faire des projets d'avenir, décider librement, se former, se cultiver, changer de métier, d'activité, créer, participer à la vie de la cité…

Cette situation entre ce qui se fait et ce qui est possible fait qu’en tous les domaines, nous sommes à l'heure des choix pour l'humanité.

Ceux qui gouvernent la France, l’Europe et le monde font des choix différents aux nôtres et contraire aux intérêts de la majorité des peuples du monde et du peuple français. De la bêtise raciste et criminelle de Donald Trump à l’arrogance du PDG de Lactalis, 8ème fortune française qui fait partie des fameux 1%, en passant par l’inhumanité de Gérard Collomb contre les migrants et les associations qui les prennent en charge, tout démontre que les orientations prises n’ont rien d’humain.

Un nouveau monde frappe à la porte, une nouvelle époque est possible, il s’agit l’écrire ensemble.

La modernité d’Emmanuel Macron, n’est que la version colorisée des vieux scénarios d’exploitation au service de la finance. Et malgré les enquêtes d’opinion actuelles qui semblent lui être favorable d’aujourd’hui, la politique mise en œuvre décevra de plus en plus. Qui peut croire par exemple que le droit massif de licenciement donnera satisfaction aux salariés ? Nous lui opposons le droit de travailler dignement, utilement pour la société, de s’épanouir au travail grâce à la formation avec un salaire digne de ce nom et du temps pour vivre.

C’est cela qui est moderne !

La grande bataille pour le progrès humain contre la soumission à la finance est le fil conducteur de l’activité communiste, le fil conducteur du congrès extraordinaire du PCF qui aura lieu en Novembre.

Tout au long de 2018 nous travaillerons à construire ce grand combat du progrès humain au travers d’initiatives diverses comme les Etats Généraux du numérique en mars ; les assises pour l’écologie début mai ; la convention nationale pour l’art, la culture et l’éducation populaire fin septembre.

De quoi s’agît-il ? Cinquante ans après 1968, nous proposons de reprendre le chemin de nouvelles audaces sociales et démocratiques contre tous les prêts-à-penser idéologiques.

Car pour nous Le 21ème siècle est celui qui posera comme jamais à la planète toute entière la question de la modification en profondeur  des rapports sociaux.

Nous voulons avec le monde du travail, abîmé par la crise, renouveler le pari de l'anticipation, de la modernité qui fut celui du manifeste de Marx et Engels.

Parce que le maintien des privilèges n’a rien avoir avec le modernisme, nous choisissons le parti de la démocratie, c'est-à-dire du pouvoir partagé de tous, le parti du « nouveau monde » qui pousse, émerge, pour en libérer toutes les potentialités et entrer dans une période nouvelle de véritables progrès sociaux. Je ne pense pas évoquer là de vieux rêves éculés, mais bien une transformation indispensablement sociale et environnementale de la société. Je pourrais prendre de nombreux exemple dans l’actualité comme ce qui se passe à Lactalis dont le PDG, Emmanuel Besnier pèse, comme on dit, prés de 10 milliard d’€ et qui en écrasant le prix du lait payé aux agriculteurs, en a fait ses otages avec droit de vie ou de mort sur la filière. Comment le système capitaliste a-t-il pu mettre dans une telle dépendance, paysans et consommateurs ?

Plein de questions se posent !

Comme celle du montant du chèque d'économies sur son ISF que va toucher Emmanuel Besnier grâce à Emmanuel Macron, Bruno Le Maire et Gérald Darmanin ?

La crise Lactalis, interroge également sur un système hyper-productiviste visant toujours plus de profit, sur le mode de consommation auquel nous astreint ce système devenu fou, enfin sur l’idée qu’aujourd’hui social et écologie ne doivent faire qu’un.

