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Puigdemont arrêté en Allemagne. La colère monte en Catalogne

L’ex-Président de la Generalitat a été placé en détention provisoire.

Le mandat d’arrêt européen lancé vendredi par le Tribunal Suprême espagnol a pris de vitesse l’ex président de la Generalitat Carles Puigdemont.

La Renault espace, dans la- quelle il circulait aux côtés de quatre autres personnes, a été interceptée par la police allemande à 11h20 sur l’autoroute A7 à 30 km en aval de la frontière entre les localités de Schuby et Jagel.

Puigdemont cherchait à rentrer vite dans sa maison de Waterloo en Belgique, auprès des autres exilés catalans. Il avait renoncé à prendre l’avion à l’aéroport d’Helsinki, -où il avait été convié à participer à plusieurs rencontres- , jugeant sans doute que le trajet en voiture était plus sûr. Or, il était suivi par une dizaine d’agents des services secrets espagnols du CNI (Centro nacional de inteligencia).

Une fois la frontière franchie, ces derniers ont prévenu l’Office fédéral de police crimi- nelle (BKA). Hier à midi, le CNI se félicitait de « l’excellente collaboration » rencontrée auprès des autorités allemandes.

En milieu d’après-midi, Puigdemont était conduit à la prison de Neumünster, au nord de Hambourg. Il sera entendu aujourd’hui par la Cour régionale du Schlewig-Holstein, qui ne peut rien décider sans l’accord du ministère des affaires étrangères. Paul Bekaert, son avocat en Belgique -que Puigdemont a prévenu en premier- a expliqué à TV3 que le juge doit décider sous 48 heures s’il le laisse en liberté provisoire ou non. Baeker a été chargé de contacter un cabinet d’avocats allemand.

Que risque Puigdemont ?

Selon le professeur en chaire de droit de l’Université de Barcelone, Jordi Nieva, le délit de rébellion passible de 25 à 30 ans de prison en Espagne, pour lequel Carles Puigdemont est poursuivi, entre autres chefs d’inculpations, n’existe pas en tant que tel dans le Code pénal allemand.

Le plus ressemblant est le délit de haute trahison ou de tentative de modification par la force de l’ordre constitutionnel, qui est passible de 1 à 10 ans d’incarcération, voire jusqu’à 25 ans, en cas de soulèvement plus grave impliquant l’usage des armes. Reste à savoir si la solidarité entre États européens, -d’autant qu’Angela Merkel et Mariano Rajoy appartiennent au même Groupe politique conservateur- prendra le pas sur une différence d’appréciation du parquet allemand. Mais la chancelière doit désormais coexister avec deux autres formations. Comme dans le cas de la Belgique, s’il y a extradition, elle ne devrait pas se produire avant 3 mois.

Mandats d’arrêt européen et international

Le juge Pablo Llarena a lancé deux types de mandats transfrontaliers contre six des inculpés de la « cause spéciale » : un mandat international à l’encontre de Marta Rovira, la dirigeante d’ERC récemment réfugiée en Suisse, et un mandat d’arrêt européen à l’encontre des exilés en Union européenne, dont Puigdemont et deux autres de ses ex-Ministres, restés en Belgique, ainsi que de Clara Ponsati, rentrée à Oxford où elle est professeure d’économie.

La Première Ministre d’Écosse, Nicola Sturgeon, a aussitôt réagi et exprimé par tweet « sa ferme opposition » à toute « poursuite et incarcération des dirigeants politiques indépendantistes ». Elle a néanmoins précisé que le gouvernement écossais ne peut pas intervenir directement, tout en assurant que la loi écossaise protège le doit de Clara Ponsati de s’opposer à son extradition.

À la suite de la prise de position de la première Ministre écossaise, l’un des Vice-Présidents du parlement fédéral allemand, Wolfgang Kubicki, s’est déclaré lui aussi, opposé à l’extradition de Puigdemont.

Joana Viusà (L’Indépendant, le 25 mars 2018)

La Catalogne s’embrase. Des milliers de manifestants dans les rues

L’Allemagne a allumé la mèche d’un mouvement de colère partout en Catalogne avec des rassemblements dans de nombreuses villes. Hier soir, à l’heure où nous mettions sous presse, le mouvement prenait de l’ampleur. On comptait une cinquantaine de blessés parmi les manifestants et trois personnes avaient été arrêtées. Des affrontements étaient en cours entre les manifestants et les forces de l’ordre, des Mossos d’Esquadra ou de la Policia Nacional. L’autoroute AP 7 était bloquée en de nombreux points par la présence de manifestants.

A l’appel de l’ANC, d’Omnium, de la CUP et des CDR, des milliers de manifestants ont protesté hier dans les rues de Barcelone. Un cortège de plusieurs milliers de personnes s’est rendu vers le consulat d’Allemagne en signe de protestation face à cette répression. Des incidents ont éclaté entre des manifestants et les forces de la Guardia Civil devant la délégation du gouvernement espagnol à Barcelone.

« Cette Europe est une honte »

Les manifestants se sont ensuite dirigés vers la délégation de la Commission européenne dans la métropole catalane, criant « Cette Europe est une honte ! ».

Brandissant des drapeaux indépendantistes, la foule a lancé des déchets et des poubelles en direction de la police, pendant qu’un cortège plus calme, convoqué par l’Assemblée nationale Catalane, défilait sur le Paseo de Gracia.

« Cela nous indigne qu’ils aient arrêté Puidgemont, c’est notre plus haut représentant, notre Président », s’est écrié Judit Carapena, une étudiante en architecture de 22 ans. « Mais qu’ils ne chantent pas victoire ce n’est pas la fin de l’indépendantisme, loin de là ».

Yolanda Salleras, une kinésithérapeute de 37 ans, a de- mandé quelque chose « de plus radical (...) une grève générale de plusieurs jours pour qu’ils les libèrent tous ».

D’après la radio catalane, des membres des CDR ont coupé des routes, comme ils l’avaient fait lors de deux grèves déclenchées en Catalogne après les violences policières qui ont marqué le référendum du 1er octobre dernier.

L’Indépendant, le 25 mars 2018

A Puigcerda, la frontière bloquée hier soir

Dès l’annonce de l’arrestation de Carles Puigdemont en Allemagne, les Cerdans ont commencé à se rassembler au rond-point de Puigcerda. Les accès vers Barcelone (par le Tunnel du Cadi) et vers la Seu d’Urgell ont rapidement été bloqués par 300 manifestants très remontés contre l’arrestation de « leur Président ». Pour autant, pas de violence mais des slogans réclamant la libération des prisonniers politiques catalans. Les manifestants, entonnant l’Estaca puis Els Segadors ont rejoint le rond-point de la frontière, précédés par les Mossos d’Escuadra. « Nous sommes là pacifiquement, mais nous restons mobilisés ». Les manifestants se sont donnés rendez-vous aujourd’hui lundi à 18h à Bellver de Cerdanya pour une marche en boucle sur la D60 afin de s’élever contre cette situation qu’ils jugent « préoccupante et anti-démocratique ».

Frédérique Berlic (L’Indépendant, le 25 mars 2018)

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Puigdemont arrêté en Allemagne. La colère monte en Catalogne

le 26 March 2018

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