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Plus de 2 000 retraités « maltraités » ont battu le pavé perpignanais

Hier, à Perpignan, les retraités se sont mobilisés en masse contre la hausse de la CSG.

La coupe est visiblement pleine. Hier matin, de 2.000 retraités ont défilé dans les rues de Perpignan pour protester contre la hausse de la contribution sociale généralisée (CSG). Pour l’intersyndicale à l’initiative de la manifestation, qui revendique 3.500 participants, il s’agit d’un succès sans précédent. « C’est la première fois que je vois autant de monde à une manifestation de retraités », assure Georges Athiel, de la CGT. « Je ne sais pas si Macron se rend compte du niveau de mécontentement qu’il est en train de créer… »

Dans le cortège, il y a bien sûr les adhérents des syndicats et associations de retraités. Mais pas seulement. De nombreux manifestants n’adhèrent à aucune organisation. C’est notamment le cas de Christian, 73 ans, de Villelongue-de-la-Salanque. « C’est seulement la deuxième fois que je descends dans la rue, confie cet ancien fonctionnaire. Avec la hausse de la CSG, je perds environ 100 euros par mois. C’est toujours la classe moyenne qui doit faire des efforts. On ne peut rien prendre à ceux qui plus n’ont rien et ceux qui ont beaucoup ont toujours plus. Je ne suis pas un adepte des manifestations. Mais là, il y a de quoi rouspéter. »

« Après nous, ils s’attaqueront aux jeunes »

Retraité de la RATP, Jean, 69 ans, de Perpignan, se dit pris à la gorge : « Je perçois une pension de 1.500 euros. Mais j’ai 900 euros de crédit immobilier à rembourser chaque mois. Au final, il ne me reste que 600 euros pour vivre... Et avec la hausse de la CSG, on m’enlève encore 55 euros par mois. Je ne peux même pas aller voir mes enfants à Paris car le trajet est trop cher. Je suis là car je pense qu’il faut préserver nos acquis. On commence par les retraités, qui ne peuvent pas se défendre, mais après nous, ils s’attaqueront aux jeunes. » De son côté, Michèle, 73 ans, de Perpignan, perçoit moins de 1.200 euros par mois. Elle n’est donc pas concernée par la hausse de la CSG. Mais elle n’en est pas moins insurgée. « J’ai travaillé pendant 44 ans, souligne-t-elle. J’estime qu’on a profité de nous. Avec ma pension, je ne peux même pas me permettre de prendre un week-end de vacances. »

« Ça ne donne pas envie de bosser »

« J’espère que ça va bouger pour ceux qui seront bientôt à la retraite, poursuit Michèle. Il faut que ceux qui ont travaillé toute leur vie puissent avoir une retraite convenable, ou sinon, ça ne donne pas envie de travailler. »

À noter : plusieurs centaines de salariés d’établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) et d’aides à domicile ont défilé main dans la main avec les retraités hier. « Dans les Ehpad, la situation reste dramatique », martèle la Secrétaire départementale de FO Santé, Marie-Josée Bekhtari. « Dans le département, il faudrait investir 10 millions d’euros de plus pour avoir une prise en charge correcte. » Une rallonge principalement destinée à financer trois à cinq postes d’aides-soignants supplémentaires dans chacune des quelque cinquante maisons de retraite que recense le département.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 16 mars 2018)

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