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Alénya. Jean-André Magdalou : « Nous voulons pousser à notre rythme »

Fiche d'identité
Nom :
Magdalou.
Prénom : Jean-André.
Âge : 44 ans.
Situation familiale : en couple, une fille de 9 ans.
Étiquette : Parti communiste. Nombre de mandats : un en tant qu’élu, un en tant que Maire.
Profession : technicien scientifique de la réserve naturelle de la Massane, à mi-temps pour se consacrer à son mandat.
Sa devise : Alénya, terre de lien et de culture.

L’Indépendant. En 2013, un seul médecin officiait dans la commune. Cette pénurie est-elle aujourd’hui gérée ?

Jean-André Magdalou. La municipalité a tout mis en place pour fixer un médecin à Alénya, en lançant un appel au secours, en proposant un local et en créant un mi-temps de médecin de coordination à l’Etablissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Éhpad). L’initiative privée des deux pharmaciennes de construire un pôle médical à la sortie du village a permis l’installation de deux docteur. Un en plus serait bien, mais vu d’où on vient...

L’Indépendant. La création d’une moyenne surface a un temps été évoquée. Où en est le projet ?

Jean-André Magdalou. Cela fait défaut dans la commune. Le projet de petit centre commercial, avec un poste d’essence est ancien, mais abouti. Il a été stoppé par le préfet. Le Scot (Schéma de cohérence territoriale, ndlr) Plaine du Roussillon l’a reconnu, mais les services de l’État l’ont bloqué. Ce projet a intégré le développement durable : toit photovoltaïque, vrai engagement de produits locaux... Aujourd’hui, le Scot a été rétabli et nous sommes dans l’expectative. Il faut bien comprendre que c’est un enjeu : les gens vont faire leurs courses ailleurs. Une petite surface permettrait de les fixer. Qu’elle voit le jour, parce qu’elle sera utile à la population et aux vacanciers, reste une volonté municipale.

« Une ceinture verte »

L’Indépendant. La population va dépasser les 3.500 habitants : qu’est-ce que ça va changer ?

Jean-André Magdalou. Pour le prochain mandat, il y aura un nombre plus important de Conseillers municipaux ! Aujourd’hui, la grosse opération de La Llosa, avec 126 parcelles individuelles, trois collectifs de 45 logements et onze pavillons HLM, est terminée. Au nord de la commune, les secteurs Les Vuits et Las Motas vont être ouverts à l’urbanisation, avec un contournement est de la commune. Mais on va prendre le temps et ne pas partir dans tous les sens : nous voulons un développement concentrique, en escargot, pour que le centre du village reste le centre. Nous y intégrons aussi la protection des zones naturelles et agricoles, afin de sanctuariser une ceinture verte. C’est une mesure très forte parce que liée à notre authenticité est aussi notre histoire agricole. Nous devons avoir un regard sur ces zones pour mettre un coup de frein à la spéculation. C’est dans ce cadre que la commune a délibéré pour un Paen (Périmètre de protection et de mise en valeur des espaces agricoles et naturels périurbains, ndlr) : c’est un outil très fort qui permettra qu’on ne s’étale pas indéfiniment. Nous lançons aussi la révision du PLU (Plan local d’urbanisme) parce que nous voulons pousser à notre rythme.

L’Indépendant. Vous êtes attaché à l’environnement, pourtant, la voie verte ne passe pas à Alénya ?

Jean-André Magdalou. Nous voulons en effet privilégier la question du déplacement d’ici la fin du mandat. La voie verte, qui longe l’agouille, reliera Bages à la mer. Un premier tronçon doit relier Alénya à Saint-Cyprien. La convention est signée entre le Conseil départemental, la Communauté de communes Sud Roussillon et la commune. On a fait tout ce qu’il fallait et dans les prochains mois, le dossier devrait avancer. J’espère qu’à l’été 2019, on pourra aller à la plage à vélo.

