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Le Maire d’Estagel. « Des caméras de surveillance ? Je ne suis pas convaincu… »

Nom : Ferrer
Prénom : Roger
Âge : 65 ans
Situation familiale : marié, deux enfants.
Étiquette : PCF.
Nombre de mandats : 2.
Profession : retraité des douanes.
Sa devise : Celui qui combat sait qu’il peut perdre. Celui qui ne combat pas a déjà perdu.

Caserne des pompiers

L’Indépendant. Le projet de la caserne des pompiers est évoqué depuis votre réélection en 2014. Où en est-il ?

Roger Ferrer. C’est toujours pareil, on est en stand-by. J’ai encore eu une réunion avec le chef de corps et le commandant de secteur pour faire un bilan des sorties de l’année. Aujourd’hui, le projet a changé de site. Il pourrait se faire sur le terrain de l’ancienne gare SNCF. Il y a des discussions pour l’acquisition du foncier sachant que la construction de la caserne reste conditionnée par le legs du terrain de M. Chauvet au Sdis 66 (Service d partemental d’incendie et de secours, ndlr). Donc après, on pourra envisager la construction. Mais les négociations sont longues et compliquées. Sachant que nous, municipalité, avons été invités aux discussions mais nous dépendons des décisions du Sdis 66, donc du conseil départemental. Il faudrait qu’elle voie le jour le plus tôt possible. Il y en a déjà une à l’entrée du village mais ce legs per- mettait de construire une nouvelle caserne plus adaptée et fonctionnelle.

Déviation

L’Indépendant. La déviation du village est aussi évoquée. La problématique est-elle la même que sur la RN116 ?

Roger Ferrer. Oui, beaucoup de camions traversent le village. En moyenne plus de 7.000 véhicules passent, que ce soient des poids lourds ou des véhicules légers. Il arrive souvent que deux camions se retrouvent face à face, coincés dans la traversée du village qui est étroite. Je ne vous dis pas la file d’attente que cela crée… Cette déviation paraît indispensable et les travaux ont commencé il y a trois mois. Un pont est en construction à l’entrée du village en venant de Perpignan, au rond-point. Il permettra de dévier le passage sur l’autre rive de l’Agly. La route longera alors les berges en passant devant la cave coopérative. Il y aura un second rond-point à hauteur du passage à gué pour pouvoir éventuellement revenir dans le village et enfin un troisième giratoire pour aller direction Maury, ou revenir dans Estagel. Le gros œuvre (le pont, ndlr) se terminera d’ici fin 2019-premier trimestre 2020. Après, ça ira vite et je pense qu’en un an, un et demi de plus, tout sera fini. Tout cela est financé par le Conseil départemental, aujourd’hui à hauteur de 11 millions d’euros hors taxes.

Social

L’Indépendant. Des personnes en situation précaires n’auraient pas où loger. Qu’est-il fait pour les plus défavorisés ?

Roger Ferrer. Je vois à quoi vous faites allusion. Il y a effectivement une personne qui s’est retrouvée à la rue, du coup elle est restée quelques jours dans son véhicule. Mais on a fait le nécessaire, on lui a trouvé un appartement avec l’Office HLM et en attendant l’officialisation, on l’a hébergé dans un local communal. Personne ne vit dans la rue aujourd’hui à Estagel. Cette histoire a duré une semaine et ne concerne qu’une personne. Il ne faut pas généraliser et la situation est réglée.

L’Indépendant. Vous avez évoqué un projet de lotissement lors des vœux en janvier dernier ?

Roger Ferrer. Oui, ce sera un lotissement communal mais géré par l’Établissement public foncier local (EPFL), qui va faire le partage du foncier, et la SPL Perpignan Méditerranée, maître d’ouvrage. Il n’y a pas de promoteur privé. Il sera situé en bas du col de la Bataille, derrière le stade et le collège. Trois hectares et demi de terrains sont dédiés pour 70 parcelles environ dont 25 % de logements sociaux accessibles aux primo-accédants.

L’Indépendant. En parlant de logement, que répondez-vous à ceux qui vousreprochent d’avoir v endu des terrains et bâtiments en zone inondable aux HLM ?

