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École Jean-Petit à Prades. « C’est une onde de choc humaine ! »

Le glas a sonné, le vendredi 16 février pour les parents d’élèves, enseignants, élèves « en guise de bonnes vacances ! », a souligné ironiquement Pascal Marsal, le directeur de l’école Jean-Petit dont la colère n’est pas retombée, dix jours après l’annonce. En effet, une classe de cycle 3 va bien fermer, elle aussi, l’an prochain. De fait, concernant Prades le combat mené par les parents d’élèves, l’argumentaire rédigé par le directeur de l’école à l’attention de l’inspecteur, celui écrit par le maire de la commune au directeur académique, les éléments humains et fonctionnels énoncés lors de cette commission par le Syndicat national des lycées et collèges (Snalc) et le Syndicat national unitaire des instituteurs, professeurs des écoles (Snuipp 66), syndicats enseignants, n’auront pas pesé dans la balance des postes à récupérer pour pouvoir dédoubler les CP et CE1 en Réseau d’éducation prioritaire (REP) et REP + de Perpignan. Alors, concrètement, qu’est- ce qui va changer pour la rentrée prochaine et que se passe-t-il réellement, sur le terrain, loin de cette bataille virtuelle de chiffres et de moyenne ? « Et bien c’est tout d’abord une enseignante, présente et appréciée depuis plus de dix ans dans cette école, qui va faire ses cartons et laisser une salle de classe vide, rappelle le directeur de l’école. Ce sont en- suite des élèves tristes à cette annonce, qui réalisent qu’ils n’auront jamais cette maîtresse de CM2 qu’ils côtoyaient et qu’ils aimaient avant même de l’avoir eue. Puis, c’est une équipe pédagogique dépitée, qui travaillait avec cette personne sur de nombreux projets, de nombreux échanges de services, et qui est de fait complètement démotivée ».

Et c’est enfin un directeur déçu, qui perd un appui de taille, une pièce maîtresse dans l’articulation du rouage Éducation nationale, « Car dans une équipe, tout le monde a des tâches précises et cette dernière avait en charge tous les liens et projets entre le primaire et le secondaire, à savoir l’harmonisation entre le CM2 et la sixième au collège ».

« Non remplacée sera l’enseignante mais en outre l’effectif par classe va augmenter : la prise en charge de la difficulté scolaire, des élèves en situation de handicap, des élèves de l’Unité localisée d’intégration scolaire (Ulis) ainsi que les élèves allophones arrivants (UPE2A) va sérieusement se compliquer… », reprend Pascal Marsal qui conclut par ses mots, très durs : « C’est une onde de choc humaine qui, tel un tremblement de terre, ébranle un très grand nombre de personnes adultes mais également des enfants ».

Valérie Pons (L'Indépendant, le 28 février 2018)

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