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Catalogne. Generalitat : l’investiture impossible du député en prison Jordi Sànchez

Ce lundi est convoquée une session plénière au parlement à laquelle manquera sûrement le candidat.

Le maintien ou l’annulation de la convocation du débat d’investiture du président de la Generalitat de Catalogne, lundi prochain, est en partie entre les mains de la justice espagnole. En l’occurrence du juge d’instruction du Tribunal suprême, Pablo Llanera, seul habilité à autoriser ou non la sortie de prison du nouveau postulant, Jordi Sànchez. L’ex-Président de l’association indépendantiste, l’Association nationale de Catalogne (ANC), était, lors des élections du 21 décembre, deuxième sur la liste de Junts per Catalunya (JxCat), après Carles Puigdemont, exilé, et empêché par ce même magistrat de se présenter à distance, depuis Waterloo, où il a mis en place une équipe de gouvernement à distance. Or tout porte à croire que le juge se montrera inflexible : autoriser l’investiture de Jordi Sànchez à la présidence de la Generalitat reviendrait à exposer l’Espagne à une nouvelle tentative de proclamation de la république de Catalogne. Et, cette fois-ci, peut-être pour de vrai.

Trop républicain pour le juge, pas assez pour la CUP

Même si le Député Jordi Sànchez n’y a pas été impliqué, la capacité de mobilisation des masses indépendantistes dont il a fait preuve à la tête de l’ANC, en fait un danger institutionnel grave aux yeux du juge qui instruit la plus grosse affaire politico-pénale des dernières années en Espagne. Pour mieux compliquer l’imbroglio catalan, un autre ennemi -intérieur, celui-là- se dresse contre la candidature de Jordi Sànchez. Il s’agit des quatre élus de la Candidatura d’Unitat Popular (CUP), qui voteront en faveur de ce candidat si et seulement si celui-ci s’engage en faveur de la république et d’un programme social avancé. Autrement dit : trop républicain pour le juge, pas assez pour la frange minoritaire du camp indépendantiste qui, du coup, n’aurait plus la majorité nécessaire à l’investiture du candidat proposé. Néanmoins, les deux principaux partis -JxCat et ERC- étaient convaincus, hier, d’être en mesure de convaincre les jeunes anticapitalistes, grâce à une feuille de route de 46 pages, qui a inclus le « processus constituant » de la future république catalane (voir ci-dessous).

Sauf que la « constituante » est en Belgique, au sein de « l’espace libre » du « palais de la Generalitat bis », qui a son siège à Waterloo. En parallèle, un gouvernement autonomique, effectif au quotidien, depuis Barcelone, serait chargé de remettre sur pied une administration catalane démantelée par l’absence d’exécutif, depuis que Rajoy a démis le Président Puigdemont et ses Ministres, le 27 octobre dernier, à la suite de la proclamation « symbolique » de la république catalane, et qu’il a mis la Catalogne sous sa tutelle. Mais Mariano Rajoy est de plus en plus excédé par ces atermoiements qui perpétuent une crise catalane qui mine le terrain chez lui, où pousse à toute allure un parti concurrent, Ciudadanos, formé par de jeunes et dynamiques concurrents, prêts à déboulonner le vieux Partido Popular. Mercredi dernier, Rajoy est allé jusqu’à s’engager à « négocier » (reste à savoir quoi) avec le futur nouveau gouvernement catalan à condition d’investir un candidat « propre » (soit : non poursuivi par la justice). Le positionnement du juge Llarena est attendu pour le jour-même du débat parlementaire. Or, même en cas d’avis favorable, le candidat devrait être transféré depuis sa prison d’Estremera, dans la province de Madrid, jusqu’à Barcelone, soit plusieurs heures de voyage.

Joana Viusà (L’Indépendant, le 9 mars 2018)

Le Président du Parlement s’adresse au juge

Alors que l’appareil législatif catalan navigue en plein brouillard, Roger Torrent, Président du Parlament, s’est adressé au juge Pablo Llarena, par lettre, en lui demandant de permettre l’investiture de Jordi Sànchez. Dans sa lettre, M. Torrent rappelle qu’il est la seule personne, en sa qualité de Président du Parlement, habilitée à nommer le candidat à l’investiture pour la présidence de la Generalitat. Il estime également que Jordi Sànchez remplit toutes les conditions établies par la constitution espagnole pour se soumettre au débat d’investiture. Cette missive du président du parlement catalan peut aussi être interprétée comme la confirmation que la session plénière aura bien lieu, tel que prévu, lundi prochain à 10 heures. Rappelons que plus de quatre mois ont passé depuis que la suspension de l’autonomie de la région, mise sous tutelle par Madrid après le vote par le parlement de l’indépendance. Le jeu d’échec politico-judiciaire n’est est pas à son dernier épisode…

L’Indépendant, le 9 mars 2018

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