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Pierre Dharréville. « J’espère que les citoyens feront entendre leur volonté pacifiste »

Pierre Dharréville, Député communiste des Bouches-du-Rhône.

« Ce lundi à 17 heures, une séance se tiendra à l’Assemblée nationale. Le gouvernement va y prononcer une déclaration générale qui devrait nous permettre de connaître la position précise et la volonté du gouvernement au travers de celles du Premier Ministre.

Le Groupe communiste va intervenir pour critiquer le fond de cette intervention dont nous devinons les contours. La France a bombardé la Syrie. Comme le Royaume-Uni, elle a emboîté le pas à l’inquiétant Donald Trump.

On peut s’entendre pour s’insurger contre l’emploi d’armes chimiques, et on le doit. Ce sont des actes monstrueux qui ne peuvent pas être banalisés.

C’est pourquoi l’enquête internationale était nécessaire pour établir les faits et, si possible, les responsabilités.

Et ces frappes illégales, déclenchées en totale violation du droit international et hors du cadre de l’ONU, n’apportent aucune solution : elles viennent alimenter l’engrenage de la violence, la montée des tensions, les meurtrissures qui hantent cette région du monde depuis trop longtemps.

La France affiche par ailleurs une indignation sélective, comme en témoigne sa passivité face à l’offensive militaire de la Turquie au Kurdistan de Syrie, ou, dans d’autres contextes, sa complaisance à l’égard de violations du droit international et d’opérations meurtrières au Yémen ou en Palestine.

Manifestement, les jeux d’influence se poursuivent et s’intensifient pour défendre des intérêts cachés, sur cette terre du Proche-Orient où ont surgi des monstres.

Il faut en sortir.

Ces frappes sont indéfendables et j’espère à ce titre que les citoyens et l’opinion publique feront entendre leur volonté pacifiste. »

La Marseillaise, le 16 avril 2018

Faire entendre la voix de la paix

Nul ne sait jusqu’où ira l’escalade après la décision unilatérale des États-Unis, de la Grande Bretagne et de la France de frapper la Syrie. Mais rien de bon ne pourra en sortir.

Le discours des va-t-en guerre qui consiste à affirmer que ces bombardements sont un préalable à de vraies négociations politiques prennent les peuples -et le leurs en particulier- pour des imbéciles.

Comment faire croire en effet que l’usage de la force en dehors de tout cadre légal, peut aboutir à un règlement politique d’une guerre qui, dans cette région du monde, ne date pas de 2011 mais des années 90 avec la première guerre du Golfe, suivie de la deuxième, etc. ?

Les Nations Unies doivent être le seul cadre des discussions et non l’OTAN, bras armé du « gendarme du monde », titre revendiqué par les États-Unis.

Course aux armements

Les peuples doivent reconquérir leurs droits à être consultés et entendus car les citoyens sont les premières victimes des guerres décidées dans leur dos. Les Syriens comme les Irakiens, les Libyens, les Afghans et les peuples sub-sahariens paient de leur chair le bellicisme continu des présidents américains, suivis comme un seul homme par des États européens.

Nulle surprise de voir les conservateurs britanniques être à la remorque de Trump. Mais la France est désormais complètement arrimée à ce funeste équipage. Le temps est loin où un ministre des Affaires étrangères était capable de tenir tête aux mensonges d’un Colin Powels. Cela semble une autre époque. La culture de paix a déserté au profit d’une course aux armements et donc à l’usage de ces armes toujours plus sophistiquées, toujours plus onéreuses : un seul des missiles lancés par la France sur la Syrie coûte dans les deux millions d’euros pièce ! On mesure que lorsqu’il s’agit de jouer au chef de guerre, Emmanuel Macron sait dépenser.

Cette logique mortifère doit être inversée. Les voix de la paix doivent se faire entendre.

Françoise Verna (La Marseillaise, le 16 avril 2018)

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