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Catalogne. Cinq mois entre parenthèses…

Faute d’avoir investi un président de la Generalitat.

Depuis le 27 octobre, la Catalogne est totalement entre les mains du gouvernement du Partido Popular. Suite à la proclamation (à la sauvette) de la République catalane, le 10 octobre, Mariano Rajoy déclenchait l’article 155 de la Constitution. Conséquence de la mise sous tutelle de la Catalogne : plus de choix politiques d’investissements, absence de décisions sur des problèmes de société cruciaux, inexistence des débats parlementaires, etc…

Certes, l’administration catalane continue de fonctionner grâce aux fonds budgétaires qui lui reviennent permettant de payer le personnel des écoles, de la police (Mossos d’esquadra), des hôpitaux et de l’ensemble des centres de santé publique et sociaux, l’entretien du réseau routier, du réseau ferroviaire local, etc. N’empêche que sans gouvernement, le territoire autonome a perdu la boussole. En exerçant son droit de tutelle, le chef du gouvernement espagnol avait décidé de convoquer ces élections dans l’espoir d’opérer ainsi un « retour à la normale en Catalogne ». Mais le vote des électeurs a confirmé la majorité indépendantiste, avec Puigdemont en tête.

Sanchez à tout prix

Seule autorité autonomique existante à ce jour, le Président du Parlement de la Catalogne, Roger Torrent, élu le 17 janvier, a bien tenté de convoquer les 135 élus, par deux fois, sans succès, au débat d’investiture d’un candidat à la Présidence de la Generalitat. La première fois, le candidat Carles Puigdemont, destitué, exilé en Belgique, mais réélu le 21 décembre, n’a pas pu se présenter devant les Députés, faute d’autorisation du juge du Tribunal Suprême, qui voulait auparavant l’interroger dans le cadre de la grande « cause générale pour rébellion, sédition, malversation et insubordination » qu’il instruit contre plusieurs dizaines d’élus ou leaders politiques catalans. Sachant qu’il serait envoyé en prison préventive, comme son ex-Vice-Président Oriol Junqueras, ou comme son ancien « Ministre » de l’intérieur Joaquim Forn, ou comme les deux leaders des associations Omnium Cultural et ANC, Jordi Cuixart et Jordi Sanchez (second de la candidature de Junts per Catalunya, lui aussi élu le 21 décembre).Faute d’avoir la voie libre pour se présenter au vote et à l’investiture parlementaire, Puigdemont a finalement cédé la place à Jordi Sanchez. Or, le juge d’instruction du Tribunal Suprême Pablo Llarena, lui a refusé toute permission de sortie de la prison madrilène de Soto del Real, même sous escorte policière, pour se rendre au Parlement à Barcelone. Mercredi dernier, les membres de Junts per Catalunya, à l’exception des deux élus Tuirull et Rull, mis en examen et dépossédés de leurs papiers d’identité, sont montés à Bruxelles, où décision a été prise de maintenir la candidature de Pedro Sanchez, jusqu’à épuisement des voies de recours judiciaire espagnoles, avant de penser à un candidat alternatif, non poursuivi par la justice.

Pourtant, même dans ce cas, rien ne garantit un vote uni du bloc indépendantiste : la CUP exige que le futur gouvernement s’engage à se battre pour la République indépendante de Catalogne. Or l’offensive politico-judiciaire a convaincu les deux autres partis JxCat et ERC, qu’il faut faire preuve de « réalisme » et élire un président chargé de s’occuper de préserver le statut d’autonomie de la Catalogne. Mais les quatre élus de la CUP refusent de prêter les 2 voix qui manquent pour avoir la majorité requise, dans le but de mettre un Président de la Generalitat simplement « autonomiste ». Seule porte de sortie : que les deux élus qui sont exilés en Belgique, Carles Puigdemont et Toni Comin, renoncent à leurs sièges (vi- des) au parlement…

Joana Viusà (L’Indépendant, le 17 mars 2018)

Puigdemont et la Suisse

Carles Puigdemont a estimé mercredi qu’un fédéralisme à la mode helvétique est « une idée qui peut convaincre la majorité des Catalans », dans une interview à la télévision suisse RTS. « Je suis absolument convaincu que si l’Espagne était organisée comme la Suisse, il n’y aurait eu aucun problème », affirme M. Puigdemont, actuellement en exil en Belgique et qui doit venir en Suisse demain dimanche pour participer à une table-ronde sur le thème de l’autodétermination au festival du film et forum international sur les droits humains (FIFDH) de Genève.
« C’est une idée que l’on doit travailler et peut- être c’est une idée qui peut convaincre la majorité des Catalans », a-t-il ajouté, dans cette interview en français.
Dans l’organisation fédérale suisse, les cantons, qui disposent notamment de leur propre constitution, ont leurs parlements, gouvernements, tribunaux et votent leurs lois, et jouissent d’une très large autonomie (fiscalité, éducation, police…).
En lien avec sa visite en Suisse, le Département fédéral des Affaires étrangères (DFAE) a rappelé dans un communiqué que la question de la Catalogne était « une affaire de la politique intérieure de l’Espagne ».
« Le statut de séjour de M. Puigdemont est régi par le droit suisse et l’accord de libre circulation des personnes. Comme citoyen espagnol, M. Puigdemont peut circuler librement dans l’espace Schengen. Il peut également tenir librement des discours politiques dans le respect de l’ordre juridique suisse », a souligné le DFAE.

L’Indépendant, le 17 mars 2018

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