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Face-à-face tendu entre le Député Grau et les cheminots

L’élu macroniste a pu mesurer la colère et la détermination des grévistes.

Avant l’arrivée du Député, l’ambiance était plutôt conviviale hier matin sur le parking de la gare de Perpignan. Un volontaire cuisine un rougail saucisses dans une grande marmite afin que les cheminots mobilisés puissent déjeuner ensemble. Les autres grévistes discutent et plaisantent en petits groupes. Mais l’atmosphère s’est refroidie d’un coup aux environs de 11 heures. Après l’entrée en scène de l’élu macroniste de la première circonscription des Pyrénées- Orientales, Romain Grau, venu prêcher la bonne parole en terre hostile.

Échanges musclés

Lors de la discussion, les grévistes, qui s’opposent à la réforme ferroviaire engagée par le gouvernement, n’ont rien lâché. Et le Député non plus. L’ouverture à la concurrence prévue par la réforme était notamment au cœur du débat. « Cette ouverture est une donnée qui nous est imposée (par une directive européenne, NDLR) », a plaidé Romain Grau. « La concurrence est favorable à la SNCF aux États-Unis où elle négocie des marchés. On ne peut pas dire que la concurrence, c’est super quand ça nous profite et tout bloquer en France. » La réaction des cheminots ne s’est pas fait attendre. « Les sociétés privées, qui cherchent la rentabilité, ne prendront pas les petites lignes », a prédit l’un d’entre eux. « Ce que veulent les usagers, c’est des trains plus nombreux, à l’heure et plus sécuritaires. Cette réforme, c’est tout le contraire », a résumé le secrétaire des cheminots CGT de Villefranche-de-Conflent, Julien Berthélémy.

« Je ne suis pas un menteur »

Le débat a été riche en échanges virulents. Accusé à plusieurs reprises de « mentir », Romain Grau s’en est défendu avec vigueur.

Les cheminots ont également profité de l’occasion pour rappeler au Député leurs revendications locales. Comme par exemple la défense du centre de maintenance des trains corail de Cerbère, ou encore la mise en place de nouvelles haltes SNCF à l’université, à l’aéroport et au marché international Saint-Charles.

À la fin de la réunion, Romain Grau s’est engagé à revenir voir les cheminots « chaque semaine » et à recevoir leurs délégués syndicaux afin d’examiner leurs diverses propositions. Ce qui n’a pas empêché les grévistes de voter en faveur de la reconduction du mouvement à une écrasante majorité (99 voix pour et une abstention).

Arnaud Andreu (L’indépendant, le 14 avril 2018)

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