De même ce système, cette  société ultralibérale n’assume pas l’indispensable humanité due aux plus anciens de nos concitoyens, aux personnes touchées par la dépendance ou le handicap, elle ne se donne pas les moyens de montrer son degré de civilisation car elle privilégie l’austérité au seul profit de la rentabilité financière, du remboursement de dettes injustes, de servitudes aux marchés financiers, avant le bien être de ses personnes âgées. Vous avez comme moi entendu hier dans les rues de Perpignan et de France le cri des personnels hospitaliers et des EPHAD qui résonne d’ailleurs depuis des mois.

« Entre les protocoles et les procédures administratives, je n’ai plus le temps de faire mon métier de soignante ! »
« Dans la réalité, nous avons moins de 5 minutes pour l’aide à la toilette ou l’aide au repas en Ehpad… C’est inhumain ! »
« Les contraintes financières modifient profondément notre travail… »
« Les temps de prévention et d’éducation sanitaire ne sont pas financés… ».

Face à tout cela nous communistes, nous disons que ce monde n'est pas le seul possible.

Mettre fin à la prédation de la finance, réinvestir dans le développement des capacités humaines, reconquérir le pouvoir de décider dans l'entreprise et dans la cité, voilà comment nous voyons le monde pour lequel nous nous battons, convaincus qu’il y a suffisamment d’argent et qu’il faut l’orienter autrement en changeant de logique de développement.

L'évasion et l'optimisation fiscales sont un racket permanent, 80 milliards d'euros pour la seule évasion fiscale évaluée pour notre seul pays.

De ce point de vue nous ne voulons rien lâcher, le groupe communiste au Sénat déposera le 7 mars un projet de loi, déjà adoptée à l'Assemblée nationale grâce à nos députés. Il consiste à mettre en place une COP fiscale, proposition des frères Bocquet député et sénateur communistes.

Le PIB de la France est de 2200 milliards d'€. Pour comparaison, la capitalisation boursière du seul CAC 40 atteint 1200 milliards d'euros et dégage 73 milliards d'euros de profit.

Il est là l'argent qui manque aux budgets publics, aux salaires, aux cotisations sociales !

Les exonérations d'impôts aux entreprises, notamment les plus grandes, CICE, CIR, cadeaux fiscaux… représentent cumulés un manque à gagner équivalent à 25% du budget de l’État.

Notre vrai problème n’est donc pas de trouver de l’argent, mais de le récupérer pour satisfaire aux besoins humains, seul vrai vecteur de bien être, de paix, de sécurité, de progrès et même de richesses. Le gouvernement veut mettre en œuvre le contraire, c’est du moins ce qu’à dit le très libéral et très réac Bruno Lemaire. Je le cite : « Nous allons rendre 400 millions d'euros aux 1000 premiers contributeurs de l'ISF ».

Parlons-en de ces 1000 premiers contributeurs !

Les 10 plus grandes fortunes de France détiennent 240 milliards d'€.

Les 100 premières fortunes de France, 439 milliards d'euros. En France, 100 personnes détiennent autant d'argent, que ce qu'1 million de smicards gagneront durant toute leur vie.

Et c'est la même chose dans le monde entier.

1% des plus hauts revenus capte à eux seuls 27 % de la croissance mondiale, parmi eux on trouve aussi les plus gros pollueurs de la planète. Alors que la moitié de la population de la planète capte à peine 12 % de la croissance mondiale.

Le paradis des riches existe bien sur terre, « il est l’enfer des pauvres » écrivait Victor Hugo !

Le président des riches n’en reste pas là, pour enrichir encore plus la classe sociale qui est la sienne, il précarise l'emploi et facilite le licenciement, il tape toujours sur le même clou.

Il ne fait pas autre chose quand il prend 5 euros par APL dans la poche de ceux qui n'arrivent déjà pas à boucler leurs fins de mois et demande aux bailleurs sociaux de compenser le désengagement de l’État à hauteur d'1,5 milliard d’€, argent qui bien évidemment n’ira pas aux réhabilitations, constructions neuves et au bien être des locataires.

