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Mobilisés pour le droit à vieillir dans la dignité

Les salariés des maisons de retraite (Ehpad) dans la rue demain.

La colère des salariés de la cinquantaine de maisons de retraite du département ne retombe pas. Aides-soignants et infirmiers descendront une nouvelle fois dans la rue ce jeudi. À Perpignan, le cortège partira à10h30 de la place de Catalogne. La rallonge de 50 millions d’euros promise (au niveau national) par la Ministre n’a pas suffi à calmer le jeu. « Ça ne fait que 7.000 euros par structure… », calcule le Secrétaire départemental adjoint de FO Santé, Yann Aparicio. « On ne demande pas quelque chose de grandiose », souligne le Secrétaire du syndicat CGT de l’Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) d’Elne, Christophe Meynard. « Dans le département, il nous faudrait entre trois et cinq postes d’aides-soignants supplémentaires par établissement pour arriver à une prise en charge correcte. » Pour Jérôme Pous, de Sud santé sociaux, cela ne fait aucun doute : les Ehpad sont actuellement le cadre d’une véritable « maltraitance institutionnelle ». Christophe Meynard acquiesce : « Les Ehpad n’ont pas évolué en ratio de personnel alors qu’ils accueillent des personnes de plus en plus dépendantes. Du coup, le matin, chaque aide-soignant doit prendre en charge entre 15 et 18 toilettes. Ça fait entre 5 et 10 minutes par résident. »

Une douche par mois…

« Les collègues sont aussi obligés de donner les repas à la va-vite », renchérit Yann Aparicio. « Dans certains établissements, les résidents ont une toilette au lavabo par jour, mais ils n’ont une vraie douche que toutes les trois semaines, voire tous les mois. Quant aux collègues, ils se pètent au travail et quand ils sont cassés, on les met à la réforme et on les dégage. » Aux yeux des syndicats, la situation est d’autant plus « lamentable » que la prise en charge en Ehpad reste très onéreuse. « Dans le département, un Ehpad coûte généralement plus de 2.000 euros par mois », rappelle la Secrétaire départementale de FO Santé, Marie-Josée Bekhtari. « Certains résidents doivent vendre leur maison pour pouvoir payer. » Solidaires du combat, les retraités s’associeront à la manifestation de demain. Tout comme les aides à domicile, qui réclament également une amélioration de leurs conditions de travail.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 14 décembre 2018)

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