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Cécile Dumas. « Pour un droit d’asile défini à l’échelle de l’Europe »

Cécile Dumas, Secrétaire départementale PCF des Hautes-Alpes et membre de l’exécutif national.

A l’initiative d’un « Manifeste pour une France hospitalière et fraternelle » à paraître le 19 avril, la militante fait le point sur la question de l’immigration.

La Marseillaise. Il y a eu beaucoup de mobilisations pour dénoncer la fermeture des frontières. La situation a-t-elle évolué dans les Hautes-Alpes ?

Cécile Dumas. Les passages à la frontière se font un peu moins dans les Alpes- Maritimes et un peu plus dans les Alpes de Haute-Provence. Les migrants prennent plus de risques en traversant les montagnes. Il faut savoir que l’État investit 50.000 euros par jour dans le processus de sécurisation des frontières sur les Alpes-Maritimes. Il comprend les check-points de Sospel et de La Roya où une présence policière est assurée 24 heures sur 24 et qui mobilise police nationale et armée depuis un an et demi sur la surveillance des montagnes. A Vintimille, il y en a encore un qui n’accueille que 150 personnes et 300 migrants vivent sous les ponts en permanence. On est en plein blocage.

La Marseillaise.  Quels principes fondamentaux la loi Immigration remet-elle en cause ?

Cécile Dumas. C’est une machine à fabriquer les clandestins car la plupart de ceux qui sont placés en centre de rétention administrative ne peuvent être ramenés chez eux. Il faut l’accord du pays d’origine pour le faire et peu de pays acceptent. Seuls 20% des personnes en rétention sont renvoyées dans leur pays. Augmenter le temps de rétention c’est priver de libertés individuelles. Cette loi ne répond pas à la problématique de la demande d’asile puisqu’elle ne donne aucuns moyens ni à l’Ofpra ni à l’Ofii pour traiter mieux les demandes. C’est une communication à destination d’un électorat de droite et d’extrême droite. Dans les conventions internationales le droit à la circulation existe. Et il n’y a aucune propension à aucune invasion que ce soit.

La Marseillaise. Des résistances s’organisent. Vous êtes à l’initiative d’un manifeste. Comment est-il né ?

Cécile Dumas. Il est né de la pression militante dans les départements frontaliers et de Calais. Calais a touché du doigt avant nous les conditions dramatiques d’accueil des migrants. Et sous l’impulsion de la députée européenne à la commission de l’immigration Marie-Christine Vergiat qui mène la bataille pour l’information, on s’est réuni au parti et durant 3 mois on a auditionné des universitaires, la fédération des associations de solidarité, des responsables CGT des collectifs sans-papiers, des militants de la LDH et d’Amnesty, on a assisté aux conventions nationales de l’immigration à Grande Sainte.

La Marseillaise. A qui s’adresse-t-il ?

Cécile Dumas. Continuer à pallier les carences de l’État ne suffit plus. L’objectif est de mettre de la politique dans le sujet parce qu’il est politique et utilisé politiquement. Avec pour mot d’ordre : le droit à la circulation pour tous et ne pas différencier les migrations économique, politique, climatique. On ne peut pas ignorer ce qui se passe ailleurs ni fermer les yeux sur nos responsabilités dans les conflits mondiaux. Il y a urgence à remettre l’ONU dans le champ de la politique mondiale. Ce n’est plus le cas, on le voit sur la Syrie. Les états veulent garder la politique des visas pour gérer les frontières, nous demandons que le droit asile soit défini au niveau européen. Ce serait une solution pour créer une non concurrence et éviter les dublinés.

La Marseillaise, le 17 avril 2018

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