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Les progressistes unis aux côtés des cheminots

Onze formations de gauche ont publié une déclaration commune hier pour défendre les cheminots et le service public du rail, annonçant leur présence dans la manifestation du 22 mai.

CGT, Unsa, SUD Rail, CFDT : tous les syndicats sont unis pour défendre la SNCF. Désormais, toutes les forces politiques de gauche qui défendent le service public du rail, aussi. Hier, onze formations politiques de gauche ont en effet publié une déclaration commune pour dire leur « solidarité avec les cheminots et les cheminotes ».

Rappelant les grandes lignes de réformes qui se succèdent depuis 1997 -« sous-investissement dans le rail, investissement massif vers l’autoroute et les autocars privatisés », « segmentation de la SNCF », « casse du corps social », le tout pour répondre à des « demandes de directives européennes »- les auteurs estiment qu’« aujourd’hui Macron pousse au bout la logique ». Une logique développée ailleurs en Europe et qui a « produit des disparitions de lignes, l’explosion des prix, la vétusté des installations et des trains, la disparition du fret ». Une logique qui impose une « triple peine à la population » - financièrement, de part l’inégalité territoriale qui en découle et avec une santé altérée par la pollution. Une logique qui fait l’impasse sur un élément essentiel à l’heure de la bataille climatique et que rappellent les signataires : « le train n’est pas un moyen de locomotion. C’est un service public, un outil essentiel de la transition écologique et il serait insupportable qu’il puisse s’arrêter aux portes des grandes métropoles ».

Pour y parvenir, Emmanuel Macron « accable les cheminots, les faisant passer pour des privilégiés », soulignant au passage une méthode identique à celle employée avec les retraités, les étudiants, les chômeurs… A l’inverse, la déclaration affirme « collectivement qu’ils sont les victimes des politiques libérales menées depuis tant d’années ». Les signataires s’affichent unis, clamant « nous serons dans la rue le 22 mars pour défendre l’accès au service public à commencer par le ferroviaire ».

Cette déclaration a été signée par EELV, le PCF, le NPA et le Parti de gauche mais aussi par le Groupe parlementaire de la France insoumise, Générations-s (le mouvement de Benoît Hamon), Ensemble ! (une des composantes du Front de gauche et auquel appartient Clémentine Autain, Députée insoumise), Gauche démocratique et sociale (mouvement lancé dans la foulée de la candidature de Gérard Filoche aux primaires socialistes de 2017), République et socialisme (parti rassemblant des militants du MRC de Jean-Pierre Chevènement créé en 2009), Nouvelle Donne (mouvement lancé en 2013 par Pierre Larouturrou) et le PCOF (Parti communiste des ouvriers de France). Autant dire que le spectre est large et que la démarche est réellement unitaire.

Bataille d’opinion

Ce refus de laisser les cheminots seuls face à la volonté gouvernementale d’en faire des boucs-émissaires est arrivé à propos puisque le ministre de l’Economie Bruno Le Maire est revenu décliner ce mantra dimanche sur France Inter affirmant que « face à la grève des cheminots, nous tiendrons ». Hier, le gouvernement a reçu l’appui d’Alain Juppé qui en 1995 avait tenté ne mettre fin aux régimes spéciaux -dont celui des cheminots- mais aussi de restructurer la compagnie en fermant les gares et les lignes non rentables provoquant un mouvement social historique qui avait fait reculer ce chef gouvernement qui s’était pourtant présenté comme « droit dans ses bottes ». Aujourd’hui simple maire de Bordeaux, il a tenu à dire que la réforme « devait se faire » et le recours aux ordonnances « un moyen d’avancer ».

Dans ce qui s’annonce aussi comme une bataille d’opinion, les adversaires ne se battent pas à arme égale.

Les médias dominants relayent en effet à l’envi les poncifs sur une « réforme inéluctable », un « statu quo impossible », le tout appuyé sur la « dette » insoutenable de la SNCF et en relayant gentiment toutes les comparaisons officielles avec les modèles allemands et anglais où les trains rouleraient pour « 30% moins cher » qu’en France. Et ce dès la publication du rapport Spinetta en février.

Pas un mot en revanche ou si peu sur ce qui se résume à un minuscule chapitre dans le rapport Spinetta : le transport en TGV émet 50 fois moins de CO2 qu’une voiture, 25 fois que du co-voiturage, 8 fois moins qu’un bus. L’urgence climatique, c’est seule- ment pour positionner Macron face à Trump ?

Angélique Schaller (La Marseillaise, le 20 mars 2018)

Une bataille pour l'égalité

Cela faisait longtemps que l'on attendait ça : un afichage clair et commun d'un large spectre de la gauche française pour dire « non » au rouleau compresseur Macron et à ses réformes libérales.

Une déclaration commune pour dire « non » et surtout s'aficher aux côtés des cheminots qui vont avoir besoin d'une solidarité et d'un soutien sans faille des progressistes et plus largement des usagers et de la population face à la déclaration de guerre du gouvernement.

Car le démantèlement de l'entreprise publique SNCF symbolise aujourd'hui l'ensemble des attaques contre tous les services publics. Il est insupportable pour les tenants d'une société basée sur le profit et l'individualisme que les salariés du public soient aussi nombreux et représentent encore un quart de la population active.

Une privatisation des missions de service public

Emmanuel Macron veut supprimer 120.000 postes d'ici la in de son quinquennat. Mais il veut en prime s'attaquer au statut des fonctionnaires. Et là, il ouvre grand la porte au démantèlement et c'est vers une privatisation des missions de service public qu'il entend mener le pays.

Une phrase, forte et fondamentale, ressort de la déclaration commune des partis et mouvements de gauche : « La bataille du service public ferroviaire est d'abord une bataille pour l'égalité ». La soif d'égalité demeure en effet le grand marqueur de la gauche et ce terrain idéologique est à reconquérir.

Ce frémissement d'unité sur un enjeu précis mais essentiel est d'autant plus important qu'Emmanuel Macron et son gouvernement multiplient les déclarations musclées. Le rouleau compresseur est aussi psychologique et le pouvoir mise à la fois sur le fatalisme et la mise à l'index des cheminots et des fonctionnaires. Un piège grossier qu'il conviendra de déjouer. L'unité syndicale et politique peut y parvenir.

Françoise Verna (La Marseillaise, le 20 mars 2018)

Repères

22 mars. Des manifestations organisées dans toute la France pour défendre le pouvoirs d’achat des fonctionnaires. 140 rassemblements sont d’ores et déjà annoncés.

Cheminots. A Paris, le cortège des fonctionnaires sera rejoint par celui des cheminots qui prévoit un unique rassemblement parisien au départ de la gare de l’Est.

PCF. Aujourd’hui, le PCF présente son projet pour l’avenir du ferroviaire, annonce une quinzaine de mobilisation dans toute la France contre le projet de casse de la SNCF.

Assemblée. La commission aménagement du territoire auditionne aujourd’hui les Président et Vice-Président de la fédération nationale des associations d’usagers des transports (FNAUT).

La Marseillaise, le 20 mars 2018

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