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Un rassemblement de près de 500.000 personnes selon les syndicats

Fonction publique, cheminots : premier coup de semonce.

Près de 200.000 personnes ont protesté hier dans des manifestations, émaillées de heurts à Paris, pour défendre le service public, le statut des fonctionnaires et des cheminots qui se sont fortement mobilisés, face à un gouvernement déterminé.

Quelque 198.000 personnes ont manifesté dans toute la France selon des chiffres fournis par la police, dont 49.000 à Paris (32.500 pour les fonctionnaires, 16.500 pour les cheminots).

La SNCF en pointe

Les cheminots ont donné le ton à grand renfort de fumigènes, tambours, sifflets et musique rock. « Ces manifestations convergentes, c’est l’expression d’un besoin de service public de qualité dans tout le territoire », a déclaré Philippe Martinez, le patron de la CGT qui a fait un passage dans les deux manifestations. Des jeunes, parfois cagoulés, se sont livrés à des dégradations et ont lancé des projectiles sur les policiers, qui ont répliqué en usant d’un canon à eau et de gaz lacrymogènes, dans le cortège parisien.

À Nantes également, des échauffourées ont eu lieu entre jeunes et policiers et à Bordeaux la préfecture a signalé quelques dégradations.

À l’appel de leur intersyndicale, les cheminots protestent contre la volonté du gouvernement de réformer la SNCF par ordonnances, en transformant l’entreprise en société anonyme et en abandonnant le statut de cheminots à l’embauche.

Ils se sont mis en grève davantage qu’attendu à l’appel de l’Unsa et SUD, avec un taux de 35,4% de grévistes selon la direction (à la prise de service).

« Des bombes à fragmentation »

Côté fonctionnaires, les responsables des sept organisations syndicales ayant appelé à la grève ont pris la tête du cortège parisien derrière une banderole unitaire : « pour la fonction publique, les salaires, l’emploi et le statut ».

Le gouvernement « pose des bombes à fragmentation qui sont en train de détruire peu à peu les fondements mêmes de notre modèle social et républicain », a relevé dans la manifestation Pascal Pavageau, qui s’apprête à succéder à Jean-Claude Mailly à la tête de FO.

« Aujourd’hui est un jour qui fera date », a affirmé Jean-Marc Canon, Secrétaire général de la CGT Fonction publique, premier syndicat.

Lors de la précédente mobilisation le 10 octobre, ils étaient 45.000 à Paris et 400.000 en France selon la CGT à défiler contre la suppression annoncée de 120.000 postes, le rétablissement du jour de carence et le gel des salaires. Depuis, l’exécutif a annoncé envisager un recours accru aux contractuels (agents non statutaires) et des plans de départs volontaires, ce qui fait craindre aux syndicats une fonction publique « morcelée » et « externalisée ».

Près de 10.000 personnes ont notamment manifesté à Marseille, Nantes, ou Lyon, 11.000 à Toulouse mais également 3.800 au Mans, 2.200 à Amiens, 4.000 à Clermont-Ferrand ou 4.500 à Perpignan, selon les chiffres de la police. Partout, les fonctionnaires dont des personnels de la santé, étaient rejoints par des cheminots mais aussi des retraités et des jeunes, voire des avocats, opposés aux réformes qui les touchent.

L’Indépendant, le 23 mars 2018

L’édito. Avertissement

Il ne suffit pas d’avoir des partis d’opposition encore sonnés ou des syndicats tout aussi en déconfiture pour être tout à fait tranquille. La journée d’hier, marquée par des grèves et des manifestations de la fonction publique, est de nature à inquiéter Emmanuel Macron. Tout d’abord parce que la mobilisation est venue de la base, signe d’un mécontentement, et même d’un mal vivre, réel et partagé au delà des fonctionnaires. Leurs inquiétudes trouvent un écho dans l’opinion. L’image de « Président des villes » commence en effet à coller aux chaussures du pensionnaire de l’Élysée. Le temps record passé au salon de l’Agriculture ou les récentes visites en zones rurales expriment une volonté de réagir à une inquiétude. Enfin, et peut- être surtout dans l’immédiat, cette journée va donner des ailes aux cheminots. Désignés dans un rôle de privilégiés accrochés à leur statut, ils se verraient bien en porte-drapeau d’un mécontentement plus profond. Ils auront en tout cas interprété le message de cette façon. Quant à l’exécutif, il devra prendre cette journée comme un avertissement.

Pierre Mathis (L’Indépendant, le 23 mars 2018)

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