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Nouveau parfum de révolte

Singulière séquence que celle qui s’est déroulée depuis le milieu de la semaine dernière, inaugurée par la journée de mobilisation massive des agents publics et des cheminots après celle des retraités, puis l’irruption, sous couvert de la hiérarchie, d’une milice fasciste dans la faculté de droit de Montpellier, poursuivie par les abominables attentats djihadistes de Trèbes et de Carcassonne, la mort héroïque du colonel Beltrame, le deuil national qui s’en est suivi puis l’assassinat de Mireille Knoll, octogénaire rescapée du Vel d’Hiv, avec un fort soupçon d’antisémitisme, et une communion nationale parasitée par le CRIF et le venin de la polémique. Quelle séquence provoquant des montagnes russes émotionnelles, de la lutte sociale à l’effroi, de la colère à l’indignation ! Les événements se succèdent si vite qu’ils semblent laisser peu de temps à la réflexion.

Le pays semble avoir, une fois encore, montré sa capacité de résilience face à l’obscurantisme assassin. Les ressorts d’indignation restent heureusement intacts : nos concitoyens refusent, dans leur grande majorité, de s’habituer à l’horreur en faisant corps, malgré les rodomontades d’une droite extrémisée et de l’extrême droite.

La grande question sociale que le gouvernement cherche à enfouir sous le tapis de bombes des contre-réformes ne s’est pas effacée non plus face au terrorisme fanatique. Ainsi la jeunesse montre-t-elle aujourd’hui son puissant refus de se laisser trier, à travers le système d’orientation post-bac Parcoursup, selon les objectifs fixés par des algorithmes répondant aux besoins d’un système économique en crise, comme elle refusait hier de se laisser tirer au sort. Ce refus, ajouté à la résurgence de groupuscules d’extrême droite, met en ébullition les universités du pays qui se réunissent spontanément en assemblées générales pour rejoindre le mouvement social en cours.

Dans un même mouvement se retrouvent ainsi étudiants et retraités dont certains médias répètent à longueur d’ondes et d’écrans qu’ils nourriraient des vues opposées. Il se peut au contraire qu’ils expriment un même ras-le-bol de la déconsidération dont ils font l’objet, les uns pressurés et percevant des pensions de retraites souvent misérables après une vie de labeur et de cotisations ; les autres appelés à rejoindre les rangs d’un salariat précarisé. De la même manière, les salariés qui bénéficient d’un statut protecteur dans les différentes fonctions publiques qui ploient sous les difficultés, notamment à l’hôpital ou à la SNCF, et ceux qui sont soumis à la loi la plus rude du salariat précarisé, dans la distribution, le travail à la tâche dit « ubérisé », commencent à nourrir un combat commun. L’ampleur du mouvement des salariés de Carrefour indique lui aussi un changement.

S’il faut se méfier des comparaisons historiques trop faciles, cinquante ans après les événements de 1968,  de frappantes similitudes s’expriment dans les sociétés dites « développées ». Car les évènements de 1968 ne venaient pas de nulle part et n’étaient en rien des évènements franco-français. Le monde entier entrait alors en effervescence, secoué par des contradictions entre des structures sociales archaïques, un impérialisme féroce, et des forces productives, pour reprendre les mots de Marx, qui portaient en elles de nouveaux développements. C’est toute la jeunesse du monde capitaliste avancé et une partie importante de son salariat qui réclamait un changement de paradigme. Il se peut que certaines des caractéristiques de notre époque ne soient pas si éloignées…

Comment, dès lors, ne pas observer dans « le clair-obscur » des crises, à la fois la clarté du mouvement de la jeunesse nord-américaine qui se lève contre la violence endémique et les crimes racistes qui frappent son pays, et l’obscurité du trumpisme national-capitaliste ; la clarté des mouvements pour l’égalité et l’obscurité des forces d’extrême-droite et fanatiques qui reprennent du poil de la bête. Notre continent est ainsi traversé par les mêmes puissantes contradictions qui s’aiguisent de mois en mois et de scrutins en scrutins. Et la planète entière est hantée par le désastre écologique qui, à lui seul, rend urgents un nouveau type de développement et une nouvelle manière de produire qui ne soient pas indexés sur la recherche continue du taux de profit. Nul part le statu quo n’est réclamé, encore moins le retour à une situation antérieure. C’est bien l’exigence d’un progrès social, écologique, démocratique qui s’affirme à tâtons.

Dès lors de nouvelles convergences sociales peuvent s’affirmer pour faire chuter de son piédestal bonapartiste le Prince-Président Macron, plus fragile qu’il ne le laisse croire comme le montrait déjà son résultat de premier tour de l’élection présidentielle. Le lien organique et personnalisé qu’il prétend cultiver avec le peuple, à grand renfort de communication, pourrait bien lui revenir comme un boomerang. Etudiants, salariés précaires, agents publics déconsidérés mais à l’avant-garde de la République sociale, retraités et jeunesse des quartiers populaires condamnés à la fatalité sociale, mais aussi petits paysans doutant de plus en plus du sens de leur métier, cadres soumis à des ordres absurdes, chacune, chacun peut adjoindre ses forces dans les semaines qui viennent pour relever, ensemble, un défi qui s’avère être civilisationnel.
 
Patrick le Hyaric (L’HD, le 5 avril 2018)

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