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8 mars. Dans la rue ou les institutions, le combat au quotidien pour l’égalité

Le gouvernement a appelé la société à « se saisir » de la question de l’égalité hommes-femmes. Des mobilisations ont eu lieu partout en France. Et dans le monde.

« L’égalité hommes-femmes rend les entreprises plus performantes et plus innovantes », a déclaré le chef de l’État en visitant à Paris Gecina, une société foncière présentée comme un modèle en matière de féminisation et d’égalité salariale.

M. Macron a annoncé la mise en place d’« un système de "name and shame" », qui consiste à rendre publics les noms des entreprises ne respectant pas leurs obligations légales, « parce que la stigmatisation fait changer les comportements ».

Peu auparavant, Édouard Philippe avait prévenu à l’issue d’un comité interministériel que « la promotion de la culture de l’égalité entre les femmes et les hommes ne se fera pas seulement par des déclarations officielles, des discours ex catedra à l’école ». « Il faut que tous ceux qui ont quelque chose à dire dans la société s’en saisissent », a ajouté le Premier Ministre en présentant « une cinquantaine de mesures » destinées à faire progresser l’égalité femmes-hommes.

« Paroles, paroles » : sur l’air de la célèbre chanson de Dalida, des militantes féministes ont moqué les promesses de l’exécutif, lors d’un rassemblement de plusieurs centaines de personnes dans l’après-midi, place de la République à Paris. « Paternel, Macron est bla bla bla », ont-elles chanté.

« Tolérance zéro »

Rubans blancs au revers de leur manteau, hommes et femmes se sont placés derrière une banderole « nous voulons l’égalité » à 15h40, heure à laquelle pour une journée théorique de 8 heures, les femmes ne sont plus payées, au vu de leurs salaires inférieurs à ceux des hommes. L’Assemblée nationale a suspendu brièvement ses travaux à cette heure symbolique.

Des rassemblements étaient également prévus dans plusieurs villes de France, pour faire de cette journée « une lutte collective », pas « une fête ».

Parmi les mesures annoncées par le gouvernement, un « référent égalité » sera nommé dans chaque établissement scolaire à la rentrée 2019. Concernant la lutte contre les violences faites aux femmes, Edouard Philippe a annoncé que « 5.000 places d’hébergement seraient garanties en 2018 » pour les victimes. Certains centres d’hébergement seront spécialisés pour la mise en sécurité de demandeuses d’asile victimes de violences ou de traite.

Une plateforme de géolocalisation des hébergements d’urgence des femmes victimes, accessible seulement aux professionnels, sera développée pour les aider à trouver un refuge.

Pour une meilleure conciliation vie professionnelle-vie privée, l’éventuel allongement du congé paternité (11 jours calendaires ou 18 jours pour une naissance multiple actuellement), sera tranché « en juin », a précisé le chef du gouvernement.

Dès mercredi, des mesures visant à résorber d’ici trois ans l’écart salarial de 9% existant entre hommes et femmes à poste équivalent avaient été annoncées.

Les entreprises de plus de 50 salariés présentant des écarts « injustifiés » de salaires hommes-femmes seront sanctionnées à partir de 2022 avec une pénalité financière pouvant aller jusqu’à 1% de leur masse salariale. L’exécutif prévoit également le quadruplement des contrôles de l’inspection du travail sur l’égalité de salaires hommes-femmes.

Des mesures qui « vont dans le bon sens » mais « malheureusement, il y a moins d’inspecteurs du travail » pour les appliquer, a dit le numéro un de la CGT, Philippe Martinez.

Jean-Claude Mailly (FO) a prôné « la tolérance zéro » pour les inégalités salariales, estimant qu’il faudrait aller « plus vite » sur les sanctions financières voulues par l’exécutif car « 2022, c’est un peu loin ».

Le Medef a de son côté déploré le « triptyque infernal et tellement français du "contraintes, contrôles, sanctions" ».

Pascale Juilliard et Jessica Lopez (La Marseillaise, le 9 mars 2018)

Féminin pluriel

Au fil des ans, certains laisser-aller sémantiques -voulus ou innocents- parlant de « fêtes » ou de simple Journée de la femme ont menacé de faire perdre la vocation première de ce 8-Mars partout dans le monde. Oui, il s’agit bien d’une Journée internationale des droits femmes, fille de l’initiative populaire initiée par les femmes socialistes dont Clara Zetkin. Signe, faut-il le rappeler, qu’il s’agit bien d’un appel à la convergence mondiale pour l’acquisition et la défense de droits fondamentaux dont un rendant l’accès aux autres possible : l’égalité. Le défi est révolutionnaire, n’ayons pas peur des mots.

#Metoo : un mouvement libérateur à consolider

En effet, s’engager pour la fin de l’exploitation physique, morale ou sociétale d’un sexe sur un autre consiste à renverser radicalement les bases d’organisation des sociétés actuelles souvent fruits de vieux héritages. Le fait religieux a longtemps été vecteur d’inégalités. Aujourd’hui encore, parfois. Trop souvent. Mais le divin n’a pas le monopole des visions rétrogrades dans ce domaine. Le capitalisme aussi, parce qu’il est injuste dans son ADN, crée, diffuse et creuse les inégalités entre les êtres humains. Et les femmes en sont les premières victimes.

Aujourd’hui, on ne peut que se réjouir d’une libération de la parole et de mouvements de type #Metoo ou #balancetonporc suite à l’affaire dite « Weinstein ». Et ce sans faire oublier que si désormais tout le monde tombe sur ce sinistre producteur de cinéma américain, ils ont également été nombreux à se boucher les yeux pendant des années. Par peur, par faiblesse… ou simplement parce que cette vision du rapport entre homme et femme est malheureusement encore trop partagée dans la société. Ce mouvement libérateur, seul, ne suffira pas. Il est donc de la responsabilité de chacun(e) de contribuer à ce qu’il ne faiblisse pas.

Sébastien Madau (La Marseillaise, le 9 mars 2018)

Mobilisations sans frontières

De nombreux événements ont marqué hier la journée internationale des droits des femmes.

Espagne : grève générale. Une grève générale des femmes, sans précédent, s’est traduite par des piquets de grève devant les grands magasins, des perturbations dans les transports et l’absence des présentatrices dans les médias. Les principaux syndicats espagnols, UGT et CCOO, avaient appelé à un arrêt de travail de deux heures observé par 5,3 millions de personnes.

Irak : « marathon » à Mossoul. Environ 300 femmes ont participé à un « marathon » symbolique de 900 mètres sur une avenue de Mossoul, reprise en juillet à Daech. Certaines brandissaient des pancartes rappelant les dures réalités subies par les Irakiennes : « Assez du mariage des mineures ! », « Brise ton silence et dis "non" ! » ou « J’ai le droit de m’exprimer librement ».

Égypte : Néfertiti à l’honneur. Le Musée du Caire expose exceptionnellement trois trésors mettant en lumière le rôle des femmes dans l’Egypte ancienne. L’une de ces œuvres est une tête en quartzite de Néfertiti, reine à la beauté légendaire qui exerça un rôle politique et religieux fondamental il y a plus 3.300 ans au côté de son époux, le pharaon Akhenaton.

Russie : rassemblement devant la Douma. À l’initiative d’Amnesty International, une dizaine de personnes se sont réunies devant la Douma à Moscou pour soutenir des journalistes qui ont accusé de harcèlement sexuel un Député, Léonid Sloutski. L’URSS a été pionnière en termes de droits des femmes il y a un siècle et le 8 mars y a été décrété férié en 1965.

La Marseillaise, le 9 mars 2018

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