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Agence régionale de santé. Le directeur départemental chahuté

Quatre sujets inquiètent fortement les salariés des maisons dd santé et les élus.

Le directeur départemental de l’Agence régionale de santé (ARS), Guillaume Dubois est venu présenter vendredi le plan régionale de santé 2 (PRS) à Hélène Josende, conseillère départementale et Georges Armengol, président de l’intercommunalité Pyrénées Cerdagne en liaison avec le contrat local de santé. Une délégation des salariés des établissements de santé de Cerdagne en a profité pour lui réserver une arrivée quelque peu chahutée. Et au préalable de tout rendez-vous avec les élus de Cerdagne, les délégués du personnel ont exigé une entrevue à laquelle Guillaume Dubois ne s’est pas opposé. Georges Armengol a pris la parole exprimant l’inquiétude de tout un territoire. « Des incertitudes planent, les élus ont envoyé une motion au préfet, l’ensemble des parlementaires, M. Castex…, les communes ont également pris cette délibération et nous nous inquiétons sur trois sujets. » Jean Castex, conseiller départemental a écrit à la directrice générale de l’ARS, s’opposant au nouveau PRS, « allant à contre-emploi au vu de l’évolution de la population dans le territoire », tout comme le sénateur François Calvet. Ont été listés les quatre points qui ont fortement fait réagir les acteurs locaux. En premier lieu : les 15 lits « médecine » menacés au Groupement de coopération sanitaire (GCS) pôle sanitaire de Cerdagne à Err, puis la problématique de la Perle cerdane et la reprise des Tout-petits par l’Alefpa (Association laïque pour l’éducation, la formation, la prévention et l’autonomie) dont l’activité semble forte- ment remise en cause. « Concernant la MAS (Maison d’accueil spécialisée) du Nid cerdan, je peux vous affirmer qu’il n’y a aucune remise en cause des engagements qui ont été pris. La reconstruction de la MAS se fera bien à Saillagouse », a d’emblée rassuré le directeur.

« Mensonge sur mensonge »

La 4e problématique est celle de l’hôpital transfrontalier de Cerdagne « car il y a une certaine discrimination auprès des salariés, cadres y compris les médecins français. Beaucoup de choses n’ont pas été respectées alors que c’était des accords d’État à État », a rappelé Georges Armengol. Un représentant du personnel a également soulevé la remise en cause régulière des prestations d’entreprises françaises à l’hôpital transfrontalier. Devant les nombreux dysfonctionnements listés, le directeur départemental a affirmé : « Il faut qu’il y ait un respect des accords juridiques transfrontaliers. Nous y veillerons lors du prochain bureau exécutif. J’ai bien noté la discrimination dont les Français font l’objet. Il faut maintenir l’équilibre dans la gouvernance entre les deux États et le renforcer. » Concernant les 15 lits « médecine » au GCS pôle sanitaire de Cerdagne à Err, le directeur a argué une mauvaise interprétation des uns et des autres : « Il n’y aura pas de suppression de lits, qui sont maintenus à Err. » Concernant la filière pédiatrique sur le site de l’Alefpa à Osséja, les échanges ont été beaucoup plus directs quand le directeur a assuré que le capacitaire ne serait pas remis en cause (150 lits + 20 places à Perpignan), ce qui a eu le don de faire sortir de leurs gonds les représentants du personnel. « Vous ne pouvez pas dire ça, les services régionaux passent de mensonge en mensonge. Ne dites pas que vos services n’ont pas évoqué de descendre de 150 lits, actés lors de la pose de la première pierre, à 110 lits. L’ARS avait également promis une aide à l’Alefpa, 3 fois 270.000 €, versée qu’une seule fois. Quant aux Tout-petits, racheté par l’Alefpa, reprenant 4/5e des salariés, son système unique au niveau national d’accueil mère-enfant est soudain illégal ! Arrêtez de venir nous gratter des lits. » Le directeur a reconnu que le capacitaire avait été revu à la baisse, « nous allons travailler sur la base de 120 lits avec le directeur régional de l’Alefpa, nous ne remettrons pas en cause l’accueil mère-enfant. » Si le directeur a déminé le terrain et donné des garanties, le personnel ne baissera pas pour autant la garde, habitué qu’il est aux banderilles plantées depuis des décennies dans le secteur santé montagnard.

Frédérique Berlic L’Indépendant, le 2 mai 2018

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