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La législation sur les étrangers durcie à la vitesse de la lumière avec l’appui du FN

Asile et immigration. Le texte de loi devait être voté hier soir. Une procédure et un contenu indécents pour la gauche. Des députés LREM devaient s ’abstenir et un voter contre.

Cela restera comme une faute du gouvernement Macron-Philippe. La France s’apprête à durcir considérablement la législation sur les étrangers, épousant les thèses les plus réactionnaires pour justifier cette nouvelle loi.

Les députés ont débattu tout le week-end du projet de loi pour une « immigration maîtrisée, un droit d’asile effectif et une intégration réussie », présenté et défendu par le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb. Hier soir jusqu’à tard, plusieurs amendements n’avaient pas encore été débattus. Le texte est dénoncé par les associations d’aide aux migrants, comme la Cimade et fustigé par la gauche.

Pour cette association ce texte, « consacre un très net recul des droits et va, s’il est adopté par le parlement, considérablement dégrader la situation d’un très grand nombre de personnes étrangères, par un affaiblissement de garanties et droits fondamentaux, et l’accentuation de la maltraitance institutionnelle. »

Une loi « inhumaine »

Le débat à l’Assemblée nationale a été prolongé sous la pres- sion des groupes d’opposition. Le gouvernement voulait l’escamoter. Samedi, au sixième jour des débats, les députés de gauche sont encore montés au créneau contre le fond et la forme. Danièle Obono (LFI) a estimé que les conditions ne permettaient pas « un débat décent », y voyant « un mépris » par rapport « à ce qui est en jeu » et aux parlementaires, déplorant l’absence d’un vote solennel. Ce que regrettait aussi l’UDI-Agir-Indépendant, Michel Zumkeller : « pour un texte pareil, ne pas prévoir 15 jours de débats, le faire juste avant le départ en vacances, c’est pas concevable et c’est triste ». Stéphane Peu (PCF) a jugé « incompréhensible » le choix sur le vote, notant « qu’aucune loi de cette importance » n’avait été votée dans de telles conditions.

Dès le coup d’envoi des débats, lundi dernier, le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb avait plaidé « l’urgence à réagir », sur fond de « crise migratoire » en Europe, pour limiter « une immigration massive » et « en même temps » garantir le droit d’asile, « sacré ». Des propos que ne renient pas, en partie, la droite et l’extrême droite.

Vent debout contre une loi « inhumaine », la gauche a combattu des « régressions », comme le doublement de la durée maximale de rétention, portée à 90 jours, et dénoncé aussi la possibilité maintenue « d’enfants derrière les barbelés ». La gauche a régulièrement accusé la majorité de faire « le bonheur de la droite et de l’extrême droite » et LR de « jouer à l’idiot utile du macronisme et faire passer une loi extrême pour une loi équilibrée ». L’une des mesures phare -réduction de moitié du délai d’appel à 15 jours après rejet d’une demande d’asile- a été votée par le FN, inhabituellement présent en nombre dans l’hémicycle, Marine Le Pen comprise, un « tournant » historique selon Olivier Faure (PS).

Pour la députée communiste Elsa Faucillon, le gouvernement s’adresse « à un électorat qui inscrit la peur de l’autre comme curseur ». Samedi, tous les groupes de gauche et les radicaux non inscrits ont défendu vainement des amendements pour interdire le placement de mineurs en rétention. « Des enfants derrière les grillages des CRA, moi j’ai du mal à le supporter », a lancé le député MoDem, Erwan Balanant.

Fissures chez LREM

Ce texte a fissuré la majorité. Plusieurs LREM ont confirmé qu’ils s’abstiendraient, malgré « des avancées » dans l’hémicycle comme l’assouplissement du délit de solidarité. Seul Jean-Michel Clément a réaffirmé qu’il voterait contre. Il pourrait devoir quitter le groupe, selon la règle fixée par Richard Ferrand pour qui « abstention, péché véniel, vote contre, péché mortel ». Le pêché n’est pourtant pas du côté du député Jean-Michel Clément.

La Marseillaise, le 23 avril 2018

Des militants d’extrême droite ont bloqué le col de l’Échelle

En plein débat sur la loi asile et immigration, un groupe d’extrême droite, Génération identitaire, a bloqué samedi le col de l’Échelle dans les Hautes-Alpes. Ces individus, qui ont levé le camp hier en début d’après-midi, avaient déployé une banderole en anglais sur laquelle était écrit le message « no way » pour interdire à d’éventuels réfugiés le passage de la « frontière » entre l’Italie et la France.

L’attitude des autorités qui ont réagi mollement a été dénoncée par des députés de gauche. La préfecture des Hautes-Alpes, samedi soir, sur twitter, disait suivre avec « vigilance et attention la poursuite de cette opération en cours » (sic). « Je vous demande de réaffirmer l’autorité de l’État », a lancé la députée socialiste Valérie Rabault au ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, jugeant « inadmissible » le communiqué de la préfecture des Hautes-Alpes. « Une milice d’extrême droite est actuellement en train de faire la police des frontières dans les cols alpins », s’est également insurgé l’élu de la France insoumise, Éric Coquerel.

Collomb condamne a minima

Gérard Collomb a fait le service minimum en déclarant condamner « bien évidemment fermement les gesticulations intervenues au Col de l’Échelle. Seules les forces de l’ordre républicaines ont mandat pour agir sur notre territoire. Ne tombons pas dans le panneau de leur basse opération de communication ». Mais il en a profité pour justifier sa politique : « parce que cette pression (NDLR: migratoire) reste forte, nous avons décidé de renouveler les contrôles aux frontières pour six mois ».

Fondée en 2012, Génération identitaire avait affrété en juillet le navire C-Star pour dissuader les ONG de secourir les migrants en mer. Le mouvement avait déjà sévi avec la construction d’un mur devant un futur centre d’accueil pour demandeurs d’asile à Montpellier en septembre 2016 ou encore, à l’hiver 2013, des maraudes pour venir en aide aux sans-abris, destinées uniquement aux « Français de souche ».

La Marseillaise, le 23 avril 2018

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