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1, 3, 14 et 22. Jouez le quarté social gagnant

Les syndicats ont fixé quatre rendez-vous au monde du travail les 1, 3, 14 et 22 mai. Quatre chiffres comme pour un quarté que ces promoteurs souhaitent « gagnant ». Premier acte ce mardi avec le premier 1er mai de la présidence Macron.

La colère sociale monte. Elle se lit à la fois à travers des enquêtes d’opinion et à l’aune de mouvements sociaux qui se multiplient.

Des choix sociaux majoritairement rejetés

Six Français sur dix se disent mécontents de l’action gouvernementale selon un sondage Odoxa publié jeudi 26 avril. Les chiffres, qui varient selon la thématique abordée -politique étrangère, éducation, sécurité- reflètent une insatisfaction quasi-générale. Mais ils accusent carrément une dégringolade lorsqu’il s’agit des questions économiques et sociales. Sur ce terrain-là, ils ne sont que 35% à déclarer y trouver leur compte dans la politique gouvernementale.

On constate que l’équipe Macron n’aura pas à proprement parler bénéficié d’état de grâce, ainsi qu’en témoigne la défiance exprimée dans les sondages alors qu’elle n’a pas encore fêté sa première année d’accession au pouvoir. Et pour cause. Celle-ci s’est employée à s’attaquer immédiatement au monde du travail, à la protection sociale, à tout ce qui relève des garanties collectives et qui fait la singularité du modèle français.

Une cascade de mouvements

Si les enquêtes d’opinion restent à observer avec les précautions d’usage, il est néanmoins un autre indicateur qui permet de mesurer le malaise qui s’est installé en même temps que le nouveau président prenait ses quartiers à l’Élysée.

Depuis la rentrée de septembre, la protestation sociale n’a en effet cessé de gagner en intensité. Parmi les mobilisations qui ont fait date, le 10 octobre a été marqué par un appel syndical unitaire inédit dans la Fonction publique afin de réclamer, entre autres, une revalorisation salariale et les moyens nécessaires à l’accomplissement des missions de service public. Manifestation qui n’est pas restée sans suite. Les agents des trois versants de la Fonction publique étant redescendus à plusieurs reprises dans la rue pour réaffirmer ces revendications et exprimer leur refus de voir remis en cause leur statut.

En janvier, les salariés des Ehpad leur ont emboîté le pas. Là encore, l’exigence de moyens financiers humains a retenti, mettant en lumière l’épuisement de ces blouses blanches et les conditions d’accueil indignes des personnes âgées dans la plupart de ces structures. À Marseille, Christelle, aide-soignante depuis 25 ans, expliquait sur France Bleu Provence que dans son établissement on compte en moyenne trois aides-soignantes pour 40 résidents.

À l’heure où la progression des salaires et la sécurité professionnelle sont inversement proportionnelles aux cadeaux en direction des riches et autres actionnaires, une partie du monde du travail pose la question de la redistribution des richesses et de l’utilisation de l’argent. Comme à Carrefour, où avec un résultat d'exploitation de deux milliards d'euros on supprime 4.500 emplois. À Air France, les 52.000 personnels dont le salaire est gelé depuis 6 ans réclament la moitié des 588 millions d'euros de bénéfice.

Les retraités ont, eux aussi, fait l’amère expérience de la politique macroniste en matière de pouvoir d’achat avec la hausse de la CSG. Du côté de la jeunesse, lycéens et étudiants s’élèvent contre la sélection à l’entrée de l’université et l’avenir incertain qui se profile pour eux.

Sans oublier la lutte emblématique de ce printemps 2018 : celle des cheminots. Non seulement elle ne faiblit pas, mais ceux-ci bénéficient du renfort des électriciens et gaziers CGT.

1er mai, temps fort

C’est dans ce contexte d’ébullition sociale qu’intervient ce premier 1er mai de l’ère Macron. Empreint de régressions sans précédent en termes d’acquis sociaux et de libertés. Comme à l’accoutumée, la fête internationale des travailleurs donnera lieu à de multiples et variés rassemblements pour réclamer justice sociale, solidarité et paix entre les peuples. Temps fort de revendication par excellence, cette journée est en outre l’occasion de prendre le pouls du climat social du moment. Aussi, au regard de l’exaspération croissante, les citoyens qui protestent, parfois de manière éparse, pourraient-ils être rejoints par ceux qui n’ont pas la possibilité d’exercer le droit de grève. Afin de se saisir de ce 1er mai pour adresser un message au gouvernement. Un message qui, quoi qu’il en soit, ne sera pas le dernier de ce mois de mai. Bien au contraire.

Les rendez-vous des 3, 14, 22

Ce 1er mai ouvrira en effet le bal d’un mois qui s’annonce revendicatif. Dès le mercredi 3, les cheminots redescendront dans la rue à Paris et sur l’ensemble du territoire. Une journée d’action qui s’ajoute à la grève perlée débutée en avril, et pour l’heure solidement ancrée parmi les agents de la SNCF. Ceux-ci ont d’ailleurs enregistré une avancée non négligeable en forçant le Premier ministre Édouard Philippe à les recevoir. Ce qui sera fait le 7 mai. Un coup de pression en amont sera donc le bienvenu. Lucides sur l’autoritarisme qui caractérise l’Exécutif, les syndicats évoquent d’ores et déjà une « journée sans cheminots » le 14 mai dans l’hypothèse où le Premier ministre n’accéderait pas à leurs demandes.

Sur le plan politique, plusieurs organisations de gauche (PCF, NPA, Nuit debout) ont répondu à l’invitation de François Ruffin (LFI), pour faire « la fête à Macron » le 5 mai à travers une « grande manifestation nationale » à Paris. Quant aux fonctionnaires, qui se heurtent à l’entêtement du gouvernement, ils se sont à nouveau donné rendez-vous le 22 mai pour une grève nationale. Et, contrairement au 22 mars, l’unité totale sera de mise, la CFDT et l’Unsa s’étant jointes à l’appel.

Agnès Masseï (La Marseillaise, le 28 avril 2018)

Les quatre dates

1er mai - Journée internationale des travailleurs. Manifestations partout en France, à l’appel des organisations syndicales, pour le progrès social, la solidarité et la paix entre les peuples.

3 mai - Grève et manifestations des cheminots. Nouvelle séquence de la grève perlée et, en amont de la rencontre avec le Premier ministre le 7, un appel a été lancé par l’intersyndicale (CGT, Unsa, SUD, CFDT) à des rassemblements à Paris et dans les régions.

14 mai - « Journée sans cheminots ». Une action envisagée par l’intersyndicale au cas où le Premier ministre resterait sourd aux revendications.

22 mai - Les fonctionnaires dans la rue. À l’initiative de tous les syndicats, contre le projet de réforme de la Fonction publique et pour le pouvoir d’achat.

La Marseillaise, le 28 avril 2018

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