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Par dizaines de milliers dans les rues pour s’opposer à Macron

Dans tout l’hexagone en matinée et dans l’après-midi à Paris, les manifestations de fonctionnaires et pour défendre la SNCF aux côtés des cheminots ont rassemblé largement.

Les manifestations parisiennes n’ont pas encore commencé hier que, déjà, partout en France, des dizaines de milliers de personnes ont défié le gouvernement dans la rue. Une foule dense remonte la Canebière à Marseille, 10.000 manifestants sont recensés par la police à Nantes ou à Lyon, 5.000 à Grenoble mais aussi de rassemblements dans les plus petites villes à Reims, Auch, Saint-Nazaire, Perpignan, Foix ou Rouen.

Environ 180 manifestations étaient annoncées en France par les sept syndicats de la fonction pu- blique (CGT, FO, FSU, CFTC, Solidaires, FA-FP et CFE-CGC) pour réclamer, entre autres, une hausse du pouvoir d’achat. « Il ne peut y avoir de République sans colonne vertébrale, et la colonne vertébrale c’est le service public » martèle le leader de FO, Jean-Claude Mailly, en déplacement à Marseille où il n’a pas manifesté. « Il faut faire évoluer le service public mais pas pour le réduire, pour l’améliorer » renchérit Philippe Martinez de la CGT qui a manifesté à Paris.

Dans les écoles, un enseignant sur quatre devait être en grève en moyenne, d’après le SNUipp-FSU, premier syndicat du premier degré. Une poignée de lycées étaient aus- si bloqués, dont une dizaine à Paris, ainsi que l’entrée de Sciences-po Lille. Sans oublier le secteur hospitalier venu nombreux ou des agents des crèches, des examinateurs du permis de conduire, des bibliothécaires… ou encore les contrôleurs aériens dont la grève a entraîné l’annulation de 30% des vols à Roissy, Orly et Beauvais ou encore Montpellier, Nice et Marseille, à la veille d’une grève à Air France pour les salaires. Au total, les manifestants étaient 40 000 à Paris et 400.000 sur tout le territoire selon les syndicats.

Aux côtés des fonctionnaires des retraités et des jeunes, étudiants ou lycéens voire des avocats, protestant ensemble contre les réformes du gouvernement qui les touchent. Et enfin, les défenseurs de la SNCF.

25.000 pour les cheminots

A 14h30, le cortège parisien des cheminots quitte la gare de l’Est pour rejoindre la place de la République pour rejoindre celui des fonctionnaires. Il rassemble « plus de 25.000 personnes » annonce Cédric Robert, porte-parole de la CGT-Cheminots. CGT, UNSA, Sud, CFDT… Les leaders syndicaux sont regroupés en tête derrière une banderole affichant « passagers et cheminots pour le train public, qualité de service, sécurité, fiabilité ».

« Tous ensemble nous allons gagner, nous pouvons gagner » lance au micro, le poing levé, le Secrétaire général de la CGT-Cheminots (1er syndicat), Laurent Brun. Face à lui, les cheminots donnent le ton à grands renforts de fumigènes, tambours, sifflets et musique rock, sous une forêt de drapeaux syndicaux rouges, verts et oranges.

Parallèlement, les cheminots se sont mis en grève davantage qu’attendu à l’appel de l’Unsa et SUD (2e et 3e syndicats), avec un taux de 35,4% de grévistes selon la direction. Avant même la grève en pointillé lancée le
3 avril pour trois mois, la journée est marquée pas de fortes perturbations, avec 2 TGV sur 5, 1 Transilien sur 3.

Face à cette démonstration de colère, le gouvernement affiche sa « très grande détermination à poursuivre les transformations », selon le porte-parole Benjamin Griveaux. Sur la SNCF, « notre préoccupation est de nous assurer que les fils du dialogue et de la concertation sont toujours là ». Quant aux fonctionnaires, des discussions sont prévues jusqu’à fin octobre, a rappelé le Secrétaire d’État Olivier Dussopt, réitérant sa volonté d’être « à l’écoute » pour préserver un service public « de qualité ».

