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Des cheminots mobilisés pour faire avancer une autre idée du rail

Depuis lundi soir, les agents de la SNCF sont en grève et entament un bras de fer avec le gouvernement qui veut imposer une réforme ouvrant grand la porte à la concurrence et à la privatisation. Un mouvement qui s’appuie sur une conception exigeante du service public.

Les cheminots qui ont débuté hier soir une grève au long cours sont contre la réforme de la SNCF proposée par le gouvernement estimant qu’elle ne permettra par d’améliorer un réseau et un service ferré abandonnés par l’État depuis plusieurs années afin de lui donner la mesure qui devrait être la sienne, tant pour réduire les fractures territoriales que relever les défis de la transition énergétique ; sachant que le train est un des modes de transport les moins polluants.

Que les options avancées par la ministre des Transports Elisabeth Borne ne sont pas non plus efficaces pour régler la question de la dette. Que l’approche comptable du Premier Ministre Edouard Philippe, qui veut faire baisser les coûts de 30 %, ne saurait être effective. Cependant, ces salariés grévistes et leurs soutiens ne sont pas non plus pour le statut quo comme tend à le faire croire la communication gouvernementale en focalisant sur la question du statut qu’ils veulent préserver.

« Ensemble pour le fer »

La CGT Cheminot a en effet édité un document intitulé « ensemble pour le fer » où elle réalise tout d’abord une analyse critique de la situation actuelle où prédomine effectivement un statut quo, mais un « statut quo libéral ». Le syndicat explique la manière dont l’entreprise s’est cachée une façade « d’opérateur public intégré » pour en fait déployer un « groupe commercial internationalisé », où des millions ont été investis non pour développer le réseau ferré français mais pour développer des filiales routières en interne ou acheter des entreprises étrangères. Mais surtout, la CGT propose des pistes alternatives pour améliorer et développer le service public ferré, « un mode de transport économique », qui permettrait de « relever concrètement les défis environnementaux », d’assurer « une autre conception de l’aménagement du territoire » et présente « un atout pour de nouvelles ambitions industrielles ».

« Ensemble pour le fer », propose également des éléments pour trouver les financements nécessaires au développement de la SNCF comme le fléchage de la Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (ICPE) pour le financement des infrastructures, la création d’un versement transport additionnel pour les Régions ou la renationalisation des autoroutes.

Certains de ces arguments se retrouvent également dans le contre-projet proposé par les communistes qui ont été reçus la semaine dernière par Elisabeth Borne. « Nous avons exposé nos propositions à la Ministre et nous l’avons sentie en difficulté sur la question de la dette. Elle nous a dit que des annonces seraient faites sur ce point, mais pour le moment, il n’y a toujours rien de précis » a commenté Pierre Laurent, Secrétaire national du PCF. Il propose notamment la reprise de la dette de la SNCF par la Caisse des dépôts etdes banques « à taux zéro », puis par la BCE, ou encore « la création d’un livret épargne transports pour que l’épargne populaire aille vers le transport public », « la renationalisation des autoroutes… ». « Nous sentons que la pression qui s’exerce dans le pays, la mobilisation des cheminots, les manifestations de la semaine dernière, commencent à avoir du poids et nous parlementaires, et le Parti communiste, serons très actifs dans les semaines à venir pour continuer à porter en amont des contre-propositions au projet gouvernemental » précise Pierre Laurent. Et pendant le débat parlementaire qui débutera le 9 avril.

La Marseillaise, le 3 avril 2018

La voix des « marcheurs » sent le rance

Face à ce qui s’annonce comme une grève longue et déterminée des cheminots, les mots de la réaction, du conservatisme et du libéralisme les plus éculés et dégoûtants sont exhumés sur les ondes par les tenants du pseudo « nouveau monde » et les affidés d’Emmanuel Macron. Ce sont en général les mêmes.

Lundi, la bouche en coeur -ou plutôt en cul de poule-, l’un des porte-paroles de la République en marche, le très jeune (29 ans) et très ambitieux Gabriel Attal a estimé que « l’important serait peut-être de sortir de la gréviculture ». Le Député des Hauts-de-Seine, qui fut le rapporteur zélé de la réforme de l’accès à l’université -autrement dit de la sélection- a utilisé en conscience ce néologisme forgé par les « penseurs » ultra-libéraux, repris en des temps d’avant la macronie par la droite et l’extrême droite pour fustiger les salariés en grève.

Les luttes éclosent de toutes parts

Pas de quoi défriser pour autant un cheminot qui s’apprête à défendre le service public. Ce genre de « sortie » est plutôt du genre à attiser un peu plus sa colère.

C’est aussi le signe d’une fébrilité certaine de l’exécutif qui mise sur l’impopularité de la grève, annonce qu’il ira jusqu’au bout parce qu’élu pour « réformer » le pays. C’est oublier un peu vite le fragile socle électoral de la majorité actuelle. À force de tout malmener et notamment les salariés du public et du privé, les luttes éclosent de toutes parts. À la SNCF, les termes du combat sont limpides : les quatre syndicats représentatifs rappellent dans leur préavis de grève que le projet du gouvernement « vise à détruire le service public ferroviaire par pur dogmatisme idéologique ». L’emploi du terme « gréviculture » à l’encontre des salariés en est une impeccable démonstration.

Françoise Verna (La Marseillaise, le 3 avril 2018)

Les salariés de l’énergie et de la filière déchets appelés à la grève

La FNME-CGT, première organisation syndicale dans l’énergie, appelle à la grève à partir « du 3 avril jusqu’au 28 juin », soit sur la même période que la grève des cheminots, réclamant notamment « un nouveau service public de l’électricité et du gaz ». « Un préavis est déposé du 1er avril au 30 avril, qui sera reconduit tous les mois », précise la FNME- CGT. L’organisation a déjà pour perspective de participer « à la mobilisation interprofessionnelle prévue le 19 avril », à l’appel de la confédération CGT. Alors que des « mobilisations » ont déjà lieu dans certains secteurs, comme l’hydraulique, « l’idée est de faire converger les luttes dans notre profession mais également en interprofessionnel ». Outre « l’organisation d’un nouveau service public de l’électricité et du gaz qui réponde à l’intérêt général », le syndicat réclame un « bilan de la déréglementation du secteur de l’énergie », « la fin de la libéralisation du marché de l’électricité et du gaz » et « un statut de l’énergéticien pour l’ensemble des salariés qui travaillent » dans ce secteur. La FNME-CGT souhaite aussi « peser » sur la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) pour la période 2019-2023, que le gouvernement est en train d’élaborer et qui doit déterminer la trajectoire énergétique de la France. A cette fin, « des interventions sur l’outil de travail » sont prévues après la journée du 19 avril. Par ailleurs, les fédérations CGT des Transports et des Services publics ont lancé un appel commun à la grève dans l’ensemble de la filière déchets à partir d’aujourd’hui, « du balayeur à la collecte, au centre de tri, à l’incinérateur ». Les syndicats réclament la création d’un « service public national » des déchets avec un « statut unique public » pour les salariés de la filière.

La Marseillaise, le 3 avril 2018

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