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À la SNCF le compte à rebours est lancé avant l’examen au Sénat

La ministre Elisabeth Borne airme que la suppression du statut des cheminots permettra de faire des économies. Le président de la haute assemblée est prêt à soutenir le texte qui sera examiné le 29 mai.

Elisabeth Borne, la ministre des Transports, a confirmé hier l’intention du gouvernement de mettre fin au statut des cheminots au 1er janvier 2020 en invoquant des arguments économiques qui ne sont pourtant pas démontrés. Pas de quoi inciter les syndicats à re- prendre langue avec elle le 24 ou le 25 mai comme elle le propose.

« Ce sont des économies à venir qui ont été chiffrés à une centaine de millions d’euros par an dans les dix prochaines années », a asséné la ministre sur France-info. La réplique n’a pas tardé : « Sachant que le statut cheminot est dérogatoire au code du travail et donc moins "cher" sur bien des aspects (travail de nuit, week-ends et fêtes, mobilité géographique…), j’attends toujours avec impatience l’étude économique expliquant cela », a réagi sur Twitter Fanny Arav de l’Unsa ferroviaire (2e syndicat de la SNCF), économiste et administratrice salariée de SNCF Réseau.

Le patronat à l’affût

Le Sénat, majoritaire à droite, qui va examiner le texte à partir du 29 mai, monte aussi au créneau par la voix de son président, le LR Gérard Larcher. « Nous sommes prêts d’ores et déjà, avec Gérard Cornu le rapporteur (du projet de loi), pour que le dialogue social, un des éléments qui manque depuis quelque temps, il ait lieu au Sénat en même temps, avec cette volonté de réforme, que nous soutenons, du gouvernement pour la SNCF, et une autre attention, l’aménagement du territoire. » Et Gérard Larcher d’annoncer la couleur : « Sur les grands principes, le Sénat dans sa majorité votera la loi. Pas en l’état, améliorée. »

Le patronat du transport est aussi à l’affût. L’Union des transports publics et ferroviaires (UTP) va « relancer la mécanique » pour négocier la convention collective qui doit régir le secteur ferroviaire à l’arrivée de la concurrence en 2020, a indiqué lundi son président Thierry Mallet qui est également le PDG du groupe de transports publics Transdev.

Le gouvernement lui a demandé lundi « de convier les organisations syndicales pour définir dans les deux semaines un calendrier de négociations et les chapitres prioritaires à négocier avant le 1er janvier 2020 ». Il est encore « trop tôt », selon lui, pour dire quels syndicats répondront présent. La future convention collective est d’autant plus importante qu’elle s’appliquera -doublée le cas échéant d’accords d’entreprises- à la SNCF et à ses concurrents à l’ouverture du marché du transport ferroviaire de voyageurs. « Si effectivement on travaille pendant dix-huit mois, je pense que sur le premier sujet -celui de la classification et des rémunérations sur lequel il faut qu’on arrive à un accord équilibré- on pourra y arriver », a estimé Thierry Mallet.

Mais le patron prévient : « Je suis d’accord pour faire une convention de haut niveau (…), mais il faut que cette nouvelle convention collective laisse de la place à des accords d’entreprise adaptés aux types d’exploitation (et) qui permette d’avoir une organisation du travail qui soit à la fois plus moderne et plus performante. » Là encore, la menace est claire !

Pour sa part, l’intersyndicale maintient plus que jamais la pression. Aujourd’hui, la moitié des TGV, TER et Transilien circuleront lors de la 16e journée de grève selon les prévisions de trafic de la direction. Le trio CGT-Unsa-CFDT a déjà déposé son préavis pour la neuvième séquence de grève, qui débutera samedi à 20 heures et s’achèvera mardi prochain à 7h55.

La Marseillaise, le 9 mai 2018

L’intersyndicale Air-France adresse une lettre ouverte à la diretion

La direction d’Air France va- t-elle tenir compte du résultat du référendum qu’elle a elle même organisé ? Dans une lettre ouverte qu’ils lui ont adressée hier, les 10 syndicats de l’intersyndicale lui demande « de revenir dans les prochains jours à la table des négociations ». Pour l’heure, aucun nouveau préavis de grève n’est déposé mais cette demande a été immédiatement rejetée par la direction. Dans sa lettre, l’intersyndicale souligne que « malgré une campagne de communication interne honteusement anxiogène, 55% des 46.585 d’Air France consultés ont finalement rejeté » la proposition de la direction. Si l’intersyndicale ne lance pas de nouvel appel à la grève, elle prévient que « le conflit est toujours en cours » et souligne que « la balle est maintenant dans le camp de la direction », qui « doit renouer le dialogue avec la conviction que seul un accord avec (les) représentants (syndicaux) pourra mettre fin à ce conflit ». « On laisse une chance à la négociation mais il faut que la direction revienne vite vers nous », a déclaré Karim Taïbi de FO.

Le « départ précipité » du PDG, « conséquence d’un chantage à la démission, n’a jamais été demandé par les organisations syndicales et ne règle en rien la problématique soulevée » : un « rattrapage des années de blocage (des) grilles » salariales, qui « est une nécessité » et qui « n’est pas de nature à mettre en danger le développement » du groupe, ajoute l’intersyndicale dans sa lettre à la direction. Dans un bref communiqué, la direction a rejeté la demande de l’intersyndicale : « La direction d’Air France réaffirme que la période qui s’ouvre ne permet pas d’engager une quelconque négociation », a-t-elle répondu. M. Janaillac doit formaliser sa démission lors d’un conseil d’administration le 15 mai.

La Marseillaise, le 9 mai 2018

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