Roger Ferrer. Nous n’avons vendu que l’ancienne école aux HLM. Mais elle n’est pas en zone inondable PPR rouge (Plan de prévention des risques). L’école est en zone contrôlée (zone bleue), si c’était en zone inondable, les HLM ne l’auraient pas acheté, ils ne sont pas fous ! C’est une zone bleue constructible as- sortie d’une mise hors d’eau du plancher habitable. D’ailleurs, le lotissement derrière l’école maternelle est en zone bleue aussi et ça n’a posé aucun problème de permis de construire.

Délégation

L’Indépendant. Certains habitants s’étonnent de vous voir partout. Que leur répondez-vous ?

Roger Ferrer. Je ne délègue pas assez, c’est ce qu’ils veulent dire ? Déjà, il vaut mieux me voir partout que nulle part, non ? Les adjoints viennent quand ils veulent. Est-ce que ça veut dire que je ne délègue pas ? Je ne sais pas mais je suis retraité, je passe pas mal de temps à la mairie. Je pense que c’est bien qu’un Maire s’investisse dans son village et je préfère qu’on me reproche d’en faire trop que pas assez.

Vidéosurveillance

L’Indépendant. Beaucoup de communes des P.-O. ont installé des caméras de vidéosurveillance. Pas Estagel, pourquoi ?

Roger Ferrer. On y réfléchit. Ici ce n’est quand même pas le far-west même s’il y a des incivilité, que l’on a une petite bande qui traîne mais on la maîtrise. Si on le fait, on ne pense pas en installer beaucoup, sur certains points stratégiques sans doute, il n’est pas question de ‘‘truffer’’ toutes les rues de caméras. Il faut voir les tenants et les aboutissants mais je ne suis pas convaincu par l’outil. Parmi les élus aussi, il y a débat. C’est comme les Voisins vigilants. C’est à la mode, mais ça n’a pas toujours les effets es- comptés. Pour les caméras, on va demander une étude. Je me suis rapproché de mon collègue de Salses et ça lui a coûté 200.000 euros à l’époque, sachant qu’aujourd’hui nous n’avons plus les subventions de l’État. Je suis aussi comptable de l’argent public et si ça doit coûter 100 ou 150.000 euros, pourquoi ne pas les mettre dans la voirie ou le PIJ ? C’est du 50-50 pour moi, je me plierai à la majorité.

2020

L’Indépendant. Vous représenterez-vous aux prochaines élections municipales ?

Roger Ferrer. Je ne sais pas. Ma décision n’est pas prise. Il reste encore deux ans à accomplir, on verra d’ici là car je suis aussi tributaire de mon équipe. Est-ce que l’ensemble souhaite continuer ?

Recueilli par Xavier Hamond (L’Indépendant, le 18 mars 2018)

Projet phare de début mandat

L’école maternelle. Le Maire Roger Ferrer y tenait, cela faisait partie de ses promesses de campagne avant les élections municipales de 2014. Attenante au collège Joliot-Curie et à l’école primaire, la maternelle Jules-Ferry a été inaugurée le 31 août 2016. « Il y en avait déjà une, mais elle n’était plus fonctionnelle, elle était vétuste et en plein centre du village. Elle demandait de nombreux travaux de réhabilitation et on a préféré en construire une nouvelle avec les autres infrastructures scolaires et sportives. L’école maternelle accueille une centaine d’élèves environ répartis dans quatre classes. Elle accueille aussi le périscolaire, le centre de loisirs sans hébergement et la garderie », précise le premier édile.

Projet phare de fin de mandat

Les jardins du Colisée. Parmi d’autres sujets sur lesquels le Maire et son équipe travaillent (notamment l’avenue Cartade, une chambre funéraire, « car ici dans la vallée de l’Agly il n’y a rien de disponible, on est obligé d’aller à Perpignan ou Saint-Estève »), c’est la rénovation des jardins du Colisée que pointe Roger Ferrer. « C’est un parc où il y a quelques années, étaient organisés des concerts ou du théâtre. Il est depuis à l’abandon et on travaille pour le réhabiliter. On ne le voit pas de la route mais il est situé à l’entrée du village quand on vient de Perpignan. On prépare un budget de 300 à 400.000 euros. » Ce projet, s’il se réalise, pourrait venir compléter l’offre culturelle d’Estagel qui affiche déjà quelques beaux événements à l’image du festival de théâtre.

L’Indépendant, le 18 mars 2018

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