Il ne fait pas autre chose quand il offre 4,6 milliards d'euros de cadeaux fiscaux aux plus riches dans le budget de l'État 2018 et qu’il prend autant dans la poche des retraités via la CSG.

Le problème de la France, ce n'est pas son soi-disant déclin ou appauvrissement. Le problème de la France, c'est que le travail du plus grand nombre fait la richesse d'une poignée d'autres et ce gouvernement, comme les précédents, n’oriente pas l'argent vers le développement de notre pays, ni vers la satisfaction des besoins humains.

Voilà ce qu’est Macron ! Macron c’est tout ce que je viens de décrire et plus encore !

Nous devons le dénoncer, le démasquer sans se laisser impressionner par les enquêtes d’opinion, ce sont des hirondelles qui n’annoncent pas forcément le printemps pour le Président. Il a beau être à 49% d’opinions favorables, il a perdu 5 points depuis le début de l’année. Ca ne va pas dans les prisons, ça ne va pas dans la police, ça ne va pas dans le service public, ça ne va pas dans les écoles, ça ne va pas dans les collectivités territoriales, totalement asphyxiées par la perte de leur recettes comme la taxe d’habitation, par la limitation de leur dépenses de fonctionnement et d’investissement et mise littéralement sous tutelle de l’État, ça ne va pas dans les foyers de retraités qui pour certains sont ponctionnés de 50, 80 voir 100€ de CSG chaque mois. Le président du tribunal de commerce de Perpignan, un certain Blandinières, a beau entonner un « tout va très bien madame la marquise ! » qui ne convainc personne, le procureur et le président des tribunaux pénal et correctionnels de Perpignan lancent un cri d’alarme inédit dénonçant une situation intenable pour la justice, en particulier ici.

Oui c’est ça Macron !

Force de résistance et de proposition, nos parlementaires sont à pied d’œuvre, comme Pierre Dharréville, Laurence Cohen, Dominique Watrin sur l'hôpital et les EPHAD qui seront une de nos grandes causes en 2018.

Qui peut encore croire que la modernité consiste en continuer à sacrifier ces secteurs?

L'investissement dans les nouvelles générations, dans la formation, l'avenir,  Emmanuel Macron s’en gargarise.

Pourtant, ce qui attend les bacheliers en juin 2018 est extrêmement inquiétant. Le « Plan Etudiants » légalise, renforce et généralise la sélection à l’entrée de l’université.

Nous avons besoin de former plus de médecins, d'enseignants, d'ingénieurs, d'agronomes. C’est un investissement !

La formation, la culture, c'est ça qui est moderne !

Contrairement à cela, Macron accélère la politique d’assèchement financier initiée par les gouvernements précédents.

Il propose 1 milliard pour le quinquennat, là où les présidents d’université disent qu’il en faut 5 et les syndicats de personnels et d’étudiants en réclament 10.

Il y a, là encore, une belle bataille d'avenir à mener.

Faire le choix du progrès social est un choix de civilisation dont dépend au fond la survie de l'Humanité. En effet plus personne de sensé ne peut nier que la recherche effrénée du profit immédiat, couplée à une économie ultra libéralisée sous domination des marchés financiers mène à une triple catastrophe, sociale, écologique et démocratique.

Les richesses produites par le travail des peuples sont captées et s’accumulent chez les très riches. Elles échappent, via le fonctionnement de la finance mondiale et les paradis fiscaux, aux budgets nationaux de solidarité, d’éducation et aux lois traditionnelles de la société.

S’attaquer à ce système d’exploitation et au pillage de la nature, construire l'humanité de demain, devient une urgence.

Le pouvoir de l'argent, qui s’abrite dans les paradis fiscaux, dans les sièges des multinationales, dans les coulisses de Bruxelles, nous voulons aller le chercher pour le mettre au service du progrès social en France et en Europe.