« La culture, enjeu de cohésion sociale »

L’Indépendant. La commune a-t-elle les moyens de l’offre culturelle qu’elle propose ?

Jean-André Magdalou. Nous avons la chance de disposer d’un espace public avec les caves Ecoiffier et la salle Oms où nous proposons une trentaine de spectacles par an. La culture est un enjeu énorme de cohésion sociale qui est au cœur du projet municipal. Nous avons tous à y gagner. Et la subvention municipale est d’environ 30.000 euros par an : nous sommes subventionnés et nous avons un office municipal avec le comité culturel qui font un travail humain de qualité. On déploie de l’énergie pour satisfaire les habitants avec un usage raisonné de l’argent public.

L’Indépendant. Vous vous êtes engagé en faveur du référendum en Catalogne sud, sans vous positionner pour ou contre l’indépendance. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Jean-André Magdalou. Nous sommes jumelés avec Celrà et nous avons envoyé deux observateurs au moment du référendum. La question d’être pour ou contre l’indépendance de la Catalogne appartient aux Catalans du sud. Ce qu’il faut retenir, c’est qu’il y a eu des violences policières face à des personnes qui ont voulu faire un référendum et qu’il y a là un vrai déni démocratique de l’Espagne. Ce qui m’inquiète, c’est le sort des personnes emprisonnées. On judiciarise une question politique. Je regrette aussi le silence lâche de l’Union européenne et du gouvernement français.

L’Indépendant. Serez-vous candidat lors des élections municipales ?

Jean-André Magdalou. C’est un peu prématuré pour faire ce choix. J’ai une conception de la responsabilité collective et cette question viendra au sein de la majorité municipale. Si jamais je me décide, cela se fera après en avoir parlé avec mes collègues. C’est aux citoyens de décider, de s’impliquer et c’est à eux de gagner en exigence. Si je ne suis pas opposé au cumul des mandats, notamment dans le temps, je suis contre le cumul des indemnités et pour un vrai statut de l’élu.

Recueilli par Isabelle Bley Photos Michel Clémentz (L’Indépendant, le 11 mars 2018)

Projet phare de début de mandat

C’est sans aucun doute le pôle réunissant l’Éhpad (85 lits) et la crèche municipale (20 berceaux), dans le quartier de La Llosa, qui est la réalisation la plus importante de ce début de mandat. Un dossier qui a mis 8 ans avant de se concrétiser sur le terrain et d’accueillir ses premiers bambins en janvier 2017 et ses premiers aînés en février 2017. « La demande d’une maison de retraite et d’accueil de jeunes enfants était très forte. Mon prédécesseur avait lié les deux pour créer un pôle intergénérationnel public. Et c’était une lourde responsabilité de le faire aboutir. Trois ans de stress à consolider le budget, chercher des partenariats... C’est aujourd’hui un équipement innovant au cœur de la cité, un lieu de vie rythmé, un lieu d’échange intergénérationnel connecté à la vie du village, avec une cinquantaine d’emplois publics ».

Projet phare de fin de mandat

« Nous avons un projet d’extension et d’amélioration de l’accueil de loisirs, qui reçoit les enfants en périscolaire, les mercredis et pendant les vacances. Un projet qualitatif qui verra le jour avec l’aide de la Caisse d’allocations familiales. On aimerait que cela soit prêt à la rentrée, pour accueillir les enfants dès le mois de septembre 2019 ».

Toujours concernant l’enfance, cette seconde partie de mandat verra la mise à l’étude de l’extension de l’école maternelle, avec la construction de dortoirs en durs pour les petits. Une étude qui est un préalable incontournable et long qu’il faut lancer dès à présent, même si sa réalisation interviendra après les élections, en 2020.

Simplement parce que « tout ne s’arrête pas avec les élections », précise le premier magistrat. Il pourrait même s’y ajouter une classe supplémentaire en maternelle si le besoin s’en fait sentir avec l’arrivée de nouveaux petits habitants.

L’Indépendant, le 11 mars 2018

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