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L’édito du TC par René Granmont. La coagulation

En ce mois de mai, reviennent en tête des plus anciens les images d’un mois de mai qui aura marqué l’histoire sociale et sociétale de notre pays. Il y a cinquante ans se levait un des plus importants mouvements pour l’émancipation humaine qu’ait connus la France au XXe siècle.

Les convergences qui s’étaient construites entre les ouvriers et les étudiants, entre les jeunes et les moins jeunes, avaient façonné l’ampleur et la force de ce mouvement. Et avaient permis d’obtenir d’importantes avancées dans le domaine social, dans celui des libertés et des droits.

Depuis, bourgeoisie, grand patronat, monde de la finance et forces réactionnaires n’ont eu de cesse de reconquérir le terrain perdu. Aujourd’hui, le prince-président Macron, à l’image de Thatcher ou de Reagan, n’a d’autre objectif que de satisfaire totalement ces aspirations rétrogrades. Depuis un an et son arrivée sur le trône présidentiel, il passe ses contre-réformes en force, méprisant le rôle démocratique que jouent les syndicats, les associations, les partis d’opposition. Il impose ses volontés dans l’urgence, de manière délibérée pour ne pas laisser le temps au corps social de prendre la mesure des enjeux et de s’organiser pour riposter. Il utilise de plus en plus la répression pour étouffer les velléités d’opposition, n’hésitant pas à fouler aux pieds une vieille tradition des franchises universitaires qui interdisait l’entrée de la police dans les universités. Et on peut s’interroger sur la manière dont le ministre de l’Intérieur a géré les mouvements ultra-violents lors du défilé du 1er mai à Paris. N’est-ce pas, en laissant quelques centaines d’abrutis casser tout sur leur passage, un moyen d’étouffer l’expression pacifique de la colère populaire ?

Aujourd’hui, Emmanuel Macron se retrouve face à un premier grand test social. Grève des cheminots contre la casse du service public des transports ferroviaires, levée en masse des avocats et des juges contre la destruction du service public de la justice, lutte des étudiants contre la sélection accrue à l’université, mobilisation des fonctionnaires pour pouvoir répondre correctement aux besoins des usagers, ras-le-bol des personnels hospitaliers et des Ehpad, colère des salariés chichement payés quand les milliardaires, avec la bénédiction macronienne, arrondissent comme jamais leur fortune…

La plus grande crainte du président, de sa cour technocratique et des capitalistes, c’est bien que toutes ces colères « se coagulent » et créent un rapport de force suffisamment puissant pour les contraindre à reculer et prouver ainsi qu’une autre politique est possible. Et, dès lors, ouvrir la porte à un autre avenir. C’est là la seule solution.

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