Angélique Schaller (La Marseillaise, le 23 mars 2018)

La soif d’une société égalitaire

La démonstration de force des agents de la fonction publique, des cheminots, des jeunes, des retraités et des salariés du privé, témoignent du bouillonnement social qui traverse le pays.

Si tous ont battu le pavé en ce 22 mars, c’est bien sûr pour envoyer un avertissement clair au gouvernement mais aussi défendre et promouvoir une autre vision pour le pays. Un pays attaché à la solidarité et à ses services publics qu’ils soient locaux ou nationaux. L’éducation, la santé, les transports, les collectivités locales, pour n’évoquer que ces services et institutions démocratiques, n’en peuvent plus de la cure d’austérité imposée depuis des dizaines d’années. Mais avec la présidence Macron, la démolition prend une autre dimension. Systémique cette fois avec la volonté d’imposer aux forceps les canons du libéralisme aux missions assurant la vie quotidienne. Avec notamment des conséquences dramatiques pour les territoires où l’on constate une aggravation des inégalités.

Les 99% face au 1%

Or si les services publics sont le patrimoine commun de tous,ils le sont singulièrement de celles et ceux qui n’ont pas de fortune personnelle. Les 99% de la population sont floués face au 1% des plus riches qui accaparent richesses et pouvoir et n’ont que faire de l’intérêt général. Et c’est malheureusement les représentants du 1% qui gouvernent aujourd’hui le pays à coups d’ordonnances. A la gouvernance des élites, il convient de répondre démocratie, égalité et solidarité. Des valeurs fragilisées par un exercice du pouvoir coupé des préoccupations et des besoins des citoyens. Les liens qui font société vont mal et il n’est qu’à regarder outre-manche, chez les inventeurs du capitalisme, pour mesurer les ravages des politiques ultra-libérales qui ont détruit les services publics de santé, d’éducation et du rail et où l’espérance de vie diminue. Les Français ne veulent pas de ce modèle. C’est le message de ce 22 mars.

Françoise Verna (La Marseillaise, le 23 mars 2018)

Les dirigeants socialistes sifflés dans le cortège parisien

Les socialistes, et en particulier leur futur premier Secrétaire Olivier Faure, ont été abondamment sifflés lors de la manifestation des cheminots à Paris. « PS/Medef, même combat », « Traîtres », « Vous n’avez pas honte de venir ici ! »,

« La loi travail, c’est vous » : Olivier Faure a essuyé pendant plusieurs minutes sifflets et quolibets en longeant, environné de journalistes, les groupes de manifestants.

Imperturbable, le président du groupe PS à l’Assemblée a continué de répondre aux questions des journalistes. « On paye beaucoup de choses, on paye une incompréhension, on paye le fait que, pour beaucoup, nous sommes une gauche qui serait une gauche molle, une gauche édulcorée, une gauche qui aurait perdu le sens de ses propres valeurs. Et donc ils réapprendront à nous connaître, ils réapprendront à nous respecter aussi, comme nous les respectons », a-t-il expliqué.

Le Député de Seine-et-Marne a affirmé ne pas être surpris de cet accueil. « Nous savons d’où nous venons, nous avons fait 6% à l’élection présidentielle, donc personne ne peut imaginer un accueil avec un tapis rouge. Mais nous ne sommes pas venus chercher un tapis rouge, nous sommes venus dire au gouvernement que nous sommes, en dépit de l’accueil qui nous est accordé (…) prêts à manifester, parce que nous contestons sa façon de voir les choses sur le service public », a-t-il poursuivi.

Parmi les socialistes présents figuraient le président du groupe socialiste au Sénat Patrick Kanner, le coordinateur du PS Rachid Temal, les anciens candidats au poste de premier Secrétaire Luc Carvounas et Emmanuel Maurel et l’ancien Député Jean-Marc Germain.

La Marseillaise, le 23 mars 2018

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