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Les seniors et leurs aidants veulent se faire entendre

Retraité et personnels d’EHPAD. Manifestations partout en France.

Les seniors et ceux qui s’en occupent haussent le ton : écœurés de passer « pour des nantis », des milliers de retraités se sont mobilisés partout en France hier pour défendre leur pouvoir d’achat, les professionnels de l’aide aux personnes âgées étant eux appelés à la grève pour réclamer plus de moyens humains.

« Ni privilégiés ni assistés »,entre 11.500 et 15.000 retraités, selon un décompte effectué à partir des chiffres de la police et des syndicats dans plusieurs villes de province, avaient commencé à se rassembler partout en France pour dire non à la « baisse de leurs pensions », rejoints dans de nombreux cas par les personnels des Ehpad. « Comment un gouvernement peut-il ignorer un quart de ses citoyens ? », s’est interrogé Olivier Joucher (CGT) lors d’un point presse de l’intersyndicale (UCR-CGT, UCR- FO, Unar-CFTC, Unir CFE- CGC, FSU-Retraités, Solidaires, FGR, LSR et UNRPA).

En septembre déjà, des milliers de retraités avaient dénoncé la hausse de 1,7 point de la CSG à compter de janvier pour 60% d’entre eux, afin de compenser la suppression des cotisations chômage et maladie du privé.

Emmanuel Macron a redit mercredi qu’il « assumait » ses réformes et a demandé « un effort pour aider les jeunes actifs ». « Il y en a qui râlent et qui ne veulent pas comprendre, c’est la France », a-t-il remarqué.

Les motifs de mécontentement se sont accumulés ces dernières années : gel des pensions, suppression de la demi-part des veuves ou encore décalage de la revalorisation des retraites d’octobre 2018 à janvier 2019 pour augmenter le minimum vieillesse.

« Il faut des moyens »

Augmenter les effectifs « urgemment ». C’est la « priorité » pour l’intersyndicale appelant à la grève dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), les services d’aide à domicile, hôpitaux gériatriques et autres structures en charge du grand âge, moins de deux mois après une première mobilisation très suivie. « On ne peut plus admettre que des personnes âgées ne , soient pas douchées régulièrement, que leurs repas soient expédiés », résume Mireille Stivala (CGT) au nom de neuf autres syndicats et de l’association des directeurs au service des personnes âgées (AD- PA).

La Ministre des Solidarités, Agnès Buzyn, a reçu une délégation à la mi-journée pendant un rassemblement sous ses fenêtres. « Elle a reconnu que nos attentes (sur l’augmentation des personnels) étaient légitimes », a rapporté le Président de l’AD-PA, Pascal Champvert. « Mais elle ne peut pas répondre au ratio » d’un personnel pour un résident, contre 0,6 en moyenne actuellement, réclamé par les syndicats, en plus de meilleurs salaires ou encore de l’abrogation de la réforme du financement des Ehpad. Un rapport parlementaire publié mercredi propose de doubler le ratio de soignants en quatre ans. Soit plus de 200.000 recrutements, pour 7 à 10 milliards d’euros, quand la Ministre met-elle en avant le manque de « moyens budgétaires ». Agnès Buzyn promet pour l’heure de neutraliser les « effets négatifs » de la réforme du financement affectant un quart des Ehpad.

L’Indépendant, le 16 mars 2018

L’édito. Iceberg

La grogne du personnel des Ehpad et des retraités est la partie émergée d’un iceberg. Si les difficultés sociales remontent aujourd’hui à la surface, la profondeur et l’ampleur des problèmes sont immenses. Entre vieillissement de la population et allongement de l’espérance de vie, c’est à une explosion de la dépendance que notre société doit faire face. Avec, comme principale difficulté, le coût que représente ce défi. Bien accompagner, c’est encadrer et il est aujourd’hui évident que le personnel est insuffisant pour s’occuper des personnes âgées dépendantes. Les soignants souffrent, les soignés aussi et les familles, elles, très souvent payent. Et souvent très cher. Le constat est alarmant pour tous les concernés. Un rapport parlementaire estimait dernièrement qu’il fallait doubler le nombre d’encadrants. Problème : qui paye ? L’État est face à ce dilemme entre hausse de la fiscalité pour tout le monde ou charges de plus en plus lourdes pour les résidents. Il n’empêche qu’il faudra bien trancher. Ne pas recourir à la solidarité nationale au prétexte que la mesure est impopulaire est tentant politiquement mais une faute morale. Et l’iceberg de la misère ainsi créé émergerait quoi qu’il arrive.

Pierre Mathis (L’Indépendant, le 16 mars 2018)

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