A l'heure où Donald Trump affiche son mépris à l'égard des peuples du monde, la France se doit de porter une autre ambition que la défense de ses seuls intérêts ou pire, le repli nationaliste ou xénophobe.

Les droits humains, les droits des peuples ne peuvent être une monnaie d'échange à la table des puissants.

Les droits des migrants, des peuples kurde ou palestinien ne sont pas négociables.

D’ailleurs la France se grandirait en reconnaissant au plus vite l’État de Palestine.

Dans cette crise, la montée de l’extrême droite comme des populismes réactionnaires menacent la possibilité de poussées transformatrices progressistes.

Dans ce contexte nous préparons l'élection européenne de 2019 avec une grande ambition.

Le PCF a écrit à toutes les forces susceptibles de travailler avec lui à une telle perspective, pour échanger sur cette échéance électorale cruciale. Dans notre département nous avons travaillé toute l’année 2017 à retisser des liens entre les forces de la transformation sociale et environnementale. Malgré le refus de France Insoumise de participer à nos échanges nous avons pu avec nos amis du NPA, de EELV, de Génération’S, de l’ERC, de la CUP et de quelques autres réfléchir à l’alternative et cela s’est traduit par une belle initiative à Alénya. Elle en appelle d’autres.

Notre Conseil national, réuni fin mars, décidera d'importantes initiatives au sujet des européennes. Pour l’heure je vous invite toutes et tous à vous engager dans les batailles que nous menons. Pour celles et ceux qui n’ont pas encore rejoint notre organisation je les invite à le faire, à s’abonner à nos journaux l’Huma et le Travailleur Catalan, à participer aux séances de l’UPTC, à investir nos initiatives publiques. A celles et ceux qui sont déjà membres du PCF, je dis beaucoup dépends de vous, le potentiel est énorme, invitez vos voisins, vos amis, vos parents, les personnes aux cotés desquelles vous marchez dans les manifs, vous luttez dans les entreprises, vous militez dans les associations, à rejoindre le combat pour un monde et une vie meilleurs ; à rejoindre le parti communiste Français pour être plus fort, plus armé dans cette bataille. Ne doutez pas du bien fondé de ce que vous portez car comme le confirme le sondage de Viavoice publié le 24 janvier dernier, pour 32% des jeunes le communisme est d’actualité et pour 56 % des sondés la lutte des classes est toujours d’actualité. Beaucoup dépend donc de la capacité que nous auront, qu’auront celles et ceux qui prétendent transformer la société d’offrir une perspective politique crédible à notre peuple. Dans la France d’aujourd’hui, avec la 5ème république, son mode électoral, ses institutions, cela pose à toutes les forces anti libérales la question du rassemblement et de son contenu.

Chers amis, chers camarades

Le Parti communiste prépare un Congrès extraordinaire pour fin novembre 2018. Il le fait portes et fenêtres ouvertes, dans l'action, sans repli sur soi, ni fuite en avant, toujours conscient qu’il ne veut être ni celui qui veut tout changer sans rassembler personne, ni celui qui veut rassembler tout le monde pour ne rien changer, mais bien celui qui veut rassembler un maximum de monde pour changer un maximum de choses,

Pablo Neruda écrivait :
« Il meurt lentement
Celui qui ne change pas de cap
Celui qui ne prend pas de risques
Pour réaliser ses rêves »

Et bien, avec de la combativité à revendre, nous avons la volonté de réinventer le Parti communiste et la gauche dont notre peuple a besoin. Nous voulons nous ouvrir à beaucoup plus de monde, construire une boule de neige militante contre les politiques libérales, bâtir une politique de rassemblement à partir d’objectifs de transformation sociale et environnementale. Afin de construire un nouvel avenir d'émancipation humaine et  comme l’écrivait encore le grand poète chilien « faire avec notre peuple ce que fait le printemps avec les cerisiers. »

Bon any a totes y tots, bonne année à toutes et à tous.

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