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Le retrait de Puigdemont ne règle pas la crise avec Madrid

Le Président destitué a déposé une plainte auprès de l’ONU.

Dans la soirée de jeudi, juste après la fin du débat au Parlement de Catalogne, au cours duquel la majorité indépendantiste a adopté la proposition du parti JxCat d’instaurer à Bruxelles un gouvernement et une assemblée d’élus catalans, le Président déchu de la Generalitat a annoncé depuis son nouveau lieu de résidence qu’il renonce « provisoirement » à présenter sa candidature à l’investiture à la Présidence de la Generalitat. Par la même occasion, Puigdemont a dévoilé que JxCat a désigné Jordi Sanchez, second de sa liste après lui. Encore un candidat « problématique ».

L’appel d’Ada Colau

Ada Colau, la Maire de Barcelone, lançait hier un appel aux partis indépendantistes afin qu’ils mettent fin à la longue parenthèse d’une Catalogne orpheline de toute direction politique autonome, en leur demandant de mettre en place rapidement « un gouvernement réaliste et viable ».

Le porte-parole du gouvernement espagnol, Íñigo Méndez de Vigo et le Ministre de la justice Rafael Catalá ont comparu ensemble hier matin devant les médias à Madrid, pour qualifier de « farce » ou de « non-sens », cette nouvelle candidature. La Vice-Présidente Soraya Saénz de Santamaría y est allée de son tweet personnel : « Nous ne permettrons pas la création de structures parallèles, ni qu’un seul euro public aille à Bruxelles » Puigdemont s’est empressé de répondre que ces opérations sont financées par des dons privés ou personnels. Chez les socialistes, l’ex-ministre Carmen Calvo réclame une « présidence faisable et légaliste » dans le cadre du Statut d’Autonomie de la Catalogne et de la Constitution espagnole.

Plaintes auprès de l’ONU

Puigdemont a annoncé dans son allocution qu’une équipe d’avocats internationaux a présenté en son nom une plainte pour violation de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme des Nations Unies. « Rien ne justifie la kyrielle d’abus commis par l’État espagnol, ces derniers temps. Il est temps de passer à l’action afin que ces abus ne restent pas impunis », s’est indigné Puigdemont. Le rythme annoncé sera d’une plainte par mois, à différents organismes internationaux, jusqu’à ce que Jordi Sanchez, Jordi Cuixart, Joaquim Forn et Oriol Junqueras soient relâchés.

Quant à lui, il a terminé son allocution en espérant pouvoir rentrer en Catalogne un jour prochain, « en tant qu’homme libre ».

Le juge décidera

La balle est donc dans le camp du Tribunal Suprême et du magistrat Pablo Llarena qui conduit l’instruction de la grande « Cause générale pour sédition et rébellion ». Si la prévisible nouvelle demande de sortie de la part de Jordi Sanchez pour être investi Président de la Generalitat est refusée, les avocats de Puigdemont adresseront une nouvelle plainte auprès du Comité des Droits de l’Homme des Nations Unies.

Par ailleurs, en vertu de l’accord adopté jeudi par la majorité parlementaire indépendantiste, visant à créer des institutions catalanes « à l’ombre » de l’exil bruxellois, Puigdemont a annoncé qu’il convoquera « dans les prochains jours, une réunion solennelle des membres du Parlement de Catalogne », destinée à mettre en œuvre « les institutions qui travailleront à la mise en forme de la République catalane, proclamée le 27 octobre dernier ».

Joana Viusà (L’Indépendant, le 3 mars 2018)

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