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La première séance plénière du parlement catalan convoquée

Ciutadans, PP et PSC sont déterminés à faire échouer l’investiture.

Le pacte entre ERC, Junts per Catalunya (JxC) et la CUP est sur le point d’être conclu, annonçait hier le porte-parole d’Esquerra Republicana de Catalunya (ERC) Sergi Sabrià. En conséquence, deux mois et demi après les élections du 21 décembre dernier, la première séance plénière du Parlement catalan a pu être convoquée pour ce jeudi 1er mars par le président du Parlement catalan, Roger Torrent. À l’ordre du jour, la proposition du principal parti de la majorité, JxCat de voter que le candidat à la présidence de la Generalitat Carles Puigdemont est le Président « légitime ». Sous le coup d’un mandat d’arrêt pour sédition et rébellion, ce dernier ne peut se rendre à Barcelone pour y être investi. Un autre élu, choisi par lui, devrait être investi à sa place.

Débat houleux en prévision

Les négociations ont été laborieuses, explique le porte-parole d’ERC non seulement parce qu’il fallait arrêter une « feuille de route » entre JxCat, ERC et la CUP, mais aussi tomber d’accord sur la répartition des postes entre les deux principaux partis indépendantistes, et par-dessus le marché, jongler avec les difficultés que la distance géographique entre Bruxelles et Barcelone a entraînées. Débat houleux garanti jeudi, les partis de l’opposition -essentiellement Ciutadans, PP et PSC- étant décidés à mettre tous les obstacles possibles à l’adoption de cette proposition inédite.

Tout au long de ces dix semaines de latence, les réseaux sociaux se sont substitués à la combativité de l’ANC et d’Omnium Cultural, dont les leaders sont en prison depuis plus de trois mois. Un débat très intense s’y tient en permanence, donnant une place grandissante au sentiment républicain. Dimanche soir, le convoi des voitures officielles de Sa Majesté le Roi d’Espagne Felipe VI, arrivant au Palais de la Musique où se tenait le dîner de gala d’inauguration du Mobile World Congress, a été salué par l’hymne… républicain diffusé à plein tube depuis un balcon faisant face au bâtiment moderniste, relayé dans la rue par le tintamarre des « casserolades » des milliers de manifestants.

Ada Colau fait des reproches au roi

À l’intérieur, le roi et la Vice-Présidente du gouvernement Soraya Saénz de Santamaría, ont eu un mal fou pour éviter de croiser les regards avec les deux autorités catalanes placées juste devant eux : le Président du Parlement Roger Torrent et madame la Maire de Barcelone, Ada Colau, tous deux ayant ostensiblement boycotté la présence du monarque.

Pire, cette dernière, en tant qu’autorité municipale invitante, est allée gronder le roi, auquel elle a reproché d’avoir pris parti contre les Catalans dans son discours du 3 octobre dernier. Interrogée sur la chaîne de radio RAC-1, la Maire (qui n’est pas indépendantiste, mais proche de Podemos) a invoqué le droit de critiquer toutes les institutions, monarchie comprise : « Je lui ai dit qu’il devrait comprendre que la situation est anormale et difficile, car les gens se sont sentis meurtris ». Ada Colau juge qu’à la suite de la répression contre les votants du référendum du 1er octobre, « il fallait faire un geste politique » et que, selon elle, « il doit être possible de critiquer les actions de tous les détenteurs d’autorité, comme on le fait pour moi, en tant que Maire de la ville ». Selon elle, le roi lui a répondu que son devoir était « de défendre la Constitution et le Statut (d’autonomie de la Catalogne) ».

Joana Vius (L’Indépendant, le 27 février 2018)

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