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Loi asile. La rétention des mineurs, la gauche monte au créneau

Les volets les plus contestés du projet ont donné lieu à de vifs débats.

Les députés de gauche sont montés au créneau hier contre le placement en rétention des mineurs, y voyant une « solution barbare », le gouvernement assurant que les centres seront réaménagés pour cette situation « évidemment exceptionnelle » et « strictement encadrée ».

Entamant les débats sur un des volets les plus contestés du projet de loi asile-immigration, socialistes, communistes et insoumis ont exhorté à ne pas faire une « balafre de plus à la République », selon la formule d’Éric Coquerel (LFI).

Très critiqué par les associations, l’article 16 vise à porter la durée maximale de rétention de 45 à 90 jours pour les étrangers en attente d’expulsion.

Pour plusieurs élus de gauche, il « normalise » le fait que des enfants pourront être enfermés 90 jours, alors que la France a été condamnée plusieurs fois par la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH).

« Funeste pratique »

En métropole, le nombre d’enfants concernés a crû de 45 mineurs en 2014 à 305 l’an dernier, selon la Cimade.

« Rien ne justifie l’enfermement d’un gosse », « par essence innocent », a lâché Hervé Saulignac (PS), notant qu’un centre de rétention est « un univers carcéral » et appelant à « renoncer à cette funeste pratique ».

« Vous ne pouvez pas dire que vous agissez avec humanité si vous maintenez des enfants » en rétention, a appuyé la présidente des socialistes Valérie Rabault.

Fustigeant un article « inutile » et liberticide, Elsa Faucillon (PCF) a dit ne pas croire « une seconde que M. Collomb va nous proposer un projet de loi qui interdira la rétention aux mineurs ». Un groupe de travail LREM a été annoncé cette semaine sur le sujet.

Gérard Collomb a défendu un article « fondamental », présentant la rétention comme « un ultime moyen » qui « reste nécessaire », et soulignant que d’autres pays européens sont allés au-delà pour la durée, dont l’Allemagne ou les Pays-Bas. « Si on n’a pas cette dernière solution, alors cette loi ne sert strictement à rien », a-t-il martelé. Il a admis des conditions « pas admissibles » dans les centres de rétention administrative (CRA), promettant des aménagements prioritaires pour ceux « où seront placées les familles, si nous en arrivons à cette extrémité ».

Un vote précipité ?

Par ailleurs, les groupes politiques d’opposition ont à nouveau dénoncé hier l’organisation « incompréhensible » des débats, au vu du nombre très important d’amendements restant à examiner pour la sixième journée de discussions.

Éric Ciotti (LR) a fait un rappel au règlement pour déplorer « le choix qu’a fait ce gouvernement d’organiser le débat » dans ces conditions depuis lundi, avec un vote à l’issue « en catimini ». « Pour un texte pareil, ne pas prévoir 15 jours de débats, le faire juste avant le départ en vacances, c’est pas concevable et c’est triste », a abondé l’UDI-Agir-Indépendant Michel Zumkeller.

L’Indépendant, le 22 avril 2018

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