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Comment arrêter Macron. Ils nous livrent leur point de vue

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF. « Construire la marée populaire dont le pays a besoin »

« Je crois que ce qui peut stopper Macron, c’est la révélation de la réalité de sa politique pour les riches faite d’inégalités et d’injustice. Son arrogance et son refus d’entendre les mouvements sociaux interpellent au moment où il annonce depuis l’Australie la suppression de la taxe contre les exilés fiscaux. Sa politique de classe au service des plus fortunés est désormais évidente aux yeux de tous. Il faut continuer à en faire la démonstration quotidiennement pour construire une conscience commune et la volonté d’imposer une autre logique. Ce sont les mobilisations, les colères, les attentes sociales, qui, en s’exprimant ensemble, peuvent stopper Macron. L’heure est à généraliser les actions, les luttes, les résistances pour opposer un autre projet. L’heure est à construire le "tous ensemble" qui permettra au pays de montrer sa force et son unité. Un "tous ensemble" contre la politique du gouvernement et pour la justice sociale, le progrès et l’égalité. C’est à mon sens, le moyen de faire reculer Macron en montrant que la clarté est faite sur ses objectifs politiques. Il est désormais nécessaire de passer à une nouvelle étape. Une date commune est proposée fin mai, j’espère qu’elle sera l’occasion de construire la marée populaire dont le pays a besoin. »

Benoît Hamon, fondateur du mouvement Génération.s. « Il faut harceler ce gouvernement qui harcèle les Français »

« Face à Macron, il faut assumer une forme de harcèlement politique et social. C’est un gouvernement qui harcèle les Français par des réductions de moyens pour l’école publique et les maisons de retraite, des droits en moins pour les salariés du privé, des postes et des missions en moins dans les services publics, des libertés en moins dans l’espace public. Il faudrait une riposte qui soit une riposte sans répit. Il ne faut lui laisser aucun répit, car lui-même ne laisse aucun répit aux Français. La fonction de la gauche, ce n’est pas seulement de mettre du barbelé autour de ce qui reste des services publics, ça suppose également d’avoir un projet politique, qu’on arrive à ce qu’il s’épanouisse dans un paysage ravagé par trente années de culture libérale. Je pense que la gauche a besoin de poser des actes de résistance en commun, sans oublier qu’on a besoin, aujourd’hui, de réinjecter des idées combatives dans le débat public. Il faut aussi résister dans la rue, sur Internet, partout où nous pouvons, pour contrer le démantèlement des services publics, parce que c’est de cela dont on parle, ainsi que les droits des salariés. Autour de moi, j’entends des gens plutôt d’accord avec nos positions, mais qui manquent parfois d’un horizon politique. La force du projet de Macron et des libéraux s’appuie sur l’idée qu’il n’y aurait pas d’alternative. A nous de montrer qu’il existe une alternative démocratique, sociale, écologique, qui se trouve à portée de mains et que rien n’interdit de mettre en œuvre. Plus globalement, je préférerais que dans une démocratie comme la nôtre, le dialogue puisse s’organiser, qu’on ait des moments de pause dans lesquels on réfléchisse à l’intérêt général. Sauf que nous n’avons pas aujourd’hui un gouvernement qui sert l’intérêt général. »

Philippe Poutou, porte-parole du NPA. « Pour une radicalisation de la contestation politique »

« Stopper Macron, c’est aussi une question de rapports de force. C’est l’histoire d’un mouvement social qui est à reconstruire pour pouvoir transformer radicalement la société. Comme en 1936 et en 1968, il faut organiser une radicalisation de la contestation politique. La polémique née de l’attitude des black blocks durant les récentes manifestations, traduit une colère forte qui n’obtient pas les réponses attendues. Il faut donc préparer un affrontement contre Macron et ceux qu’il sert. Aujourd’hui, même les grosses manifestations sont réprimées et globalement, il y a un démantèlement généralisé que ce soit chez les cheminots, dans les hôpitaux, les écoles, dans les universités… Et cette casse se fait avec une violence inouïe. Face à cela, notre camp est beaucoup trop gentil, trop résigné. Pour faire tomber cette saloperie de système, on ne peut pas réagir avec les seules Fête à Macron et autres belles manifs, même si ces leviers sont nécessaires. Prenons l’exemple de mai 68. Ce fut un combat au final pacifique, mais avec des occupations d’usines massives et il y avait une réelle aspiration à prendre le pouvoir. Qu’est-ce que tout cela suppose ? Concrètement, tout reste à définir, mais il faut absolument retirer l’économie des mains des ultra-riches. Pour cela, et compte tenu du paysage politique, il faut travailler à la construction d’une unité politique, syndicale et associative. Le rendez-vous unitaire du 26 mai est en cela une bonne chose, même s’il me semble que les caprices des uns et des autres nous auront fait perdre deux mois. La gauche est éparpillée, tout comme le monde syndical et associatif. Alors posons, tous ensemble, nos agendas pour mettre en place un agenda précis pour arriver, ensemble, à un combat politique porteur. »

Jean-Luc Mélenchon(*), député France insoumise des Bouches-du-Rhône. « Donner à la société les moyens d’exprimer une riposte »

« Le choc avec le métier des cheminots est un fait marquant qui veut dire politiquement quelque chose de grave. Toute la société reçoit l’annonce que nous sommes en train de changer de monde. A la France des services publics, des monopoles sur les grands centres d’intérêts, dorénavant, de propos délibérés et non plus sournois comme c’était le cas sous monsieur Hollande, est affiché un projet de société. Pour nous, il est donc essentiel de donner les moyens à toute la société d’exprimer une riposte car il est nécessaire que la société se mette en mouvement. En tirant tous les enseignements de ce qui s’est passé avec le code du travail où nous nous sommes heurtés à deux difficultés, la première étant la division syndicale, la seconde, le cloisonnement entre le mouvement politique, associatif et syndical. Il n’est pas en notre pouvoir d’intervenir sur la division syndicale mais nous pouvons travailler au décloisonnement. Nous y travaillons en appuyant des initiatives et en mettant en place un cadre commun dans lequel se retrouvent associations, syndicats et partis. Pour que cela fonctionne, il faut que les syndicats y jouent le premier rôle. Nous avons répondu à l’appel de l’UD CGT des Bouches-du-Rhône, lorsqu’elle a convoqué pour la première fois un cadre commun. Au plan national, les deux associations Copernic et Attac ont proposé une réunion à laquelle tout le monde est venu. Cela a permis qu’une date -le 26 mai- et un nom -des marées populaires- soient mis sur la table. Si tout est encore soumis aux délibérations, la mobilisation va avoir lieu. »

Propos recueillis par Mourad Guichard, Léo Purguette, Angélique Schaller et Frédéric Durand (La Marseillaise, le 7 mai 2018)

(*) Pris par des obligations à l’étranger, Jean-Luc Mélenchon, contacté par « la Marseillaise », n’a pu donner suite et s’en excuse auprès de nos lecteurs. Nous reprenons des extraits de sa conférence de presse donnée en fin de semaine dernière.

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