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CGT. Philippe Martinez croit encore à la « convergence des luttes »

Le secrétaire général du syndicat était hier à Perpignan pour le congrès des cadres cégétistes.

En ce 22 mars, journée (test) d’action nationale, environ 500 manifestants viendront d’un coup gonfler le cortège perpignanais, lorsqu’il passera près du palais des congrès de la ville. Tous sont affiliés à la CGT, sans vraiment avoir le « profil » type du cégétiste : ils sont cadres, ingénieurs, techniciens, membres de l’Ugict-CGT(*), qui tient son congrès national à Perpignan. Dans la cité catalane, la mobilisation devrait donc être forte. Comme partout en France, prédit Philippe Martinez. Le Secrétaire général de la CGT, qui était hier auprès des congressistes, est au moins convaincu de cela. « Compte tenu de la mobilisation chez les cheminots et dans la fonction publique -140 manifestations sont prévues dans le pays- dans la mesure où d’autres pourraient se joindre à l’appel, comme les retraités, qui viennent de montrer leur capacité à descendre dans la rue… Oui, on peut s’attendre à une mobilisation très forte ». Le leader cégétiste souligne aussi l’unité syndicale du jour, gage de démonstration de force. « C’est une lutte unitaire, ce qui est nouveau par rapport à la précédente période. A Air France, sur 14 syndicats, 11 se sont réunis, preuve que c’est possible, malgré ce qui avait été dit », affirme-t-il. L’unité, oui, mais jusqu’à quand ? Quand il répond, la célèbre moustache noire frémit : « Je ne lis pas dans le marc de café… » Idem lorsqu’il s’agit de prévoir la réponse du gouvernement. « Ce qui est sûr, c’est que si l’on ne fait rien, il ne pliera pas »

« C’est à la CGT de s’adapter au monde du travail, pas l’inverse »

Car depuis Macron, la donne a changé, avec des réformes en marche, toute ! A la CGT, on parle de « rythme endiablé », on dénonce la méthode - « Le gouvernement a montré son vrai visage : on peut discuter de tout, mais sur ce que j’ai décidé ». Mais on assure avoir trouvé la parade. « On a une CGT qui affiche mieux des propositions alternatives », assure Philippe Martinez, qui illustre par l’exemple de la SNCF. « Le gouvernement a essayé de diviser en portant le débat sur le statut du cheminot. Il a tenté de limiter l’enjeu à ce sujet. Alors, nous avons fait des propositions sur le statut de l’entreprise. Cela a permis de déplacer le débat, et je peux vous dire que cela commence à prendre », affirme le Secrétaire général, qui se souvient d’un récent déplacement à Nice, « pas vraiment l’endroit idéal pour nous » : « A la gare, on a rencontré des gens plus préoccupés par l’avenir de la ligne qu’ils utilisent tous les jours, leur ligne ». A la CGT, on estime aussi que l’option de « grève perlée », choisie par l’intersyndicale, permettra de limiter la grogne des usagers. « C’est à la CGT de s’adapter au monde du travail, pas l’inverse. C’est un vrai défi », assure finalement Philippe Martinez, qui confesse par exemple une organisation « un peu datée ». « Maintenant, on part des préoccupations des salariés, au plus près d’eux et de la réalité des entreprises, assure le patron de la CGT. Mais ils ont beaucoup de points communs, partagent la même réalité du travail malgré des professions différentes, et peuvent se retrouver sur des thèmes comme le pouvoir d’achat, l’emploi ». On ne se refait pas : à la CGT, on croit toujours au vieux rêve de la « convergence des luttes ».

Myriam Galy (L’Indépendant, le 22 mars 2018)

(*) 80.000 affiliés dans le pays.

Les cadres souffrent de plus en plus

Les cadres souffrent de plus en plus au travail, selon le baromètre Sécafi/Ugict-CGT réalisé par Viavoice à l’occasion du congrès national. « Tous les clignotants sont au rouge et on note une dégradation par rapport au précédent baromètre », s’alarme Marie-José Kotlicki, Secrétaire générale de l’Ugict. Classique réceptacle de frustration : les bulletins de paie, et un « mécontentement salarial (qui) monte ». 59 % des cadres estiment que leur rémunération est en décalage avec leur temps de travail (+ 11 points depuis 2015 !), 53 % avec leur implication. Il s’agit de la feuille de papier qui cache une forêt de mal-être : les sondés font part en effet « d’un temps et d’une charge de travail qui explosent » (62 % considèrent que leur masse de travail a augmenté), et se plaignent d’un management qui malgré tout « nie leur rôle ».

« Management à la Wall Street »

62% estiment ainsi qu’ils ne sont pas « associés aux choix stratégiques », et ils sont très sévères au sujet de l’évaluation professionnelle - la leur, mais aussi celle qu’ils mettent en œuvre avec les entretiens individuels dont ils ont la charge : 68 % considèrent qu’elle est fondée sur de mauvais critères. « La charge de travail s’alourdit chaque année davantage », résume Marie-José Kotlicki, pour qui « l’utilisation intensive des outils numérique » aggrave le phénomène malgré le « droit à la déconnexion » inscrit dans la loi : « Rien n’est fait dans les entreprises ». Pour l’Ugict, c’est un « management à la Wall Street » qui s’installe, avec un impact sur « la santé au travail avec l’explosion des phénomènes de burn out ». Au congrès de Perpignan, un intervenant est venu résumer son malaise, avec une image bien plus parlante que les chiffres : « C’est comme si on demandait de remonter un escalator qui descend...».

L’Indépendant, le 22 mars 2018

Les fonctionnaires aussi

La fonction publique à l’abri ? Tout faux : dans le baromètre, les cadres du public se montrent plus mécontents que leurs homologues du privé, avec des écarts qui atteignent parfois 20 points. « Les salaires sont gelés depuis 10 ans. Le salaire d’un bac + 5 en catégorie A est une pure honte. Ils prennent un an plus tard la retraite, parce que leurs pensions sont si maigres qu’ils doivent faire du rab’», s’insurgent les cégétistes, qui évoquent des cadres de plus en plus soumis à la politique du chiffre, « alors qu’ils sont d’abord motivés par l’intérêt général ».

L’Indépendant, le 22 mars 2018

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