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Argelès-sur-Mer. Samedi sur la plage : solidarité aux migrants

Les militants des États généraux des migrations 66 veulent sensibiliser le grand public.

Depuis qu’elle a quitté l’enseignement et est entrée en retraite, Josie Boucher s’est engagée sans compter dans des associations de soutien aux migrants. Le sujet actuellement discuté à l’Assemblée nationale indigne tous ceux qui, comme elle, peuvent être accusés du « délit de solidarité » et de la répression qui l’accompagne. Rencontre avec une militante consternée, porte-parole d’un collectif nommé EGM66 (États généraux des migrations) qui regroupe une quinzaine d’associations locales engagées dans cette cause et qui appelle à un rassemblement symbolique ce samedi à 16 heures sur la plage d’Argelès (monolithe).

L’Indépendant. Pourquoi organiser un tel rassemblement samedi ?

Josie Boucher. Pour protester contre le projet de loi Asile et immigration, mais aussi en mémoire des milliers de migrants qui sont morts noyés en Méditerranée. Ceci du fait des politiques sécuritaires et inhumaines de l’Union européenne dont cette loi est un symbole.

L’Indépendant. D’où le choix symbolique de cette plage argelésienne, où ont « échoué » les Espagnols de la Retirada ?

Josie Boucher. Absolument. Nous voulons montrer notre indignation et notre refus que la Méditerranée soit un cimetière pour les migrants, il y a eu au moins 30.000 morts depuis 2015. Refuser ce texte répressif et dangereux.

L’Indépendant. Quelles sont vos inquiétudes ?

Josie Boucher. Ce projet de loi, s’il est adopté, induit un grave recul des droits des personnes réfugiées et migrantes en France. Ce texte est avant tout répressif : il vise à sanctionner, enfermer, expulser et bannir avec plus de dureté les personnes étrangères. Au quotidien, les organisations et collectifs engagés constatent des effets désastreux de la politique actuelle sur la violation des droits fondamentaux des personnes exilées, ainsi que la criminalisation de l’action des bénévoles.

L’Indépendant. Êtes-vous soutenus par d’autres au-delà des collectifs généralement associatifs ?

Josie Boucher. Les voix associatives et citoyennes ne sont pas les seules à s’élever. À nos côtés se trouvent le défenseur des droits, les agents et juges de  la Cour nationale du droit d’asile, le commissaire aux  droits de l’Homme du conseil de l’Europe, des écrivains, des journalistes, des avocats, des syndicats, des universitaires eux aussi indignés.

L’Indépendant. Quelle est la situation dans notre département ?

Josie Boucher. Il y a actuellement environ 400 demandeurs d’asile, des migrants, des travailleurs sans papiers et des jeunes mineurs qui sont généralement pris en charge à leur arrivée d’Espagne.

L’Indépendant. Pour conclure, un message ?

Josie Boucher. Venez nombreux demain à 16 h, au niveau du monolithe des Espagnols, sur la Promenade. Il y a aura un accès fléché. Nous ferons un « die in », à traduire par « se coucher sur la plage en solidarité aux migrants ». Des témoignages bouleversants, des poèmes seront lus pour accentuer notre opposition à ce projet de loi que nous qualifions de « code de la honte ».

Propos recueilli par V. Parayre (L’Indépendant, le 20 avril 2017)

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