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Les cheminots s’invitent sTous les fenêtres du Medef

Manifestation surprise hier matin devant la maison des professions.

Trois semaines après le début de leur mouvement de grève, les cheminots du département maintiennent la pression. Hier matin, sur les coups de 9 heures, une cinquantaine d’entre eux ont manifesté devant le siège de l’Union pour l’entreprise des Pyrénées-Orientales (UPE66). Les grévistes, qui contestent la réforme ferroviaire engagée par le gouvernement, avaient choisi de miser sur l’effet de surprise. Pour faire entendre leur colère devant la représentation locale du Mouvement des entreprises de France (Medef), ils ont sorti le grand jeu. Fumigènes, pétards et banderoles étaient de la partie. Les manifestants ont aussi profité de l’occasion pour retapisser l’entrée de l’UPE d’affiches militantes.

Fret SNCF : vers la privatisation ?

Le lien entre la réforme ferroviaire et l’UPE ? « La loi (qui prévoit notamment l’ouverture à la concurrence du transport de voyageurs, NDLR) est mise en œuvre par le gouvernement, mais elle est portée par le Medef, par la finance qui veut faire de l’argent sur le ferroviaire », répond le secrétaire des cheminots CGT de Villefranche-de-Conflent, Julien Berthélémy.

En fin de matinée, les grévistes ont mis le cap sur le marché international Saint-Charles, pour se rassembler devant la direction de la plateforme Fret SNCF (transport de marchandises). Principal objectif : dénoncer le projet de transformation de la branche fret de la SNCF en filiale. « C’est la voie ouverte à la privatisation », estime le délégué syndical de la plateforme, Olivier Boden. En ce qui concerne le fret, la situation est d’autant plus tendue que les inquiétudes autour de la suppression du train primeurs, qui relie St-Charles à Rungis, restent vives. « On a de fortes craintes qu’il ne reparte pas en 2019 », confie Olivier Boden.

Le service public, « choix de société »

« La branche fret, c’est le laboratoire de la SNCF », analyse pour sa part le cheminot perpignanais Pierrick Cymbler. « La réforme qu’ils veulent mettre en place avec les voyageurs, c’est ce qu’ils ont fait il y a quelques années en ouvrant le fret à la concurrence. Mais raisonner en terme de rentabilité pour des lignes voyageurs, ce n’est pas possible. On ne peut pas parler de rentabilité pour un service public. C’est un choix de société. Lorsqu’ils partent de Perpignan, les TGV ne sont pas pleins. Ils ne transportent que 30, 40 ou 50 voyageurs. Est-ce que les sociétés privées ne vont pas choisir de faire partir leurs TGV de Montpellier pour aller à Paris ? » À l’issue de cette matinée d’actions mouvementée, les cheminots des Pyrénées-Orientales ont reconduit à l’unanimité la grève pour samedi et dimanche prochains.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 25 avril 2018)

Ce que la grève coûte aux salariés du rail

Faire grève n’est pas un choix anodin. Et pour cause : les jours où ils cessent le travail, les cheminots ne sont pas payés. Julien Berthélémy, de la CGT, estime que ceux qui participent assidûment à la grève perlée de deux jours sur cinq entamée le 3 avril dernier perdent « environ un tiers de leur salaire ». Le manque à gagner peut aller « de 500 à 1.000 euros par mois » selon les salariés. « Jusqu’ici, tout va bien, car on est encore dans le premier mois de grève », poursuit Julien Berthélémy. « Mais on va bientôt être obligé de faire jouer la solidarité. » Selon le syndicaliste, la caisse nationale de solidarité des cheminots afficherait à ce jour un solde d’environ un million d’euros.

L’Indépendant, le 25 avril 2018

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