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Guillaume Roubaud-Quashie. « Nous voulons rassembler pour dépasser le capitalisme »

Guillaume Roubaud-Quashie est membre du comité exécutif national du PCF. Il anime des débats sur la délicate question du rassemblement dans la perspective du congrès extraordinaire qui se tiendra en novembre.

La Marseillaise. Vous distinguez rassemblement et alliance électorale. Qu’est-ce à dire ?

Guillaume Roubaud-Quashie. C’est très simple, notre objectif de communistes est le dépassement du capitalisme parce qu’il nous mène dans le mur. Il épuise notre planète et entrave la poursuite du développement de l’humanité. Nous voulons rassembler tous ceux qui ont intérêt au dépassement du capitalisme et, de façon très immédiate, au progrès social. Nous le savons, une lutte victorieuse suppose le nombre, c’est la force de notre classe. Nous ne limitons donc pas la question de rassemblement aux seuls moments électoraux et aux alliances. Nous voulons rassembler dans la durée les salariés et au-delà ceux que Pierre Laurent a appelé les 99% et qui subissent la domination d’une part infime de la population.

La Marseillaise. La séquence électorale de 2017 a été douloureuse pour les communistes, quelles leçons en tirez-vous ?

Guillaume Roubaud-Quashie. Le candidat que nous avons soutenu à la présidentielle a réalisé un bon score mais l’élection d’Emmanuel Macron et le score que nous avons réalisé aux législatives -le plus mauvais de notre histoire- sont en effet des éléments négatifs. Néanmoins, grâce à notre implantation, nous avons réussi a maintenir deux groupes parlementaires. La construction que nous avons élaborée depuis 2008, c’est à dire le Front de gauche, a été décrétée forclose par celui qui a été notre candidat à deux reprises. Nous avons par la suite été confrontés à des fins de non-recevoir très brutales en Corse. Dans la perspective des européennes nous avons rencontré Ensemble, Générations, le MRC, République et socialisme, Diem 25 le mouvement de Varoufakis mais les insoumis n’ont pas pour l’heure donné suite à notre demande. La France insoumise se construit en hérisson, elle refuse tout rapprochement. Nous n’en tirons pas la leçon qu’il faudrait pour autant renoncer à tout rassemblement.

La Marseillaise. À la suite de la législative partielle dans le territoire de Belfort, Jean-Luc Mélenchon a estimé que l’union de la gauche est « un étouffoir ». Partagez-vous cette assertion ?

Guillaume Roubaud-Quashie. Les faits sont têtus. À Belfort comme dans le Val-d’Oise où il n’y avait pas d’unité, les scores sont très préoccupants et le peuple progressiste n’a pas trouvé d’incarnation majoritaire. L’union de la gauche telle que nous l’avons élaborée par le passé ne peut pas être simplement répétée car le total gauche est très réduit et parce qu’elle a aussi engendré des déceptions lourdes. La question fondamentale c’est : comment fait-on pour changer la situation actuelle ? Emmanuel Macron mène des réformes qui sont toutes minoritaires et nous n’arrivons pas à le stopper. Nous ne voulons pas l’union pour l’union mais l’union pour changer. Cela passe par l’essor et le redéploiement du Parti communiste et par une dynamique de rassemblement large sur des contenus déterminés.

La Marseillaise. Les luttes sociales sont nombreuses mais éparses comment comptez-vous contribuer à les rassembler ?

Guillaume Roubaud-Quashie. Les états généraux du progrès social que nous avons tenus en région parisienne sont une première étape. Il faut faire converger les luttes et leur donner de la force en pensant un projet de société.

Propos recueillis par Léo Purguette (La Marseillaise, le 19 février 2018)

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